PAR/05 – PARABOLE DU SERVITEUR IMPITOYABLE (dessin et commentaire)

Lecture de l’Évangile : Matthieu 18, 21-35

 

Que voyons-nous sur le dessin ?

En haut du tableau, un homme est prosterné de tout son long devant le roi : ayant envers lui une dette très lourde, il le supplie de ne pas le condamner, mais de patienter jusqu’à ce qu’il ait tout remboursé. Derrière lui, sa femme, entourée de plusieurs enfants, a le même geste de supplication.
Le roi, assis à droite, se laisse émouvoir et lève sa main en signe de pardon : généreux, il lui remet même toute sa dette, qui était considérable.

En bas du tableau, deux scènes :

(à gauche) le même serviteur rencontre un de ses compagnons qui lui doit une somme minime, (infiniment moins que ce que lui-même doit au roi) : pour l’obliger à rembourser sa dette tout de suite, il le serre à la gorge et le fait mettre en prison : on le voit derrière les grilles (petite image du milieu).

(à droite) Ce geste méchant se retourne contre lui : mis au courant par les autres serviteurs, le roi, le fait alors saisir par les soldats et mettre en prison à son tour.

Explication de la parabole

Le roi, c’est Dieu. Il veut, dit l’Évangile, « régler ses comptes avec ses serviteurs ».

La somme due par le premier serviteur envers le roi est considérable : c’est la dette accumulée par tous nos péchés. Mais Dieu est toujours prêt à pardonner si on revient vers Lui pour demander pardon.

En comparaison, la dette des autres envers nous est bien peu de chose mais, aveuglés sur nous-mêmes, nous nous donnons beaucoup d’importance (orgueil !) et nous refusons souvent de pardonner !

A la fin de notre vie, chacun de nous devra en effet rendre compte à Dieu de tout ce qu’il a fait. Bien conscients que tout dans notre vie n’a pas toujours été parfait, nous devrons alors implorer l’indulgence de Dieu et son pardon : sa miséricorde.
Mais pour obtenir cette miséricorde, encore faut-il avoir nous-mêmes pratiqué l’indulgence et le pardon avec tous ceux que nous avons rencontrés.

« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés… »

Ce n’est pas facile de pardonner, nous avons toujours beaucoup de mal. Cela vient de notre nature humaine blessée par le péché, et de notre orgueil.

Pourtant, le pardon est une exigence absolue de notre foi chrétienne, une condition indispensable pour entrer dans le royaume de Dieu. C’est le sens de la réponse de Jésus à la question de saint Pierre : « Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ?… »

Leçons de cette parabole

L’histoire du serviteur sans pitié pour les autres doit nous faire réfléchir sur ce point : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur« .

Pardonner à son frère, et même… : « de tout son cœur »…

Dans le pardon, il y a deux attitudes :

1/ si on a offensé quelqu’un, lui demander pardon
2/ si, au contraire, on a été offensé par un autre, lui pardonner

1/ Avant de pouvoir demander pardon, il faut déjà reconnaître son tort. Cela coûte toujours à notre orgueil ! Cela demande donc une grande humilité.

2/ Pardonner ne nous est pas naturel, et c’est bien souvent difficile : nous ne pouvons pas y arriver sans la grâce que seul Jésus peut nous donner. Si la Lui demandons sincèrement dans notre prière, Dieu nous l’accordera.

Attention : pardonner ne signifie pas oublier.

On ne peut pas toujours oublier, mais il faut apprendre à dépasser l’offense ou la blessure ressentie, et à nouveau faire confiance à celui qui nous a blessé, et retrouver avec lui une relation fraternelle.

Alors, oui, nous pourrons compter sur la Miséricorde de Dieu quand nous paraîtrons devant Lui.