72 – LE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE (textes de prières)

Écrit pour exprimer le plus clairement et le plus complètement possible
le mystère de la Sainte Trinité et la double nature du Christ.
À réciter en famille, notamment à l’occasion du dimanche de la Trinité.


Évêque d’Alexandrie, au IVème siècle, saint Athanase fut toute sa vie, malgré cinq exils successifs, l’intrépide défenseur de la foi catholique contre l’hérésie arienne : en niant la divinité du Christ, les ariens faisaient du Christ un homme comme les autres, simplement plus élevé en grâce aux yeux de Dieu.

Cette doctrine portait donc atteinte à la fois

– au dogme de la Trinité, puisque le Verbe ou Fils de Dieu n’était pas Dieu dans le même sens que le Père,
– au dogme de la divinité du Christ, puisqu’on ne pouvait pas dire qu’Il était vraiment Dieu, car il avait été créé.

L’arianisme est donc à la fois une hérésie trinitaire et christologique.

Pour réfuter cette hérésie, l’une des plus graves de l’histoire, Constantin convoqua le premier Concile œcuménique, le Concile de Nicée, en 325, auquel participa saint Athanase. C’est ce Concile qui proclame que Jésus est le Fils consubstantiel au Père.

Ce contexte explique l’extrême rigueur et fermeté contenues dans cette profession de foi qui lui est attribuée. C’est un remarquable énoncé de la foi catholique qui comporte deux parties :

– la première concerne la Sainte Trinité,
– la seconde, la personne de Jésus-Christ, Notre Seigneur, Fils de Dieu fait homme.

Le symbole de saint Athanase

UN SEUL DIEU EN TROIS PERSONNES

Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique,
et celui qui ne l’aura pas gardée entière et sans atteinte périra certainement pour l’éternité.

Or la foi catholique consiste à révérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance.

Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint Esprit.

Mais le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont une même divinité, une gloire égale, une même éternelle majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.

Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé. Le Père est infini, le Fils est infini, le Saint-Esprit est infini. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel.

Cependant ils ne sont pas trois éternels, mais UN seul Éternel. Ils ne sont pas non plus trois incréés, ni trois infinis, mais UN seul incréé et UN seul infini.

De même, le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant. Cependant, ils ne sont pas trois Tout-puissants, mais UN seul Tout-puissant.

Ainsi, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Cependant ils ne sont pas trois dieux, mais UN seul Dieu.

Ainsi, le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur.

Cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais UN seul Seigneur.

Car de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des trois Personnes est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous défend de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n’a été fait par personne, Il n’est ni créé, ni engendré. Le Fils vient du Père seul : Il n’est ni fait, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, Il n’est ni fait ni créé, ni engendré, mais Il procède de l’un et de l’autre.

Il y a donc un seul Père et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints Esprits.

Et dans cette Trinité, il n’y a ni avant ni après, ni plus grand ni plus petit ;

mais les trois Personnes sont toutes trois co-éternelles et égales entre elles.

Si bien qu’en toutes choses, comme on l’a déjà dit, on doit révérer l’Unité en la Trinité, et la Trinité en l’Unité.

Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Sainte Trinité.

JÉSUS-CHRIST, FILS DIEU, DIEU ET HOMME

Mais il est nécessaire encore pour le salut éternel qu’il croie fidèlement en l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.

Or la foi droite consiste à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, est Dieu et homme.

Il est Dieu, étant engendré de la substance de son Père avant les siècles, et il est homme, étant né de la substance d’une mère dans le temps.

Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une âme raisonnable et un corps humain. Egal au Père selon la divinité, moindre que le Père selon l’humanité.

Bien qu’il soit Dieu et homme, il n’est cependant qu’un seul Christ, et non deux.

Son unité ne vient pas d’un changement de sa divinité en humanité, mais de l’union de son humanité à la divinité.

Il est parfaitement un, sans mélange des natures, mais dans l’unité de sa personne.

Car de même que l’âme raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l’homme est un seul Christ.

C’est Lui qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant et, de là, viendra juger les vivants et les morts.

A son avènement, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs actions personnelles. Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu éternel.

Telle est la foi catholique. Celui qui n’a pas cette foi ferme et sincère ne saurait être sauvé.

* * * * *

Nous ne sommes plus au IVème siècle.

Mais les grands mystères de la Trinité et de la Divinité du Christ Jésus sont toujours insidieusement attaqués, notamment par les médias.

Pour éclairer et conforter notre foi et celle de nos enfants (au moins les aînés), il est recommandé, plus particulièrement à l’occasion de certaines grandes fêtes, comme celle de la Sainte Trinité, de relire et de prier ce Symbole en famille.