73 – Ô MON DIEU, TRINITÉ QUE J’ADORE (textes de prières)

Prière ardente de la bienheureuse Élisabeth de la Trinité, carmélite à Dijon. 1880-1906
Prière composée le 21 novembre 1904

À prier et à méditer phrase après phrase


Prière de la bienheureuse Élisabeth de la Trinité  à la Sainte Trinité

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore,
aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l’éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable,
mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère.

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.
Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, tout entière,
tout éveillée en ma foi, toute livrée à votre Action créatrice.

Ô mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre cœur,
Je voudrais Vous couvrir de gloire, je voudrais Vous aimer … jusqu’à en mourir !
Mais je sens mon impuissance et je Vous demande de me revêtir de Vous-même,
d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre Âme, de me submerger,
de m’envahir, de Vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre vie.
Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de Vous ;
puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances,
je veux Vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière.
Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ô Feu consumant, Esprit d’Amour, survenez en moi
afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe ;
que je Lui sois une humanité de surcroît, en laquelle Il renouvelle tout son Mystère.
Et Vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature,
ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel Vous avez mis toutes vos complaisances.

Ô mes Trois, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds,
je me livre à Vous comme une proie :
ensevelissez-Vous en moi pour que je m’ensevelisse en Vous,
en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

(Bienheureuse Élisabeth de la Trinité, carmélite de Dijon. 1880-1906 – Prière composée le 21 novembre 1904)