43.1.3 – LES ENFANTS ET LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION (pédagogie)

Comment faire vivre aux enfants la fête de la Présentation ?

D’abord en la leur racontant (récit), ensuite par la liturgie (voir l’exemple de liturgie familiale).
Avec les enfants, des enseignements et les attitudes d’âme correspondantes peuvent faire l’objet d’un développement dans trois domaines :
– la lumière,
– l’offrande,
– le sacrifice.

(Pour les parents eux-mêmes  > document de base).

La fête de la Présentation au Temple est un sujet particulièrement riche. Plusieurs thèmes sont à développer, tous importants. Comment les aborder avec les enfants ?

Une recommandation essentielle : avec de jeunes enfants (4-7 ans), ne voir qu’une seule idée à la fois, un seul thème, sous peine d’embrouiller leur esprit. Sinon, ils ne retiendront rien.
Selon l’âge et le niveau de formation de votre auditoire, vous choisirez l’un ou l’autre de ces aspects : lumière – offrande – annonce du sacrifice. On peut aussi parler de l’obéissance (sacrifice de notre volonté).

Pour les plus petits (4 ans), l’aspect lumière, le plus immédiat, sera le plus facile.
Pour des 6-7 ans, on insistera davantage sur l’aspect offrande, sa relation avec l’offertoire de la messe, mettant en relief l’importance de notre participation à l’offertoire par notre offrande personnelle, ce qui nous conduira à l’aspect sacrifice.

On réservera le développement de ce 3ème thème pour des enfants plus grands (7-8 ans) avec le dernier épisode de ce récit : la prédiction de Siméon sur le glaive de douleur qui annonce le rôle de Marie comme coopératrice de la Rédemption.

Dans le cas d’une formation familiale (un peu chaque soir…), vous aurez plus de facilité pour étaler votre enseignement sur plusieurs leçons au cours de la semaine.

Quel que soit l’âge des enfants, deux éléments vont assurément les « accrocher » :

– d’abord le récit évangélique, si possible la veille au soir, pour les y préparer ;
– ensuite les en faire vivre avec la liturgie : les cierges et la procession de la Chandeleur sont en eux-mêmes un enseignement.

C’est ensuite seulement que trouvera sa place l’un ou l’autre des thèmes de méditation.

Le récit

A la prière du soir du 1er février (la veille de cette fête), nous mettrons en valeur cet aspect de la lumière en faisant une jolie décoration (fleurs, branches de sapin, rubans…) autour du cierge qu’on allume habituellement à la prière. Tout de suite, l’enfant sent qu’il y a quelque chose d’important.
Quelques instants de silence complèteront cette préparation.

Puis nous ferons le récit de la Présentation : le récit lui-même est simple, il peut se faire sans difficulté à partir du texte même de l’Évangile, au besoin en expliquant les mots un peu difficiles.
Pour le rendre plus solennel, nous le lirons dans un livre saint : Bible ou Évangile : Luc 2, 22-32, ou Missel, évangile du 2 février.
Nous le lirons sur un ton très recueilli : nous sommes en présence d’un mystère de Dieu et il est bon de faire vivre aux enfants le respect et la soumission que l’on doit à la Parole de Dieu

La liturgie

Cette fête tombe souvent en semaine, mais elle peut être solennisée le dimanche suivant : nous préparerons la Messe en expliquant la signification de la procession de la Chandeleur et des cierges.

Avec les petits cierges de la Chandeleur que nous tenons allumés pendant la procession et la lecture de l’Évangile, la liturgie met très en valeur l’aspect lumière de la fête de la Présentation.

Mais il sera bon d’y préparer les enfants avant : ils pourront ainsi mieux suivre la liturgie et en goûter toute la richesse.
Ces signes sont par eux-mêmes un enseignement de la foi. Plus tard, nos enfants en découvriront progressivement toute la signification. Dès maintenant, posons les jalons indispensables.

Nous avons lu l’histoire de la Présentation de Jésus au Temple. A la messe, nous allons faire une belle procession avec des cierges allumés. Pourquoi ?

La procession représente le voyage que la Sainte Vierge et saint Joseph ont fait pour aller jusqu’au Temple de Jérusalem pour y présenter l’Enfant-Jésus.

Les cierges, que nous tiendrons allumés dans notre main pendant la procession, représentent Jésus, la Lumière du monde. On les allume encore au moment de l’Évangile, parce que l’Évangile, c’est la Parole de Jésus : c’est par cette Parole qu’Il éclaire notre âme

On peut encore rallumer ces cierges depuis la Consécration jusqu’à la communion,
parce que, après la Consécration, Jésus est réellement présent parmi nous dans l’Eucharistie.

Pendant la procession, nous penserons à dire merci à Jésus d’être la Lumière de nos âmes, et merci à la Sainte Vierge de nous avoir donné Jésus.
A la fin de la messe, chacun emporte son cierge bénit : c’est une protection pour la maison, on peut l’allumer s’il y a un gros orage, ou encore si quelqu’un est très malade.

Suivant l’âge et le niveau de votre auditoire, vous pourrez rajouter l’explication suivante :

Le cierge allumé, tout naturellement, représente Jésus, venu illuminer nos ténèbres. Il est composé de trois éléments : la cire – la mèche – la flamme.

La cire représente le corps du Christ : ce qu’on voit à l’extérieur.
La mèche, qui est à l’intérieur, représente son âme.
La flamme, qui brille en la partie supérieure, représente sa Divinité.

Un exemple de liturgie familiale pour la fête de la Présentation

Voici le témoignage d’une réalisation, dans une famille, pour la prière familiale du 2 février, avec trois jeunes enfants (de 4 ans 1/2 à 3 mois). Les enfants ont grandi, d’autres les ont rejoints… Désormais cette « liturgie familiale » est devenue une « tradition » !

« Noël et l’Épiphanie sont déjà bien loin, et pourtant une nouvelle fête nous plonge encore dans le mystère du Fils de Dieu fait homme pour sauver et éclairer tous les hommes. Éclairer : oui, c’est bien la fête du Christ Lumière du monde que nous offre aujourd’hui l’Église.
Saint Jean souligne cette caractéristique du Verbe incarné : En Lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. (Jn 1, 4)

Nous avons vécu en famille cette fête du 2 février. Les deux ou trois jours précédents, nous avons raconté l’histoire de la Présentation, en nous servant de l’Évangile de la messe, ainsi que de dessins, en expliquant que Jésus est la Lumière, qu’Il vient nous éclairer, nous guider, nous aider à faire le bien, nous réchauffer…

Afin de matérialiser cette lumière, nous avons dessiné, puis peint et décoré des bougies que nous avons disposées, ainsi que de nombreux lumignons, tout autour de la crèche.

L’Eglise nous propose ce jour-là une grande procession. Nous avons voulu y associer la famille, Eglise domestique.

Ainsi, la veille du 2 février, pour la prière du soir, les lumières étant éteintes, seuls ont été allumés les lumignons, pour bien signifier combien le Christ luit dans l’obscurité, combien, sans Lui, nous ne sommes que ténèbres.

Chacun tenait en main un cierge allumé (pour les enfants, celui de leur baptême), rappelant que, depuis notre baptême, Jésus est l’unique lumière de nos âmes.

– Nous sommes arrivés à la crèche en chantant le refrain « Il est né, le Divin Enfant… » entre chaque verset du cantique de Siméon : « Maintenant, ô Maître souverain, Tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix… » (Lc 2, 29-32)

– Nous avons lu le Chant d’entrée de la messe du 2 février.

– Un temps de silence nous a permis d’adorer Jésus et nous imprégner plus intérieurement de cette joie apportée par le Fils de Dieu, Lumière de nos vies.

– Nous avons ensuite répété l’antienne lue par le père de famille : »Lumière pour éclairer les païens et gloire d’Israël ton peuple« .

– Puis l’alléluia chanté par tous, encadrant le verset « Le vieillard portait l’Enfant, mais l’Enfant conduisait le vieillard ».

– La lecture de l’Évangile a suivi.

– et la prière s’est achevée sur le chant « Les anges dans nos campagnes« .
Nous avons repris cette même prière le soir du 2 février.

Les enfants ont été très marqués par cette prière solennelle et pleine de joie. L’aînée parle encore de la « prière de la lumière ».
L’Église nous offre de très beaux textes pour nourrir cette prière : oraisons de bénédiction des cierges pour les plus grands, textes de la messe.
Il nous semble important de préparer la fête à l’avance, entre époux : à lire, à méditer. Pour nous imprégner de ce grand mystère, afin de disposer nos âmes à recevoir toutes les grâces que l’Église nous propose en ce jour.

Et, tout naturellement, nos enfants bénéficieront de notre préparation intérieure ».(J-D. et I. Aldebert – Grenoble).

Cette formation liturgique est à la fois un enseignement et un support à la formation de la vie intérieure. Elle débouche tout naturellement sur un enseignement et l’attitude d’âme correspondante.


 

Premier thème : la lumière

(Ce thème pourra être développé devant un cierge allumé)

La liturgie nous le montre : la fête de la Présentation est par excellence une fête de la lumière. Or, nous le savons bien, dès leur plus jeune âge, les petits sont toujours très attirés par la lumière. Ce thème est donc particulièrement indiqué avec les plus petits, dès 3 ou 4 ans.

Enseignement

La liturgie est déjà, en soi, un premier enseignement.
Mais le récit de l’Évangile demandera à être complété par un commentaire – adapté à l’âge des enfants et à leurs questions – destiné à enraciner en profondeur cet enseignement de la foi dans le cœur de nos petits.

Dans le récit de la Présentation de Jésus au Temple, vous vous en souvenez : le vieillard Siméon a reçu dans ses bras l’Enfant-Jésus, il a béni Dieu et qu’est-ce qu’il a dit ?

« Maintenant, Seigneur, Tu peux laisser aller ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu Jésus, le Sauveur, la lumière du monde, venu pour éclairer tous les peuples. »(Lc 2, 29-32)

Cette phrase de Siméon nous apprend plusieurs choses :

Jésus est le Sauveur – Il est la lumière du monde – Il est venu pour éclairer tous les peuples.

Comment Jésus va-t-Il nous sauver ? – En étant la lumière de nos cœurs.
Depuis le péché originel, les hommes avaient perdu l’amitié de Dieu, le ciel leur était fermé. C’est comme si leur cœur était dans le noir : ils ne voyaient plus clair pour savoir et pour faire ce qui est bien.

Jésus va nous sauver en étant la lumière de nos cœurs : Il éclaire notre âme sur le mal qu’il y a en nous, et sur le bien que nous devons faire. Il va nous rendre cette amitié de Dieu, qui est notre plus grand trésor, la lumière du cœur.

(N’oublions pas, en filigrane, cette autre idée fondamentale contenue elle aussi dans le mystère de la Présentation : si Jésus nous sauve en étant la lumière de nos cœurs, c’est par son Sacrifice sur la croix.
Nous n’en parlons pas encore avec les plus petits pour ne pas les embrouiller, cette idée est simplement « mise en réserve » momentanément).

Voir 3ème thème : le Sacrifice

Formation à la vie intérieure

Cette fête de la Lumière est particulièrement propice à développer chez les enfants, même très jeunes, cette idée fondamentale : Jésus est la Lumière de nos âmes. Il est venu sur la terre pour nous conduire au ciel, et c’est Lui qui « éclaire » notre chemin vers le ciel.

Comment Jésus est-Il la Lumière du monde ?
Siméon a dit que Jésus est la Lumière du monde. Mais Jésus aussi l’a dit Lui-même :

Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Jn 8, 12)

Lorsqu’on dit que Jésus est la lumière du monde, cela ne veut pas dire qu’Il nous éclaire, au dehors, comme fait le soleil. C’est au-dedans de notre cœur que Jésus nous éclaire, en nous faisant comprendre ce qui est bien pour que nous puissions le faire.

C’est aussi sa Lumière qui nous montre tout ce qui est mal dans ce que nous faisons : ce sont les ténèbres de notre âme. Nos ténèbres, ce sont la méchanceté, la dispute, le mensonge, la désobéissance, la colère, la gourmandise, se croire meilleur que les autres, etc.

Tout cela, c’est comme la « nuit » de l’âme, ce qui nous empêche de recevoir la Lumière de Jésus. Pour que la Lumière de Jésus puisse entrer dans notre âme, il faut chasser ces choses de notre cœur.

Ouvrons-Lui tout grand la fenêtre de notre âme pour nous laisser éclairer par sa Lumière. Et comme c’est quelquefois bien difficile, il nous donne le courage, la force de le faire. Surtout lorsque nous allons nous confesser, et communier. Et la prière aussi met en nous la Lumière de Jésus.

Qu’est-ce que nous allons choisir : la Lumière ou les ténèbres ?

Si nous aimons vraiment Jésus, nous ferons toujours bien attention de garder précieusement sa Lumière dans notre cœur.

Si nous pouvons aller à la procession de la Chandeleur (ce n’est pas toujours facile si ce n’est pas un dimanche…), voilà à quoi nous pourrons penser, tandis que nous aurons à la main ce cierge allumé qui représente Jésus, la Lumière du monde.

Nous Lui demanderons de toujours bien rester dans notre âme pour nous éclairer, nous aider à faire le bien. Nous Lui demanderons de nous aider à toujours bien l’écouter et Le suivre, puisqu’on ne peut entrer au Ciel qu’en suivant Jésus

Présence de Jésus au tabernacle

Jésus nous éclaire-t-il encore maintenant ? Oui, Il a promis de rester toujours avec nous.

Où est-il, où pouvons-nous Le trouver ? – Au tabernacle.

Et comment sait-on que Jésus est présent au tabernacle ? – Par une petite lumière allumée, à côté.

Cette petite lumière est le signe que Jésus est bien là, présent au tabernacle.

Lorsque nous allons dans une église, allons lui faire une visite quelques instants, L’adorer, rester près de Lui, simplement en silence, Lui dire : « Jésus je Vous aime« , Lui demander sa force pour faire ce qui est bien, et aussi pour lutter contre nos défauts.
Si nous avons une peine, une difficulté, offrons-Lui, Il nous aidera, Il nous donnera sa lumière

Peut-être verrez-vous aussi d’autres personnes qui sont là, devant le tabernacle : elles prient, elles parlent à Jésus. Elles aussi viennent près de Lui pour savoir ce qu’elles doivent faire pour bien faire la Volonté de Dieu. Et Jésus les éclaire, Il met la lumière dans leur cœur. Et quand elles sortent de l’église, elles se sentent en paix, plus heureuses.

Quelques citations d’Écriture Sainte sur ce thème de la Lumière enrichiront votre leçon et la prière des enfants

Seigneur mon Dieu, Tu es infiniment grand ! Tu es revêtu de majesté et de splendeur, la lumière T’enveloppe comme un manteau.
(Ps 103, 1)

Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu et Il a fait briller sur nous sa lumière. (Ps 117, 26-27)

Je suis la Lumière du monde, nous dit Jésus : celui qui Me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la Vie.
(Jn 8, 12)

Heureux celui qui écoute la Parole de Dieu, et qui la garde. (Lc 11, 28)

Cette « Parole de Dieu », c’est Jésus Lui-même : écoute-Le bien au fond de ton cœur.

Autrefois vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur :
marchez donc comme des enfants de lumière.
Et le fruit de la lumière, c’est tout ce qui est bon, juste et vrai.
Cherchez donc ce qui plaît au Seigneur
et ne prenez aucune part aux œuvres mauvaises des ténèbres. (Ep 5, 8-11)

Approche-toi du Seigneur, et sa lumière resplendira sur toi. (Ps 33, 6)

Ta parole est une lampe devant mes pas, une lumière qui éclaire mon chemin.
Découvrir ta parole illumine mon âme, les plus petits peuvent la comprendre. (Ps 118, 105. 130)

La lumière de ton visage, Seigneur, a brillé sur moi, comme un signe.
Tu as mis la joie dans mon cœur, bien plus que n’en donne la richesse. (Ps 4, 7,8)

C’est Toi, Seigneur, qui fais briller ma lampe. Ô mon Dieu, illumine mes ténèbres. (Ps 17, 29)


 

Deuxième thème : l’offrande

Cette leçon a une grande importance : elle permet d’introduire et d’expliquer l’OFFERTOIRE de la messe. Cette idée de l’offrande montrera à l’enfant l’importance et même la nécessité de sa participation personnelle au sacrifice de Jésus. Nous repartons du récit évangélique.

La Présentation de Jésus au Temple

Marie et Joseph offrent l’Enfant-Jésus à Dieu
Pour obéir à la loi juive (à l’usage de leur temps), la Sainte Vierge et saint Joseph portèrent Jésus au Temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance, pour L’offrir au Seigneur. On devait en même temps donner en sacrifice un agneau ou une paire de tourterelles ou de colombes. Marie et Joseph qui n’étaient pas riches, ont offert deux colombes.
C’est de tout leur cœur, avec tout leur amour, qu’ils ont fait cette offrande : car ils savent bien que ce petit Enfant, que Dieu leur a confié, ce sera Lui, plus tard, qui sera le Sauveur du monde.

Jésus, tout petit dans les bras de Marie, s’offre à Dieu dans son cœur
Mais en même temps, tout petit dans les bras de Marie, sans parler, mais de tout son cœur, Jésus s’offre à l’avance à Dieu son Père pour sauver tous les hommes. Car c’est bien pour cela qu’Il est venu sur la terre et s’est fait homme : c’est pour nous sauver.

Cette offrande annonce le Sacrifice de Jésus sur la Croix
Cette offrande, Jésus ne va pas l’accomplir maintenant : Il est bien trop petit ! En réalité, c’est plus tard, lorsqu’il mourra sur la Croix pour nous sauver, qu’Il va la faire : c’est le sacrifice de la Croix.
Ensuite, ce Sacrifice de Jésus, Il va le renouveler tous les jours à la messe, par les mains des prêtres.

L’Offertoire de la messe, c’est le moment de l’offrande

A la messe, justement, ce moment de l’offrande, on l’appelle L’OFFERTOIRE. C’est le moment où le prêtre offre à Dieu l’hostie (posée sur la patène) qui deviendra le corps de Jésus ; puis le vin (dans le calice) qui deviendra le sang de Jésus (la prochaine fois, nous regarderons bien).
Mais avez-vous déjà remarqué, à ce moment-là, quelque chose de tout petit et pourtant d’important : la petite goutte d’eau que le prêtre met dans le vin, dans le calice. Pourquoi ?
Cela signifie, justement, NOTRE OFFRANDE, que Jésus attend de nous pour l’offrir avec la sienne à Dieu son Père. Jésus veut nous offrir avec Lui à son Père : vous voyez comme c’est important !

Et nous ? Quelle sera notre offrande ?

Alors, pouvons-nous rester seulement à regarder, sans rien offrir ? Mais que pouvons-nous offrir à Jésus ? Qu’est-ce qui pourra Lui faire plaisir ? – Ce qui Lui fera le plus plaisir, c’est que nous Lui offrions…? Notre cœur, c’est tout ce qu’Il désire !
Une petite goutte d’eau mélangée au vin du calice, est-ce qu’on peut encore la voir ? Non : on ne la voit plus, on ne peut plus voir la différence entre l’eau et le vin. Est-ce qu’on peut la retirer ? Non, l’eau est unie au vin. C’est important pour nous de bien comprendre ce qu’elle représente : notre cœur uni à celui de Jésus pour nous offrir avec Lui à Dieu son Père
Cette goutte d’eau, c’est très peu de chose, noyée dans le vin. Elle représente pourtant tout ce que nous, nous offrons à Dieu pour nous unir au Sacrifice de Jésus. Mais ce qu’on offre à Dieu, il faut que ce soit vraiment de tout notre cœur : sinon, cela n’a pas de valeur.

Notre offrande du matin

Déjà, tous les matins, en nous réveillant, nous faisons notre prière d’offrande : »Mon Dieu, je Vous offre mon cœur, je Vous offre toute ma journée. » A partir de cette offrande si simple, Dieu bénit votre journée et vous aide à vivre comme un bon enfant de Dieu.

A l’offertoire de la messe, qu’allons-nous offrir ?

Ensuite, à la messe, à l’offertoire, c’est aussi pour nous le moment de faire notre offrande à Dieu. Nous Lui offrons notre prière, notre travail, nos joies, nos peines, nos efforts, tout ce que nous avons fait de bien… et tout ce que nous aurons à supporter de difficile : ce sont nos « sacrifices ».

Mais puisque Jésus est venu pour sauver les pécheurs, mettons aussi dans le calice tout ce que nous avons fait de mal, et que nous regrettons, nos péchés : tout à l’heure, Jésus les lavera dans son Sang et cela va purifier notre âme, la garder dans sa Lumière.

Pour nous sauver, Jésus a donné sa vie, tout son sang… Il a tant souffert pour nous ! Il ne faudrait pas que nous arrivions à la messe les mains vides, en n’ayant rien à Lui offrir : est-ce qu’Il serait content, Lui qui a tout donné pour nous ? Chaque semaine, pensons donc à faire un sacrifice, quelque chose qui nous coûte, mais que nous aurons fait de tout notre cœur, avec le sourire, pour l’offrir à Jésus.

Prier pour les autres

Et puis, on peut encore élargir son offrande à Dieu en pensant aux autres, en offrant les âmes de ceux qui oublient Dieu ou qui lui font de la peine. Mettez ces âmes dans le calice, Dieu sera content. Il désire tant leur faire du bien : mais il faut que quelqu’un pense à eux.

Marie, qui est là, nous offre avec Jésus

Et puis, près de l’autel, à chaque messe, la Sainte Vierge est là. Par les mains du prêtre, elle présente encore son Fils Jésus à Dieu, comme le jour où elle Le présenta au Temple. Et elle présente aussi à Dieu tous les enfants qui ressemblent à Jésus. Offrons-nous à Jésus par Marie, notre maman du Ciel.
Certains penseront peut-être qu’une telle formation, à des enfants si jeunes (6 ans), est prématurée, qu’ils ne sauraient comprendre, que, tout de même, c’est trop leur demander…
N’est-ce pas plutôt nous qui sous-estimons à la fois les capacités spirituelles de nos petits et leur générosité ?
Voici un témoignage parmi bien d’autres, il vient d’une catéchiste chevronnée qui travaillait en milieu déchristianisé (1943). Pour situer le fait dans son contexte, il s’agit d’une messe pour les enfants du catéchisme.

Une maman nous confie son fils de 6 ans : « Je suis très mécontente, il n’a pas voulu manger sa soupe, aussi il n’a rien mangé. » L’enfant était de mauvaise humeur, évidemment.
Au moment de l’offertoire, je me penche vers lui : « As-tu quelque chose à offrir au bon Dieu ?… » Pas de réponse.
« Si tu voulais manger ta soupe, tu pourrais l’offrir, mais il ne faut l’offrir que si tu veux la manger, tu es libre, on ne trompe pas le Bon Dieu. »
Un instant après, l’enfant me tire par la manche : « ça y est ! ». Je ne dis rien, ce qu’il venait de faire est le geste normal d’un chrétien. La formation réclame de ne pas faire dévier par des compliments les intentions si pures, si droites de nos enfants.
Dans la semaine, je rencontre la maman. « Savez-vous, me dit-elle, que dimanche, en rentrant de la messe, le petit a demandé sa soupe et l’a mangée entièrement. » Stupéfaction de cette maman qui, elle, n’avait pu obtenir la chose.
Tout naturellement, je lui ai dit : « Cela ne m’étonne pas, votre fils est intelligent, il sait qu’à la messe, il offre le sacrifice de Jésus qui s’est laissé clouer sur la croix pour lui. Il s’est dit : Tout de même, c’est un peu trop facile d’offrir Jésus qui a donné son sang pour moi, et je ne suis pas capable de faire quelque chose pour Lui ! Et voilà pourquoi il a offert sa soupe. »
En quelques mots, le sens de la messe était donné à la maman, son esprit était ouvert, parce qu’elle avait vu vivre ce que je lui disais. (Mme DAMEZ Comment faire jaillir la vie p. 51. Ed. TEQUI)
Dans ce même ouvrage, voici encore une autre réflexion de cette grande éducatrice :

Il est important de donner aux tout-petits le sens complet du sacrifice, de ne pas en diminuer la doctrine. Ne dites pas : ils sont trop petits pour comprendre. 
Les âmes pures ont une ouverture splendide, c’est près d’elles que l’on se rend compte de la richesse de l’organisme surnaturel mis en elles par le baptême, organisme qui leur permet d’accéder aux plus hautes vérités.
Et pourtant, à nos regards humains, ces petits paraissent parfois bien peu doués intellectuellement.
(Mme DAMEZ Comment faire jaillir la vie p. 48. Ed. TEQUI)


Troisième thème : le sacrifice

La fête de la Présentation est l’annonce du Sacrifice de la Croix

Siméon n’a pas seulement dit à la Sainte Vierge ces paroles sur la Lumière, qui lui ont causé tant de joie. Il lui a dit aussi autre chose : il lui a annoncé que, plus tard, elle aurait beaucoup à souffrir. Qu’est-ce que cela annonce ?

Nous savons déjà que Jésus est notre Lumière et notre Sauveur. Mais comment va-t-Il nous sauver ?
– Par son sacrifice sur la Croix : c’est là qu’Il nous arrache au mal et au démon. Et, pour nous sauver, Il a dû accepter de beaucoup souffrir, à notre place.

Voilà ce que Siméon a prédit à la Sainte Vierge : c’est la prédiction du Sacrifice de Jésus lorsqu’il mourra sur la Croix.
Marie sait maintenant que son Fils Jésus doit mourir pour sauver les hommes, et elle accepte de souffrir avec Lui pour nous sauver. Elle dit au Bon Dieu : Seigneur, je veux tout ce que Vous voulez.

Vous voyez : dans cette offrande de Jésus, le 2 février au Temple, on trouve déjà l’annonce du grand Sacrifice que Jésus fera plus tard pour sauver tous les hommes.
Lorsque l’Enfant-Jésus a été offert au Temple, par les mains de Marie, c’est bien comme la Victime destinée à sauver le monde.

Marie nous donne l’exemple du sacrifice

Cette offrande que Marie fait de son Fils est pour nous l’exemple à suivre : nous aussi, nous avons toujours à offrir au Seigneur un effort, un sacrifice, quelque chose qui nous coûte.
Alors, nous allons demander à la Sainte Vierge de nous apprendre à vivre, comme elle, en “esprit de sacrifice”, c’est-à-dire : prendre l’habitude de tout donner à Dieu, nos joies comme nos peines : tout ce que nous faisons, et même tout ce que nous sommes. Et soyons bien sûrs de deux choses :
1 – le Seigneur nous donnera toujours la force de faire ce qui nous coûte, si nous Lui demandons.
2 – Il ne nous demandera jamais des sacrifices aussi grands que celui de Jésus.
Enfin, il faut aussi savoir que tout offrir et s’offrir soi-même à Dieu, généreusement, de tout son cœur, c’est le chemin de la joie : de la vraie joie, celle d’un cœur uni à Dieu. Et c’est Dieu qui nous la donne.

L’obéissance de Marie

La Sainte Vierge nous donne l’exemple d’une parfaite obéissance : toujours accepter la volonté du Bon Dieu, même lorsque cela nous coûte beaucoup, que cela nous fait souffrir.

Pensons seulement que nous ne souffrirons jamais autant que Jésus et Sa Mère.
L’obéissance, c’est le sacrifice de notre volonté : si souvent, cela nous coûte d’obéir !

Mais si nous voulons être de vrais amis de Jésus, est-ce que nous pouvons Lui refuser de suivre son exemple, de faire comme Lui : chercher à toujours faire la volonté du Bon Dieu ? C’est comme cela que notre cœur restera dans la Lumière et dans la paix : en faisant toujours la volonté du Bon Dieu.

Demandons à la Sainte Vierge de nous aider. Elle est notre Mère et elle nous aime comme ses enfants. A notre tour, il faut, nous aussi, l’aimer comme notre vraie Maman du ciel. Voulez-vous que nous lui demandions de nous offrir au Bon Dieu, comme elle a offert son Fils, Jésus ?

 

PRIÈRE :

O Marie, avec Jésus offrez-moi à Dieu notre Père,
je veux que toute ma vie soit pour Lui, je veux L’aimer toujours,
je veux rester toujours son enfant, je veux vivre pour Lui.
Mon Dieu, je Vous donne mon cœur ; toute ma journée est pour Vous.