13 – LE DRAME DU PÉCHÉ ORIGINEL (formation)

Le thème du péché des origines est fondamental pour la transmission de la foi. Ce document, établi à partir du Catéchisme de l’Église catholique, est une synthèse destinée à aider tous ceux qui ont à parler de ce sujet essentiel.
À travailler au moment de l’Avent… mais ce thème traverse toute l’année liturgique !

1 – État originel de l’homme : justice et sainteté…
2 – La liberté
3 – La mise à l’épreuve
4 – La chute
5 – Situation actuelle de l’humanité
6 – Le péché originel : une vérité essentielle et fondamentale de la foi.

1 – État originel de l’homme : justice et sainteté…

ou l’homme, tel qu’il était à la création, sorti des mains de Dieu.

« Et Dieu vit que cela était très bon »… (Gn 1, 31)

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa, homme et femme Il les créa. (Gn 1, 27)

A chaque étape de la création, le récit biblique se termine par : « Et Dieu vit que cela était bon ».

Mais après la création de l’homme, le récit nous dit : Et Dieu vit que cela était très bon (Gn 1, 31)

Parce qu’il est à l’image de Dieu, l’individu humain a la dignité de personne : il n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu’un. Il est capable de se connaître, de se posséder et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes, et il est appelé, par grâce, à une alliance avec son Créateur, à Lui offrir une réponse de foi et d’amour que nul autre ne peut donner à sa place.
(CEC 357)

La nature humaine…

La personne humaine, créée à l’image de Dieu, est un être à la fois corporel et spirituel. Dieu modela l’homme avec la glaise du sol. Il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. (Gn 2, 7). L’homme tout entier est donc voulu par Dieu. (CEC 362)

L’homme est donc fait

– d’un corps, tiré de la matière,
– et d’un principe spirituel, le « souffle de vie » (spiritus en latin) : l’esprit qui le rend « à l’image de Dieu« .
(Ce thème est développé dans le document 438 : Corps et esprit.)

Le corps de l’homme participe à la dignité de l’image de Dieu : il est « corps humain » précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine tout entière qui est destinée à devenir dans le Corps du Christ le Temple de l’Esprit.
(CEC 364)

Notre corps ayant en lui-même la dignité d’une créature faite « à l’image de Dieu« , il s’ensuit que nous avons le devoir de le respecter, ce qui se manifeste par notre manière de nous tenir, de nous habiller, dans les soins dont il a besoin…
Et si, aux obsèques, on encense la dépouille d’un défunt, c’est aussi par respect pour ce corps qui a été le temple du Saint Esprit et qui doit ressusciter à la fin des temps.

« Esprit » signifie que l’homme est ordonné dès sa création à sa fin surnaturelle, et que son âme est capable d’être surélevée gratuitement à la communion avec Dieu. (CEC 367)

Cette union du corps et de l’âme en l’homme constitue ce qu’on appelle « la nature humaine » ou sa « vie naturelle« .

C’est toute la différence entre l’homme et l’animal qui a bien un corps, mais animé seulement d’un principe de vie terrestre, qui se termine à la mort, et qui n’est pas « à l’image de Dieu ».

De toutes les créatures visibles, seul l’homme est capable de connaître et d’aimer son Créateur ; il est la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même ; lui seul est appelé à partager, par la connaissance et l’amour, la vie de Dieu. Il a été créé à cette fin et c’est là la raison fondamentale de sa dignité. (CEC 356)

créée dans un état de sainteté et de justice…

L’Église enseigne que nos premiers parents, Adam et Ève, ont été constitués dans un état de sainteté et de justice originelle. Cette grâce de la sainteté originelle était une participation à la vie divine. (CEC 345)

C’est pourquoi on l’appelle « vie surnaturelle » : c’est l’union de l’âme avec les Trois Personnes Divines.

Ce don de Dieu élevait l’homme à un état infiniment au-dessus de sa condition de créature. La nature créée ne peut en aucune façon s’y élever par ses propres forces, et elle ne pouvait y prétendre du seul fait de sa création.

Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance. Considérez, je vous prie, l’importance de cette parole. Dieu, le Tout-Puissant, l’Invisible, l’Incompréhensible, l’Indicible, l’Inestimable, en façonnant l’homme avec de la glaise, l’a ennobli de l’image de sa propre grandeur.
Quoi de commun entre la glaise et l’esprit ? Car Dieu est esprit.
C’est donc une grande marque d’estime pour l’homme que Dieu l’ait gratifié de l’image de son éternité et de la ressemblance de sa propre vie.
La grandeur de l’homme, c’est sa ressemblance avec Dieu, pourvu qu’il la garde… Tant que l’âme fera bon usage des vertus semées en elle, elle sera semblable à Dieu. (saint Colomban)

…et enrichie de dons divins particuliers

Par le rayonnement de cette grâce, toutes les dimensions de l’homme étaient confortées.
Tant qu’il demeurait dans l’intimité divine, l’homme ne devait ni mourir (cf Gn 2, 17 ; 3, 19), ni souffrir (cf Gn 3, 16).
L’harmonie intérieure de la personne humaine, l’harmonie entre l’homme et la femme (cf Gn 2, 25), enfin l’harmonie entre le premier couple et toute la création constituait l’état appelé « justice originelle ». (CEC 376)

Ces dons (appelés « préternaturels« ) n’étaient pas strictement liés à la nature humaine, mais la rehaussaient et l’enrichissaient de nombreux avantages :

– la science,

Dieu les remplit de science et d’intelligence, et leur fit connaître le bien et le mal.
Il mit sa lumière dans leur cœur pour leur montrer la grandeur de ses œuvres. (Si 17, 6,7)

– un parfait contrôle des sens par la raison et la volonté,

– l’incorruptibilité ou absence de toute souffrance, maladie, infirmité,

– enfin, l’immortalité du corps : le corps, toujours uni à l’âme, aurait été transfiguré et serait monté au ciel sans passer par le tombeau : Dieu n’a pas fait la mort. (Sg. 1, 13 )

Mais, en aucune façon, ces dons n’étaient dûs à l’homme ; c’était comme des « privilèges », accordés par Dieu par pure bonté, absolument gratuits, pour embellir la nature humaine.

Tout comme la justice et la sainteté, ces dons étaient accordés par Dieu à Adam, non seulement pour lui, mais pour toute sa postérité. Ils étaient destinés à la nature humaine dans son ensemble : Adam, souche du genre humain, devait les transmettre à ses descendants, par génération, en même temps que sa nature.

2 – La liberté

« L’homme est raisonnable et, par là, semblable à Dieu, créé libre et maître de ses actes ». (saint Irénée)

L’homme a été créé « libre » pour pouvoir aimer « librement »

Au commencement, Dieu a créé l’homme, et il l’a laissé dans la main de son propre conseil.
« Si tu le veux, tu garderas les commandements ; être fidèle dépend de ton bon plaisir.
Il a mis devant toi le feu et l’eau, du côté que tu voudras tu peux étendre la main. »
Devant l’homme sont la vie et la mort, le bien et le mal ; ce qu’il aura choisi lui sera donné.
(Si 15, 14-18)

Dieu a créé l’homme raisonnable en lui conférant la dignité d’une personne douée de l’initiative et de la maîtrise de ses actes.
Dieu a laissé l’homme à son propre conseil (Si 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, parvenir à la pleine et bienheureuse perfection. (CEC 1730)

Il n’y a pas de véritable amour sous la contrainte : Dieu a créé l’homme pour l’aimer et pour en être aimé, Il ne pouvait pas le créer autrement que libre. L’amour implique la liberté.

Qu’est-ce que la liberté ?

La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées.
Par le libre arbitre, chacun dispose de soi.
La liberté est en l’homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté.
La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude. (CEC 1731)

La possibilité d’un choix

Créé libre, l’homme décide lui-même de ses actions : chacun a conscience, en lui-même, qu’il peut faire quelque chose ou ne pas la faire ; faire une chose plutôt qu’une autre. Il peut choisir.

Par exemple : si je dis volontairement un mensonge, j’ai conscience que je pourrais ne pas le dire et me taire, et que je pourrais aussi parler différemment en disant la vérité.

Tant qu’elle ne s’est pas fixée définitivement dans son bien ultime qu’est Dieu, la liberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal, donc de grandir en perfection ou de défaillir et de pécher. Elle caractérise les actes proprement humains. Elle devient source de louange ou de blâme, de mérite ou de démérite. (CEC 1732)

A celui-là sera une gloire éternelle … qui a pu faire le mal et ne l’a pas fait. (Si 31, 10)

« Liberté » ou « abus de la liberté » ?

On a trop souvent tendance à penser que la liberté, c’est « faire ce qui me plaît » : je dispose de moi comme j’ai envie, au gré de mes fantaisies…
C’est en effet un mauvais usage que l’on peut faire de sa liberté, c’est ne pas tenir compte de l’existence en nous d’une mauvaise nature qui s’oppose à notre bonne nature et qui ne peut se vaincre sans une certaine lutte intérieure.

Non, la vraie liberté consiste à choisir et à faire, par soi-même, « ce qui est bien », « ce qui plaît à Dieu« .

Plus on fait le bien, plus on devient libre. Il n’y a de liberté vraie qu’au service du bien et de la justice. Le choix de la désobéissance et du mal est un abus de la liberté qui conduit à l’esclavage du péché (Rm 6, 17). (CEC 1733)

3 – La mise à l’épreuve

Dieu avait donc placé l’homme sur la terre dans des conditions telles que rien ne manquait à son bonheur, en attendant la vie éternelle au Ciel, auprès de Dieu.
Cette vie sur la terre, dans le plan de Dieu, se présentait comme un passage, un temps de probation, une mise à l’épreuve, avant d’être admis à chanter la Gloire de Dieu pour l’éternité, et y trouver un bonheur sans fin.

Il plaisait à Dieu de faire mériter à l’homme le bonheur et la gloire du ciel auxquels Il le destinait.

Quel est l’homme qui aime la vie, qui désire voir de longs jours de bonheur ? (Ps 33, 13)

Pour obtenir ce bonheur auquel nous sommes destinés, qu’avons à faire ?

Préserve ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses.
Éloigne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la. (Ps 33, 14)

Un geste d’obéissance …

Cette épreuve se concrétise en une interdiction, unique limitation à l’empire que Dieu venait de donner à l’homme sur la terre entière :

Tu peux manger de tous les arbres du jardin ;
mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas ;
car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. (Gn 2, 15)

… pour reconnaître sa dépendance vis-à-vis de Dieu

Cet arbre est le signe de l’autorité absolue et universelle de Dieu.
La connaissance du bien et du mal est un privilège que Dieu se réserve : il ne faudrait pas voir dans cette prescription un ordre arbitraire, une sorte de brimade ou de piège.

Accepter de Dieu les commandements qu’Il nous a donnés est un acte de confiance et d’amour : en bon Père qui aime ses enfants, Il sait mieux que nous ce qui nous est bon ou mauvais, et c’est Lui qui nous indique la voie à suivre pour aller jusqu’à Lui.
Voilà pourquoi définir le bien et le mal n’appartient qu’à Dieu.

En acceptant cette limite, par ce geste de soumission et d’obéissance à l’ordre divin, l’homme reconnaît sa dépendance et la souveraineté de Dieu sur lui, car même si l’homme a autorité sur toute la création, il n’en reste pas moins toujours soumis lui-même à Dieu, souverain Seigneur de toutes choses.

4 – La chute

Le chapitre 3 de la Genèse raconte le récit de cette chute lamentable, aux conséquences incalculables.

L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son Créateur et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu.
C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme. (cf Rm 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté. (CEC 397)

Le péché : se préférer soi-même à Dieu

Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu et, par là même, il a méprisé Dieu : il a fait ce choix de soi-même contre Dieu, contre les exigences de son état de créature et, dès lors, contre son propre bien : créé dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinement « divinisé » par Dieu dans la gloire.
Par la séduction du diable, il a voulu « être comme Dieu » (Gn 3, 5), mais « sans Dieu et avant Dieu et non pas selon Dieu. (CEC 398)

Adam et Ève ont voulu se substituer à Dieu pour décider du bien et du mal, se prenant eux-mêmes pour mesure, prétendant être les seuls maîtres de leur destinée et disposer d’eux-mêmes à leur guise.
Ce refus de dépendre de Celui qui les avait créés pervertit totalement la relation qui les unissait à Dieu, relation qui n’était pas seulement de dépendance, mais d’amitié.

Ses conséquences

L’Écriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance :

– Adam et Ève perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle. Ils ont peur de ce Dieu dont ils ont conçu une fausse image, celle d’un Dieu jaloux de ses prérogatives.

– L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite,

– la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée (cf Gn 3, 7),

– l’union de l’homme et de la femme est soumise à des tensions (cf Gn 3, 11-13),

– leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination (cf Gn 3, 16),

– l’harmonie avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile (cf Gn 3, 17. 19),

– à cause de l’homme, la création est soumise à la servitude de la corruption (Rm 8, 20),

– enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance (cf Gn 2, 17) se réalisera : l’homme retournera à la poussière de laquelle il a été formé.(Gn 3, 19). La mort a fait son entrée dans l’histoire de l’humanité (cf Rm 5, 12) (CEC 399-400)

Dieu a créé l’homme pour l’immortalité, Il l’a fait à l’image de sa propre nature.
C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde. (Sg 2, 23,24)

L’acte commis par Adam et Eve a donc eu pour conséquence cette perte de l’amitié divine.
Pour nous, c’est cette privation que nous appelons le « péché originel« .

Par sa transgression, Adam a perdu la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi. (Concile de Trente)

5 – Situation actuelle de l’humanité

Par sa désobéissance, Adam a donc perdu, en même temps que la grâce divine, tous les dons reçus de Dieu, ces « privilèges » qu’il devait également transmettre à ses descendants. Les ayant perdus, il ne pouvait plus les leur transmettre…

« C’est la nature humaine ainsi tombée, privée du don de la grâce, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes, et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché.
(Paul VI. Profession de Foi 1968 § 16)

Tous, nous naissons marqués par le péché originel, privés de la grâce divine…

Tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam. (…) (CEC 402)

L’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est « mort de l’âme ». (…) (CEC 403)

La transmission du péché originel est un mystère que nous ne pouvons comprendre pleinement.
Adam avait reçu la sainteté et la justice originelles non pour lui seul, mais pour toute la nature humaine : en cédant au tentateur, Adam et Eve commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu (…) : c’est la transmission d’une nature humaine privée de la sainteté et de la justice originelle. (CEC 404)

Sans la grâce divine, nous ne pouvons être unis à Dieu, ce pour quoi nous sommes faits. (cf CEC 417) Tous les humains naissent ainsi, privés de cette grâce divine : c’est cela que nous appelons « le péché originel ».

Une seule exception à cette loi générale, en faveur de la Très Sainte Vierge Marie : Dieu l’a préservée du péché originel. C’est le privilège de l’Immaculée Conception, que nous fêtons le 8 décembre.

…et marqués par les conséquences de ce péché

Quoique propre à chacun, le péché originel n’a, en aucun descendant d’Adam, un caractère de faute personnelle. C’est la privation de la sainteté et de la justice originelles, mais la nature humaine n’est pas totalement corrompue :
– elle est blessée dans ses propres forces naturelles,
– soumise à l’ignorance, à la souffrance et à l’empire de la mort,
– et inclinée au péché (cette inclination au mal est appelée concupiscence). (CEC 405)

Le péché originel : un « état », pas un « acte »

Pour Adam et Ève, le péché originel a été un acte, un péché personnel ; pour nous, c’est un état, celui dans lequel nous naissons.

Le péché originel est appelé « péché » de façon analogique : c’est un péché « contracté » et non pas « commis », un état et non pas un acte. (CEC 404)

Mais Dieu ne laisse pas l’homme sans espérance : par le Baptême,
il peut retrouver cette amitié divine

Le Baptême, en donnant la vie de la grâce du Christ, efface le péché originel et retourne l’homme vers Dieu… (CEC 405)

Par sa passion, le Christ nous a délivrés de Satan et du péché. Il nous a mérité la vie nouvelle dans l’Esprit Saint. Sa grâce restaure ce que le péché avait détérioré en nous. (CEC 1708)

Le Baptême nous redonne la vie surnaturelle, l’union de notre âme avec Dieu, ce qu’on appelle encore « l’état de grâce » : il nous remet dans l’amitié divine.

Cependant, notre vie sur terre ne peut aller sans combat

…mais les conséquences pour la nature, affaiblie et inclinée au mal, persistent dans l’homme et l’appellent au combat spirituel. »
(CEC 405)

Notre nature humaine reste blessée et privée de ces dons particuliers, ces « privilèges » dont Dieu avait enrichi nos premiers parents.

C’est en lui-même que l’homme est divisé. Toute la vie des hommes, individuelle et collective, se manifeste comme une lutte, combien dramatique, entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. (Gaudium et spes § 13. 2)

Nous avons donc continuellement à lutter contre les forces du mal qui persistent en nous, et nous sommes impuissants à rien faire de bien par nos propres forces, mais seulement avec la grâce de Dieu que Jésus nous a obtenue en nous libérant du péché par son Sacrifice sur la Croix.

La doctrine sur le péché originel – liée à celle de la Rédemption par le Christ – donne un regard de discernement lucide sur la situation de l’homme et de son agir dans le monde.
Par le péché des premiers parents, le diable a acquis une certaine domination sur l’homme, bien que ce dernier demeure libre. Le péché originel entraîne la servitude sous le pouvoir de celui qui possédait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable (He 2, 14).
Ignorer que l’homme a une nature blessée, inclinée au mal, donne lieu à de graves erreurs dans le domaine de l’éducation, de la politique, de l’action sociale et des mœurs. (CEC 407)

Cette situation dramatique du monde qui tout entier gît au pouvoir du mauvais (1 Jn 5, 19) fait de la vie de l’homme un combat.
(CEC 409)

L’homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal ; et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes… (Gaudium et spes § 13. 2)

Voilà pourquoi nous avons tant besoin d’un Sauveur

…mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors le prince de ce monde (Jn 12, 31) qui le retenait dans l’esclavage du péché. Quant au péché, il amoindrit l’homme lui-même et l’empêche d’atteindre sa plénitude. (Gaudium et spes § 13. 2)

6-Le péché originel : une vérité essentielle et fondamentale de la foi

Un thème trop souvent occulté dans les années passées…

L’enseignement sur le péché originel est une vérité de foi :

L’histoire du salut est aussi celle de la libération du péché. (…)
Les observations profondes de saint Paul (cf Rm 5) sur la réalité du péché doivent être comptées au nombre des articles principaux de la foi chrétienne qu’il n’est pas permis de passer sous silence dans la catéchèse. (Directoire Général de la Catéchèse – 1971- § 62)

Ce thème fondamental du péché originel a trop souvent été, dans les 50 dernières années, passé en effet sous silence dans la catéchèse. Une telle omission est gravement coupable, car elle entraîne à ne plus rien comprendre à toute l’histoire du salut.

Que serait une catéchèse qui ne donnerait pas toute sa place
– à la création de l’homme et à son péché
– au dessein de rédemption de notre Dieu et à sa longue et amoureuse préparation
– à l’Incarnation du Fils de Dieu
– à Marie…et à son rôle dans le mystère du salut
– au mystère d’iniquité qui est à l’œuvre dans nos vies et à la force de Dieu qui nous en libère
– à la nécessité de la pénitence et de l’ascèse, etc. ? (Jean-Paul II Catechesi Tradendæ – CT § 30)

On ne peut pas toucher à la révélation du péché originel
sans porter atteinte au mystère du Christ.

La doctrine du péché originel est pour ainsi dire le « revers » de la Bonne Nouvelle que Jésus est le Sauveur de tous les hommes, que tous ont besoin du salut et que le salut est offert à tous grâce au Christ.
L’Église, qui a le sens du Christ, sait bien qu’on ne peut pas toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ. (CEC 389)

La catéchèse doit montrer clairement la connexion étroite du mystère de Dieu et du Christ avec l’existence et la fin dernière de l’homme. (DGC 1971 § 42 – cf 1997 § 101)

Ces grands thèmes de la foi (la création, le péché originel, l’Incarnation, Pâques, la Pentecôte, l’eschatologie…) sont toujours une source de vie et de lumière pour l’être humain.
(Directoire Général pour la Catéchèse – 1997- § 117)

La catéchèse doit toujours proposer la matière tout entière de la foi…

Le but de la catéchèse est de proposer la matière tout entière de la foi…(DGC 1971 § 38)

Un critère fondamental de la catéchèse est de sauvegarder l’intégrité du message, en évitant des présentations partielles ou déformées. « Celui qui devient disciple du Christ a le droit de recevoir la parole de foi non pas mutilée, falsifiée, diminuée, mais pleine et entière, dans toute sa rigueur et toute sa vigueur. » (CT §30)

Aucun aspect fondamental ne doit être passé sous silence, aucune sélection ne doit être effectuée dans le dépôt de la foi.
(DGC 1997 §111-112)

Faute d’admettre et d’enseigner que, par suite du péché originel, notre nature est portée au mal, tout devient inexplicable dans l’histoire de l’humanité dès ses origines et dans son développement : l’homicide de Caïn, la prolifération du péché dans la race humaine, la nécessité pour tout homme de lutter sans merci contre ses mauvais penchants.
(Père GILLET. Notre catéchèse p. 37. Ed TEQUI 1976)

L’enseignement sur le « péché des origines«  est donc fondamental dans la transmission de la foi. C’est la « clé de lecture » qui permet de comprendre toute l’histoire du salut.
Mais il nous éclaire aussi grandement dans tout ce qui concerne, dans notre vie quotidienne, « l’agir chrétien« , pour nous aider, comme baptisés, à garder un comportement digne de notre état d’enfants de Dieu.