81 – LES MARTYRS, SOUTENUS PAR LE DON DE LA FORCE (histoire à raconter)

Des premiers martyrs… aux plus contemporains : des exemples à connaître et a admirer (surtout choisis parmi les enfants).


Tout au long de l’histoire, bien des chrétiens sont morts pour l’amour de Jésus.
Ils n’ont pas eu peur de mourir pour affirmer qu’Il est le Fils de Dieu et notre Sauveur.
On les appelle des MARTYRS, mot qui signifie « témoin ».

Saint Étienne

Le premier martyr a été saint Etienne. (Actes des apôtres 7, 54-59) Il n’était pas apôtre, il était diacre : il aidait les apôtres à s’occuper des autres chrétiens.

Son cœur était si plein de l’amour de Jésus qu’il faisait beaucoup de miracles. Lorsque ceux des Juifs qui avaient tué Jésus ont commencé à mettre les chrétiens en prison, un jour, ils ont arrêté Etienne et voulaient l’empêcher de parler de Jésus. Ils ont cherché à discuter avec lui.

Mais Etienne parlait avec une telle sagesse (le Saint Esprit l’aidait à parler pour témoigner de Jésus) qu’ils ne pouvaient rien dire contre lui. Ils frémissaient de rage dans leurs cœurs, et grinçaient des dents contre lui.

Mais lui, tout rempli de l’Esprit Saint, en levant les yeux au ciel, a vu la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il leur dit :

« Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ».

Alors, poussant de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et se précipitèrent tous ensemble sur lui.
Furieux, ils l’ont emmené en dehors de la ville pour le lapider, c’est-à-dire le tuer en lui jetant des pierres.

Pendant qu’on lui jetait ces pierres, Etienne priait et disait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ». Et, s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » (ce qui veut dire : « Seigneur, pardonne-leur ce péché« ).

C’était la même prière que celle de Jésus sur la croix.

Puis il s’est endormi dans le Seigneur. C’est le premier martyr.

Si saint Etienne avait dit : « Je n’aime plus Jésus« , les méchants l’auraient laissé tranquille. Mais il a préféré se laisser tuer plutôt que de faire ce péché, de dire : « Je n’aime plus Jésus« .

Parmi les premiers chrétiens, beaucoup sont morts martyrs

Beaucoup de chrétiens, ensuite, ont préféré mourir plutôt que de dire : « Je n’aime plus Jésus« .
Ainsi, saint Pierre est mort sur une croix, comme Jésus, mais avec la tête en bas.
Tous les Apôtres sont morts martyrs, ils ont tous donné leur vie pour Jésus.

Et après eux, bien d’autres chrétiens ont préféré mourir pour Jésus plutôt que de dire « Je n’aime plus Jésus« . Et même, certains avaient hâte de mourir pour aller Le voir, comme Saint Ignace d’Antioche :

« Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver jusqu’à Dieu« .

Saint Tarcisius

Saint Tarcisius était un jeune garçon qui vivait au temps des premiers chrétiens. C’était un temps où les païens cherchaient à tuer tous ces chrétiens pour ne plus entendre parler de Jésus ressuscité : c’était le temps des persécutions.

Aussi, pour prier et assister à la messe, ces premiers chrétiens étaient obligés de se cacher dans les catacombes (des cimetières souterrains).

Mais il y avait aussi des chrétiens en prison, qui allaient être mis à mort, donnés à manger aux bêtes féroces. L’évêque voudrait bien aller les aider, leur parler, leur porter la sainte communion : ils auront besoin de courage pour supporter le martyre… Mais on ne le laissera pas passer, il ne peut pas y aller…

Il cherche donc quelqu’un qui, sans attirer l’attention, puisse arriver jusqu’à eux pour leur apporter Jésus-Hostie. Tarcisius se propose pour cette délicate mission : l’évêque hésite : « Tu es bien jeune…  »

Tarcisius insiste, et finalement l’évêque lui confie le dépôt sacré. Il le cache sous ses vêtements et part. Il est si heureux de porter Jésus. Tout doucement, dans son cœur, il Lui parle, il L’adore, avec un grand respect.

Mais voici qu’en chemin, il rencontre des garçons de son âge qui l’invitent à venir jouer avec eux. Gentiment, il leur dit qu’il ne peut pas. Mais, à sa manière de marcher, tout recueilli, ils devinent un SECRET. Ils sont païens, ils s’excitent contre lui, cherchent à lui arracher ce qu’il tient si précieusement. Tarcisius résiste.

Les bras croisés sur sa poitrine, il semble rempli d’une force surhumaine.

Ni les coups de poings, ni les gifles, ni les violences de toutes sortes ne semblent rien lui faire… Il supporte tout sans murmurer, il ne cherche qu’à défendre ce qu’il tient si fort sur son cœur.

Les autres le renversent, le bourrent de coups : il tient toujours la main sur son trésor. Son sang coule abondamment, et bientôt il succombe à ses blessures.

Il a donné sa vie pour protéger Jésus-Hostie.

Les petits martyrs japonais

Au Japon, après le passage de saint François-Xavier, vers 1595. Le développement du christianisme ne plaît pas à l’empereur. 15 chrétiens sont arrêtés. Parmi eux, 3 enfants de chœur : 11, 14 et 15 ans.
La foule s’apitoie sur ces enfants : »Voyons, vous n’allez pas vous faire tuer ! Renoncez à votre Dieu. Nous vous relâcherons aussitôt ! »
Les 3 garçons, pour toute réponse, chantent le Notre Père à tue-tête.
Le bourreau dit au plus jeune, Louis : »Toi, va-t-en ! tu es trop petit ! Nous ne voulons pas de toi. »
Mais Louis reste. La nuit, pour les inciter à se sauver, on desserre leurs liens, la porte de leur prison reste ouverte : dehors, c’est la vie sauve, le pain…
Les 3 garçons ne bougeront pas. Ils mourront plutôt que de laisser croire aux païens et aux chrétiens qu’ils ont trahi le Christ ! Ils seront mis en croix.

Les 32 martyres d’Orange, au temps de la Révolution

Ce sont des religieuses. Dans leur prison, l’une d’elles compose une chanson sur… la guillotine, qui lui inspire des sentiments de confiance, presque d’amitié, puisque c’est elle qui doit la conduire au ciel.

Deux d’entre elles sont appelées. On sait ce que cela veut dire… Roulements de tambour : là-bas, dans la prison, les sœurs savent que tout est fini… Ou, plutôt, que pour deux d’entre elles la joie commence !
Comme les Carmélites de Compiègne, dont le bourreau disait : « Ces bougresses-là vont à la mort en chantant ! »

Quelque part en Chine, en 1856

Quelle est, au fond d’une cage, cette pauvre forme humaine qui râle doucement, toute meurtrie, défigurée ? C’est une jeune femme chrétienne. Elle s’appelle Agnès Tsaou-Kong, et elle a vingt-trois ans.

Elle mettra quatre jours à mourir ainsi dans sa cage, sans nourriture, sans soulagement, sans une goutte d’eau. Cette mort atroce, elle l’accepte pour rester fidèle à Notre Seigneur.

Elle n’avait jamais eu la vie facile, mais jamais elle ne se plaignait : en toutes ses épreuves, elle voyait la volonté du bon Dieu, et elle acceptait tout, simplement.

Lorsque son mari est mort, elle est devenue catéchiste à la mission du Père Chapdelaine, pour pouvoir amener des âmes au Bon Dieu.

Et quand la persécution a commencé, elle a été la première femme à être arrêtée et jugée.
Ni la torture, ni la menace de la mort la plus cruelle ne lui feront abandonner l’amour de Jésus.

C’est pourquoi elle agonise, quatre jours durant, dans sa cage : mais elle sait que ce lieu horrible est pour elle le vestibule du paradis. Le 28 février, elle reçoit sa récompense.
(d’après Louise ANDRE-DELASTRE – Sainte Agnès)

Au Tonkin, 9 janvier 1858

Une rafle dans un village de chrétiens. Parmi eux, un petit garçon.

Le mandarin, chargé par le roi d’exécuter les chrétiens, lui dit de s’en aller : il est trop petit. Une seule condition : pour partir libre, il doit d’abord passer sur le crucifix placé sur le chemin.
L’enfant a ouvert les yeux. Sa voix claire, un peu tremblante s’élève dans un silence attentif :

J’ai perdu mon père de ce monde. Je n’ai plus que Jésus, le Seigneur du Ciel, pour me protéger,
et vous voulez que je L’abandonne ? Je ne crains pas la mort.
Tuez-moi. Je suis impatient d’aller auprès du Seigneur Jésus…

Le mandarin est furieux : c’est bien la première fois qu’on lui répond sur un ton aussi fier.
De la main, il fait un signe. Les bourreaux le suspendent par le cou, dans une cangue, au-dessus de la croix : d’instinct, il relève les pieds pour ne pas fouler l’emblème saint.

Frappez ! commande le mandarin. Alors commence toute une longue série de tortures. Le sang jaillit. Mais l’enfant, par un prodige d’énergie, n’a pas baissé les pieds sur la croix. Les coups redoublent.

Le petit n’en peut plus, ses jambes sans force retombent, mais dans la cangue qui l’étrangle, têtu, il répète : Je ne renierai pas… le Seigneur… Jésus. Soudain, il s’est tu.
Un des bourreaux s’en penché sur lui : les yeux parlent encore. Étonné, il lit dans le regard une joie qui n’est pas de la terre. Non, il n’est pas seul, le petit martyr : Quelqu’un est sûrement à ses côtés.

Le mandarin est furieux de cette résistance et pourtant il a peur : il a peur de la constance d’un petit enfant qui préfère le Christ : il a peur de l’amour d’un enfant que rien, il le sent bien, ne pourra vaincre.

Décapitez-le ! Et pendant que sous le soleil, le glaive, en un éclair, s’est abaissé, une voix douce, épuisée, la voix d’un petit enfant blessé à mort, a soupiré : Seigneur, mon Jésus

Et encore de nos jours…

Il y a eu beaucoup de martyrs. Les exemples sont innombrables …Il y en a encore maintenant.

Pour citer des cas contemporains, le livre « les Voleurs de Dieu« , de Maria WINOWSKA, vous fournira plusieurs merveilleuses histoires d’enfants, en Pologne, ou en Russie, donnant de magnifiques témoignages de leur foi.

Telle cette petite Catherine qui faisait la grève de la faim pour obtenir de ses parents (le père était au Parti communiste) la permission de faire sa Première Communion.

Ou encore, ces dortoirs de petites filles, dans un internat « athée », faisant toutes ensemble la prière du soir, une fois la surveillante partie …

Ou encore, Li, la petite Chinoise…