42 – LES ENFANTS ET LE MYSTÈRE DE DIEU… (pédagogie)

Trois témoignages qui nous rappellent que
es enfants sont capables d’entrer de plain-pied dans les mystères de la foi, dans les « secrets de Dieu ».
Même s’il s’agit du mystère de la Sainte Trinité !


Hélène Lubienska de Lenval (1895-1972), remarquable éducatrice, a beaucoup développé en France la méthode MONTESSORI dès 1936, et surtout à partir de 1944, après la guerre.

Les enfants dont il est question ici sont au CP : ils ont autour de 6 ans.

Les trois témoignages cités ci-dessous, sont racontés dans son livre « la Trêve de Dieu » (Casterman-Maredsous, 1959)
Ils illustrent bien cette étonnante aptitude des jeunes enfants à « capter le divin », et même sur des sujets réputés « difficiles », comme la Sainte Trinité.

* * * * *
L’enfant est étonnamment doué pour entrer de plain-pied dans les mystères de la foi …
L’âge spirituel est aussi indépendant de l’âge mental que l’âge mental de l’âge physiologique : dans le Royaume de Dieu, les derniers seront les premiers et les moins malins sont les plus clairvoyants.
A brûle-pourpoint, Hervé pose la question :

« Comment cela peut être qu’il y a UN Dieu, et il y a LE Père, LE Fils et LE Saint-Esprit ? »

– Ceci, répondis-je, personne ne le comprend, pas même le Pape ni les évêques. C’est un mystère, ça veut dire un secret de Dieu.

Est-ce que les saints au ciel savent les secrets de Dieu ?

– Oui, puisqu’ils sont en Dieu : chacun selon sa petite mesure. Sur terre, nous pouvons seulement adorer, c’est-à-dire admirer Dieu.

Et les saints qui sont sur la terre ?

– Tout comme nous. Ils adorent sans comprendre pleinement. Saint Augustin se posait justement la même question que toi en se promenant au bord de la mer. Il y avait là un petit garçon qui faisait un trou dans le sable et il disait : « je veux mettre la mer dans ce trou. »
Saint Augustin se mit à rire : « Ni la mer ne peut tenir dans le trou, ni le mystère dans ma tête. »

Alors, demanda Agnès, ma tête, c’est le trou ?

– Exactement. Et sais-tu ce qui est arrivé quand le petit garçon et saint Augustin sont partis ? A la marée haute, le trou s’est trouvé dans la mer.

Et Agnès de conclure :

Comme les saints en Dieu.

* * * * *

Un autre jour, c’est encore Hervé qui me dit sans préambule : « Venez parler de Dieu. »

Assis par terre, les garçons ne bronchent pas, tandis que j’hésite avant de me lancer :

Dieu éclate de bonheur. Le Père regarde son Fils et lui dit : « Tu es mon Bien-Aimé, tu fais toute ma joie. » 

Pour toi, et avec toi j’ai fait un monde très beau avec des hommes capables de t’écouter.
Quand je t’ai prié d’aller les sauver, tu as dit tout de suite : « Me voici pour faire ta volonté ».
Ils peuvent venir ; je les attire, je les invite, je veux qu’ils viennent partager notre bonheur. »

Et le FILS regarde le Père et dit :

« Je Te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre. Tu m’as tout remis entre les mains.
Ceux que Tu m’as donnés, je veux qu’ils soient ici et qu’ils voient la gloire
que Tu m’as donnée avant que le monde fût. Je leur ai fait connaître ton amour ;
je leur ai donné tes paroles afin que ma joie s’accomplisse en eux. »

Et L’ESPRIT qui se réjouit de la joie du Père et du Fils vient mettre un peu de leur joie dans nos cœurs.

Comment, demande Hervé, savez-vous les choses de Dieu ? Vous n’avez pas été au ciel.

– Non, bien sûr, je n’ai pas été au ciel, mais Jésus-Christ est venu du ciel. Il a fait connaître quelque chose des secrets de Dieu à ses amis, les Apôtres. Les Apôtres ont été très attentifs à ce qu’Il disait.
Ensuite ils l’ont écrit dans un livre : l’Évangile. Je lis l’Évangile tous les jours.

Quand je saurai lire très bien, je pourrai lire l’Évangile ?

– Certainement.

Et je saurai les secrets de Dieu ?

– Oui, si tu es très attentif.

Je serai très attentif, dit Hervé. Et après un moment il ajoute : « Mais je ne connaîtrai jamais tous les secrets de Dieu, seulement un peu, parce que Dieu est beaucoup trop grand pour moi. »

* * * * *

Grégoire est chez le médecin. Interrogatoire habituel :

– Tu aimes travailler ?

– « Pas beaucoup. »

– Qu’est-ce que tu aimes en classe ?

– Réflexion prolongée : « J’aime la danse… Et la religion, surtout la religion. »
(Grégoire a 6 ans, il danse merveilleusement et il en fait une prière).

Le médecin perd pied, mais Grégoire s’anime :

– « Oui ! la religion, et surtout la Trinité.
Parce que, vous voyez, la Trinité, plus on y pense, plus on peut y penser. On s’enfonce dedans. »

Le médecin a perdu pied complètement. « C’est bien, dit-il, va regarder par la fenêtre ».