11 – CONSEILS POUR LA PRIÈRE EN FAMILLE (formation)

UN DES DOCUMENTS-CLÉS DU SITE !
– Pourquoi la prière en famille ?
– Ses caractéristiques
– Son importance
– Un milieu favorable
– Pratique de la prière familiale
– Règles générales pour qu’elle soit réussie
– Chaque famille crée elle-même son propre style
– Les difficultés
– Les bienfaits

Deux livres conseillés sur ce thème :

Vivre l’année liturgique avec les enfants et  Pour que s’épanouisse la foi des tout-petits


La famille chrétienne est le premier lieu de l’éducation à la prière.

Fondée sur le sacrement de Mariage, elle est « l’Église domestique » où les enfants de Dieu apprennent à prier « en Église » et à persévérer dans la prière.
Pour les jeunes enfants en particulier, la prière familiale quotidienne est le premier témoin de la mémoire vivante de l’Église éveillée patiemment par l’Esprit-Saint. (CEC 2685)

Pourquoi la prière « en famille » ?

Je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, Je suis là au milieu d’eux. (Mt 18, 19.20)

C’est en tant que communauté que la famille, communauté familiale, doit honorer Dieu et Lui rendre un culte.

De même que l’union fait la force, ainsi la prière en commun possède une plus grande efficacité sur le cœur de Dieu. Aussi Notre Seigneur a-t-il accordé une bénédiction spéciale à la prière faite en commun et il a proclamé à ses disciples. (Mt 18, 19-20).

Mais quelles âmes se trouveront plus véritablement et plus intimement unies, au nom de Jésus-Christ, pour la prière, que les âmes unies par le sacrement de mariage ?
Sans négliger la prière individuelle, tous les chrétiens doivent accorder dans leur vie une place à la prière en commun qui leur rappelle leur fraternité dans le Christ et leur devoir de sauver leurs âmes, non point à part les uns des autres, mais en collaboration.
(Pie XII aux jeunes époux – 12-02-1941)

Ses caractéristiques

Dans sa lettre Familiaris Consortio (1981) – « les tâches de la famille chrétienne », voici comment Jean-Paul II nous présente la prière en famille :

La prière familiale a ses caractéristiques. Elle est une prière faite en commun : mari et femme ensemble, parents et enfants ensemble.
La communion dans la prière est à la fois un fruit et une exigence de cette communion qui est donnée par les sacrements de baptême et de mariage. Aux membres de la famille chrétienne peuvent s’appliquer de manière spéciale les paroles par lesquelles Jésus promet sa présence (Mt 18, 19.20).
La prière familiale a comme contenu original la vie même de la famille qui, à travers ses divers épisodes, est interprétée comme une vocation venant de Dieu et réalisée comme une réponse filiale à son appel …
La dignité et la responsabilité de la famille chrétienne comme Église domestique ne peuvent être vécues qu’avec l’aide continuelle de Dieu, qui lui sera immanquablement accordée si elle est implorée dans la prière avec confiance et humilité…
(Jean-Paul II. Familiaris consortio § 60)

Son importance

L’exemple concret, autrement dit le témoignage vivant des parents, est un élément fondamental et irremplaçable de l’éducation à la prière : c’est seulement en priant avec leurs enfants que le père et la mère (…) pénètrent profondément le cœur de leurs enfants, en y laissant des traces que les événements de la vie ne réussiront pas à effacer.
(Jean-Paul II. Familiaris consortio § 60)

Écoutons maintenant l’appel que le pape Paul VI a adressé aux parents :

« Mamans, apprenez-vous à vos petits les prières du chrétien ?…
Les habituez-vous, s’ils sont malades, à penser aux souffrances du Christ, à invoquer l’aide de la Sainte Vierge et des Saints ? Récitez-vous avec eux le Rosaire en famille ?
Et vous, pères, savez-vous prier avec vos enfants, avec toute la communauté familiale ? Votre exemple, accompagné de la droiture de votre pensée et de vos actes, appuyé par quelques prières communes, vaut bien une leçon de vie.
C’est un acte de culte particulièrement méritoire. Vous apporterez ainsi la paix entre les murs de votre foyer : « Pax huic domui ». Paix à cette maison. Ne l’oubliez pas, c’est ainsi que vous construisez l’Église. » (Paul VI : discours du II août 1976)

Un milieu favorable

L’éducation à la prière doit se faire dans le climat de la famille et dans le milieu familial.
Quand il s’agit d’une famille chrétienne, la prière n’est plus quelque chose d’artificiel. Elle s’intègre dans un rythme profond de vie : que l’enfant puisse prier au début de sa journée ; au terme de sa journée, et chaque fois qu’une occasion se présente.
Il y a toute une petite liturgie familiale qui me semble très importante et très nécessaire.
Il faut un milieu favorable pour pouvoir prier. (…) et, pour cela, la prière en famille est une chose extrêmement importante.
Pour un petit, c’est très important de voir sa mère (et son père) prier à côté de lui, d’être à genoux ensemble pour prier et s’adresser à la même personne, à Celui qui est notre Sauveur, à Dieu, le Créateur, Celui dont nous dépendons radicalement et qui nous a tout donné, à Celui qui est infiniment bon, pour Lui dire tout ce qu’on a dans son cœur.
(Père M-D. PHILIPPE, op. Au cœur de l’Amour Ed. Le Sarment Fayard 1987)

Pratique de la prière familiale

Une liturgie familiale – Les différents types de prière – L’oraison et les enfants

La foi n’est vivante que si elle est d’abord PRIÈRE. La formation de nos enfants à la prière commence par notre propre prière : c’est seulement en priant avec leurs enfants que le père et la mère… pénètrent profondément le cœur de leurs enfants, vient de nous dire Jean-Paul II (Fam. Cons. 60)

Une « liturgie familiale »

Ce terme – qui nous est proposé par le Père M-D. Philippe dans son livre Au cœur de l’amour – déborde sensiblement le cadre de la seule prière du soir, tous en famille : il inclut tous les « rites » qui vont rythmer la vie familiale et créer des habitudes de prière : prière du matin – bénédicité – chapelet – prière du soir.
Créer des habitudes de prière ne veut pas dire « en être esclave » : il y a parfois des situations exceptionnelles en face desquelles il faut bien garder une certaine souplesse, et s’adapter aux circonstances (voyages, imprévu …) Mais l’avantage des bonnes habitudes est de nous faire retrouver spontanément la régularité dès que la situation normale est revenue.

Les différents types de prière

« Témoignage vivant des parents… » : l’exemple de leur propre prière est décisif pour entraîner leurs enfants dans la prière. Ici, il faut distinguer deux choses :

la prière personnelle, ou vie d’oraison,
et la prière familiale, prière en commun.

Cette prière familiale a lieu le plus souvent le soir, pour finir la journée. La prière du matin est plus difficile à réaliser en commun, du fait des horaires différents des uns et des autres. Chaque famille l’organise au mieux des possibilités (par ex., pendant le trajet en voiture en allant en classe – ou encore, chaque enfant la dit en privé). L’important, c’est qu’elle existe.

L’offrande du matin.
Quelle que soit la pratique familiale pour cette prière du matin, apprenons à nos petits, dès leur réveil, à faire à Dieu l’offrande de leur cœur et de leur journée : prière individuelle, habitude à conserver toute la vie, si riche de fruits spirituels pour notre âme. Les petits n’y ont aucun mal ; mais c’est à nous que revient d’abord de leur donner cette bonne habitude.

L’oraison et les enfants

« Prier dans le secret de son cœur…« . Tous les enfants n’y sont pas nécessairement attirés… Mais certains, oui : rien ne s’oppose alors à ce que nous les y encouragions.
Cela suppose que nous en ayons nous-mêmes d’abord une pratique régulière. Si nous donnons l’exemple, il paraîtra beaucoup plus naturel aux enfants d’en faire autant.
Mais, quoi qu’il en soit, il ne s’agit surtout pas d’en faire quelque chose d’obligatoire, mais seulement de répondre à un désir personnel de l’enfant, de l’encourager, de le soutenir.

Règles générales pour que la prière familiale soit réussie

Un temps de silence pour commencer – Importance du cadre – Durée de la prière
– Éviter les dérangements – Préparer la prière d’avance

Un temps de silence pour commencer

Ce temps de silence est indispensable pour créer une ambiance favorable à la prière.
La prière, c’est être attentif à Dieu. Et pour être attentif à Dieu, il faut se rendre inattentif à tout ce qui n’est pas Dieu.
Comment y parvenir sans un moment de silence pour éliminer tout ce qui nous trotte dans la tête et nous remettre en présence de Dieu ? Avant de commencer la prière, nous avons donc besoin de prendre de la distance avec nos préoccupations habituelles, afin de laisser l’espace libre pour Dieu.
Ce temps de silence, c’est le retour au calme, le S.A.S. de décompression entre l’agitation de la fin de la journée et la mise en présence de Dieu, préliminaire de toute prière.
Cette habitude du silence peut paraître difficile à première vue. Il suffit de le pratiquer un peu pour en goûter les bienfaits.
Et pour former nos enfants à la prière, à la vraie prière qui est échange d’amour avec Dieu, il est nécessaire – et tout à fait possible – d’y habituer les enfants dès que possible. (cf. Sur les genoux des mamans p. 37-48)

Notre propre attitude

Elle est à ce moment déterminante pour obtenir le calme. Si nous-mêmes le possédons intérieurement (au besoin, une rapide prière mentale à l’Esprit Saint nous l’accordera !), il sera plus facile de l’obtenir des enfants. Tout comme l’agitation ou le chahut, le silence peut être contagieux.
Si un enfant se montre agité, récalcitrant, surtout il ne faut pas crier : l’effet est désastreux ! Rien de tel pour créer une atmosphère électrique. Pour obtenir le calme, il suffit de se lever, sans un mot, mais calmement, et le faire sortir. On peut alors commencer la prière.
Ce point du silence est peut-être celui qui pose le plus de problèmes aux parents. Pour y parvenir, il faut déjà s’y exercer pour soi-même, en avoir l’habitude et le goûter au plus profond de notre âme. Il sera d’autant plus facile qu’il sera d’abord un silence intérieur.

L’avenir de la prière familiale dépend pour beaucoup du ton que les parents auront su créer d’emblée autour de la prière. Si celui-ci est trop tendu, nerveux, rigide, les enfants le vivront comme une corvée et seule la menace des sanctions permettra d’aller jusqu’au bout (et encore !). Si c’est le laisser-aller, s’il n’y a pas de vrai silence, si c’est un moment de rigolade, on n’aura pas avancé dans le sens d’une prière commune.
(Père Michel GITTON – La prière en famille p. 19)

Importance du cadre

– un coin-prière favorable au recueillement. (P. GITTON p. 59 ) :

Le choix d’un lieu favorable n’est pas indifférent à la vérité de la prière : ce peut être un « coin de prière »…Dans une famille chrétienne, ce genre de petit oratoire favorise la prière en commun. (CEC 2691)

– De belles gravures qui peuvent varier selon le temps liturgique,
– des bougies, des fleurs…
– les chants,
– les gestes (P. GITTON p. 20) : associer le corps à la prière a beaucoup d’importance, d’autant plus que les enfants sont plus jeunes : l’enfant comprend en bougeant (MONTESSORI) C’est par son corps qu’il pourra acquérir le sens du sacré, du divin, du respect…

Durée de la prière

Elle doit être proportionnée à l’âge des enfants et à leur capacité réelle de soutenir leur attention : plus l’enfant est jeune, plus la prière doit être brève. L’attention ne peut pas se maintenir au-delà d’une certaine limite. Mieux vaut deux minutes d’attention réelle que cinq ou plus, remplies de distractions.
Il sera bon aussi d’ajuster le temps de prière en fonction de l’état de fatigue ou d’énervement des enfants : dans certains cas, il sera fortement recommandé de la raccourcir.

Préparer la prière d’avance

Même si cela peut paraître assez contraignant, – prendre le temps nécessaire n’est pas toujours facile…- cela comporte beaucoup d’avantages. Cela permet notamment de varier la prière suivant les jours et les circonstances, éviter la routine ou l’improvisation…

Éviter les dérangements

Il est important de ne pas être dérangés pendant la prière (téléphone > répondeur) …autant que possible. Prier, c’est consacrer du temps au Seigneur : Il passe avant le reste. Le reste attendra.

Chaque famille crée elle-même son propre style de prière

Prière dirigée par le père de famille – Le fichier de prières –
Participation des aînés – Présence des plus petits

Chaque famille crée elle-même son propre style de prière en fonction, d’abord, de ses propres antécédents familiaux (père, mère), et de sa propre évolution. Mais la prière familiale va aussi évoluer au fil des années en fonction de l’âge des enfants. Quelques constantes pourtant :

Le rôle du père de famille

Il est très souhaitable que ce soit le père de famille qui dirige la prière, autant que possible. Mais son retour tardif, bien souvent, l’empêche d’être présent à l’heure de la prière des petits.
Il peut y avoir aussi d’autres cas qui ne rendent pas la chose possible.
C’est alors la maman qui « pilote » la prière, ou quelquefois un frère aîné ou une grande sœur…

Le fichier de prières

Se faire soi-même un fichier de prières avec nos prières préférées, classées par thèmes, est le meilleur moyen d’enrichir progressivement le patrimoine de la prière familiale.
Nous puiserons pour cela dans le trésor mis à notre disposition par l’Eglise dans les textes liturgiques. Pensons en particulier à la prière des psaumes, d’une grande richesse spirituelle, mais que bien souvent nous ne connaissons pas assez.
Ce recueil de nos prières préférées peut aussi faciliter la vie d’oraison : tel ou tel texte, un jour, parle plus spécialement au cœur.

Participation des aînés

Dès que les enfants savent bien lire, à partir de 8 ou 9 ans, par exemple, on peut leur confier le soin de préparer la prière : choix des textes (fichier) ou des chants, chacun selon son goût.
En l’absence des parents, on peut quelquefois confier à l’aîné le soin de piloter la prière…(sauf si chahut collectif !)

La présence des plus petits

La présence des plus petits à la prière familiale pose quelquefois des problèmes :

Dans le principe, il est bon que toute la famille soit réunie au moment de la prière du soir. (La prière en famille. P. Gitton p. 66 – 73)

Dans la pratique, pour de nombreuses raisons, ce n’est pas toujours réalisable, soit pour des questions d’horaire, de durée de la prière, de son contenu, ou encore parce que le plus jeune se tient mal ou fait le pitre, cherchant à se tailler un petit succès auprès des grands.

Dans certaines familles, la prière familiale du soir comprend, pour les aînés (à partir de 5 ou 6 ans…) un temps d’oraison en silence (4 à 5 mn) avant la partie « prière tous ensemble » où l’on fait entrer les plus jeunes.

Notons cependant que tel ou tel enfant peut préférer faire cette prière personnelle et silencieuse, seul, dans sa chambre.

On peut aussi faire l’inverse : commencer la prière tous ensemble, et laisser partir le ou les plus petits avant les autres, pour prolonger la prière avec les grands seulement. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un temps d’oraison, mais de la prière en commun, plus longue avec les aînés.
Mais si on laisse partir les plus petits, c’est toujours avec la même condition : partir sans bruit, doucement, respecter le silence de la prière, ne pas gêner les autres.
Ceci a pour but de garantir l’éducation du sens du sacré.

Le contenu de la prière en famille

D’abord, se mettre en présence de Dieu – Les constantes – Varier la prière – Adapter la prière en fonction des circonstances de la vie des enfants ce jour-là – Les intentions de prière.

« La prière familiale a comme contenu original la vie même de la famille… » (Jean-Paul II. déjà cité)

D’abord, se mettre en présence de Dieu

La prière est un temps que nous consacrons à Dieu : il nous faut donc, nous rendre entièrement « attentifs à Dieu » : d’où le temps de silence préliminaire. Mais silence n’est pas mutisme : on peut « meubler » ce silence avec l’un ou l’autre verset de la Sainte Ecriture, cela peut nous aider à nous situer devant Dieu, le Très-Haut, le Tout Puissant.

Les constantes

Il faut viser à garder le « minimum vital », les prières de base : Notre Père, Je vous salue ; examen de conscience, acte de contrition.
En plus, si possible, selon l’âge des enfants : Je crois en Dieu. Actes de foi, espérance, charité.
Ou encore, l’équivalent en « raccourci« , la prière des enfants de Fatima : »Mon Dieu, je crois, j’adore…  »

Mais réciter tous les soirs la même chose risque vite de nous entraîner dans la routine.
D’où l’intérêt, et même la nécessité, de varier la prière :

Varier la prière

Intérêt du fichier…(voir plus haut)

Mais nous pouvons aussi puiser, au jour le jour, dans le missel, à la messe du jour, du saint du jour, ou tout autre page qui réponde à l’actualité du moment.

Varier en fonction du temps liturgique : Avent, temps de Noël, Carême, Passion, Pâques, Trinité, Fête-Dieu, Sacré-Cœur, Assomption, Anges, Toussaint, Christ Roi.

Telle maman très inventive prépare avec ses enfants des panneaux liturgiques qui permettent d’approfondir la spiritualité propre au temps en question (Avent, Carême …)

Le chapelet, tellement recommandé par notre pape, Jean-Paul II, nous procure de grandes grâces . (Voir aussi La prière en famille. P. GITTON p. 77)

La récitation des Complies nous permet de nous associer à la grande prière du soir de toute l’Eglise. A ce titre, elle a une grande valeur.

Pensons aussi aux litanies : les enfants, même des petits de 5 ans, aiment beaucoup cette formule de prière. Précisons que l’on n’est pas obligé de dire toutes les invocations : surtout avec des petits, on peut en dire chaque jour entre cinq et dix…

En mai, le mois de Marie, en juin, le mois du Sacré-Cœur.
On connaît bien les litanies de la Sainte Vierge ou du Sacré-Cœur, on pense moins à celle de Saint Joseph (mois de mars), du Saint-Esprit (neuvaine entre l’Ascension et la Pentecôte), ou encore, à la Toussaint, celle de tous les saints.

Le samedi soir : préparer la messe du dimanche, notamment par la lecture de l’Évangile.)

Aux fêtes des Saints : lire, au choix, une oraison, un verset du chant d’entrée (Introït) ou du chant de communion, une épître ou l’évangile.

Adapter la prière en fonction des circonstances de la vie des enfants ce jour-là

– mensonge, dispute, s’aimer les uns les autres… mais aussi :
– accepter une épreuve, une difficulté imprévue – une maladie, un deuil…
– la préparation d’un grand événement : un baptême, la profession de foi de l’un des enfants, un mariage, l’ordination d’un prêtre ami ou membre de la famille…

Intentions de prière

Elles favorisent l’ouverture du cœur à laquelle il est bon d’habituer l’enfant dès sa petite enfance : chaque enfant pourra lui-même en proposer une chaque soir, ou plusieurs fois par semaine…

Les difficultés de la prière en famille

Le plus jeune qui se tient mal – La routine – La fatigue – Retour tardif du père de famille – L’adolescent

Le plus jeune qui se tient mal, ou qui fait le pitre

Il n’y a pas de ‘recette miracle’, de solution toute faite, sauf l’importance essentielle de garder notre calme, nous, les parents, et de rester maîtres de la situation… Plusieurs solutions :
Le fait que le plus jeune ait besoin d’être couché plus tôt que les autres justifie qu’on lui fasse dire sa prière seul, avant, avec sa maman ou sa grande sœur. Avantage principal : une prière adaptée à son âge, en durée et en contenu. Et cela ne durera que quelques mois…

S’il est un peu plus grand, en âge de comprendre, on lui fera sentir que s’il ne veut ou ne peut pas bien se tenir, c’est qu’il n’est pas encore assez grand : par respect pour la présence de Dieu, ce qui est sacré, on l’isole jusqu’à ce qu’il puisse bien se tenir et respecter le recueillement demandé.
Mais cela doit rester un isolement momentané, le temps qu’il s’assagisse, ou qu’il désire revenir avec les autres : on y met alors la condition de sa bonne tenue.

Pour nous, reprenons notre prière, les portes des chambres restant ouvertes : l’enfant saura qu’il peut venir nous rejoindre, à condition de respecter le silence. On peut raisonnablement espérer qu’en grandissant, il s’assagira et pourra retrouver sa place à la prière familiale
Quoi qu’il en soit, il sera bon de le reprendre avec toute la famille, le samedi soir, par exemple, prière qui inclut la préparation du dimanche.

C’est à chaque famille de trouver la formule la mieux adaptée à une situation donnée :

Tel père de famille se plaint de ses 4 petits garçons qui mènent chaque soir un train d’enfer… et rendent la prière impossible.

Pour éviter l’effet de chahut de groupe, le mieux n’est-il pas alors de prendre chaque enfant isolément (ou deux par deux) juste avant de les coucher, pour une prière très simplifiée : dire  » bonsoir à Jésus « .

La routine

La routine est un mal redoutable qui risque fort, à la longue d’éteindre la petite flamme si fragile qu’est notre vie de relation d’amour avec Dieu. La répétition tous les soirs des mêmes formules va inévitablement sombrer dans une triste monotonie !
D’où le bienfait de varier la prière, en fonction de la liturgie, des circonstances familiales, de ce qu’ont vécu les enfants dans la journée, etc.

La fatigue

Les enfants sont énervés, il y a de l’orage dans l’air, les fous rires incontrôlables…
C’est bien là que quelques instants de silence sont indispensables : cela procure une détente chez tout le monde. Mais cela ne sera efficace que si les enfants en ont déjà l’habitude.
Il est par ailleurs fortement recommandé de raccourcir la prière ce soir-là…

Autre solution : exceptionnellement, (retour tardif de voyage, par exemple), les enfants peuvent dire leur prière, couchés dans leur lit, chacun pour soi.

La rentrée tardive du père de famille

A chaque famille de trouver au mieux l’équilibre entre ses différentes contraintes matérielles.
Bien évidemment, on ne peut faire attendre les petits trop tard pour les coucher, ils diront donc la prière seuls avec leur maman.
Mais la prière du samedi et du dimanche soir n’en prendront que plus de relief et de solennité : Papa est là, et c’est lui qui dirige la prière.

L’adolescent

On sent une hostilité plus ou moins sourde ou avouée à la prière familiale qu’il ressent maintenant comme une « contrainte » .Le problème est alors beaucoup plus délicat. Pas de règle générale, de solution toute faite, elle est à trouver « sur mesure » : tenir compte du cas particulier que nous avons face de nous.

La solution est toujours à trouver dans la prière… bien souvent par tâtonnements successifs, et jamais définitive.

Une solution positive consiste à lui proposer de préparer lui-même la prière. Pour cela, il est souhaitable de commencer assez tôt : que l’habitude de la prière soit prise avant la crise d’adolescence.

Lâcher sur le moins important… : assistance à la prière familiale (certains affichent un refus obstiné de la prière familiale mais, en fait, prient seuls dans leur chambre…).

Ne pas lâcher sur l’essentiel : assistance à la messe du dimanche.

Les bienfaits de la prière en famille

La prière familiale suscite les vocations

Je ne serai pas ici aujourd’hui, je ne serai pas vraiment un prêtre de Jésus si, à l’âge de 13 ans, Jésus n’était pas venu m’appeler. Et comment ? Précisément au moment où on priait ensemble en famille, le soir. (Daniel-Ange)

Une force, une impulsion … pour faire face à nos responsabilités

La prière ne représente pas du tout une évasion des tâches quotidiennes, mais elle constitue l’impulsion qui porte fortement la famille chrétienne à assumer ses responsabilités de cellule première et fondamentale de la société humaine, et à s’en acquitter pleinement. (Jean-Paul II. Familiaris consortio § 62)

La dignité et la responsabilité de la famille chrétienne comme Église domestique ne peuvent être vécues qu’avec l’aide continuelle de Dieu, qui lui sera immanquablement accordée si elle est implorée dans la prière avec confiance et humilité. (Jean-Paul II. Familiaris consortio § 59)

Restez fidèles à la tradition de la prière dans le foyer domestique.
Bénie de Dieu, cette prière fortifie la foi, augmente la crainte de Dieu et la confiance en la Providence, elle accroît le respect mutuel et l’amour, et remplit l’âme de courage au temps de l’épreuve. (Pie XII aux catholiques allemands 16-08-1950)

Unité de la famille dans l’amour et dans la vérité

La prière renforce la solidité et la cohésion spirituelle de la famille, contribuant à la faire participer à la Force de Dieu.
Dans la « bénédiction nuptiale » solennelle au cours de la cérémonie de mariage, le célébrant invoque ainsi le Seigneur pour les nouveaux époux : « Fais descendre sur eux la grâce de l’Esprit-Saint afin que, par ton amour répandu dans leurs cœurs, ils restent fidèles à l’alliance conjugale ».
C’est de cette effusion de l’Esprit que naît la force intérieure des familles, comme aussi la puissance capable de les unifier dans l’amour et dans la vérité.
(Jean-Paul II. Lettre aux Familles § 4)

Le rayonnement missionnaire

La participation effective à la vie et à la mission de l’Église dans le monde est proportionnelle à la fidélité et à l’intensité de la prière par laquelle la famille chrétienne s’unit à la Vigne féconde qu’est le Christ Seigneur. (Jean-Paul II. Familiaris consortio 62)

L’expérience montre l’importance du rôle d’une famille vivant selon les normes morales, pour que l’homme qui naît en elle et qui s’y forme prenne sans hésitation la route du bien qui est d’ailleurs toujours inscrite dans son cœur.
Face à tant d’organisations soutenues par des moyens très puissants dont le but semble bien être la désagrégation des familles … on voit combien est indispensable le témoignage de toutes les familles qui vivent chaque jour de leur vocation ; combien est urgente une grande prière des familles, qui s’intensifie et s’étende au monde entier…
(Jean-Paul II. Lettre aux familles § 5)