L13 – L’ASCENSION : VOUS SEREZ MES TÉMOINS (formation)

– « Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi Je vous envoie »
– Rendre témoignage à la Vérité
– Vivre dans le monde sans être du monde (avec des exemples concrets).


Lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous serez revêtus de force,
et vous serez mes témoins (Ac 1, 8)

« Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… »

Le mot « apôtre » signifie « envoyé »… Au soir de sa Résurrection, Jésus envoie ses apôtres en mission : faire des disciples, avec le pouvoir de chasser les démons et de remettre les péchés.

« Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… » (Jn 20, 21). L’Église a été et demeure bâtie sur « le fondement des apôtres » (Ep , 20 ; Ap 21, 14), témoins choisis et envoyés en mission par le Christ Lui-même. Elle garde et transmet avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement, le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres.
Elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leur succèdent dans leur charge pastorale… (CEC 587)

L’histoire de l’Eglise nous montre amplement que ce n’est pas toujours facile d’être témoin du Christ.

Etre témoin du Christ, c’est être témoin de sa Résurrection (Ac 1, 22)… Dès le début, la foi chrétienne en la résurrection a rencontré incompréhension et opposition. (CEC 995-96)

Sur aucun point, la foi chrétienne ne rencontre plus de contradiction que sur la résurrection de la chair. (saint Augustin)

A travers ces oppositions, l’Église ne fait que suivre les traces de son Seigneur. Pour nous sauver, Il est passé par un chemin de souffrance : c’est aussi pour nous l’unique chemin du salut et le seul qui nous mène au Ciel, si nous voulons Le suivre jusque dans son Ascension.

Ceux qu’Il a choisis comme Apôtres, le Seigneur en vérité ne les envoie pas dans le monde aux joies du monde, mais, comme Lui-même y a été envoyé, à la souffrance.
Puisque donc le Fils est à la fois aimé du Père et cependant envoyé à la souffrance, ainsi les disciples sont à la fois aimés du Seigneur et cependant envoyés dans le monde à la souffrance. (Saint Grégoire)

Pour être témoin du Christ, il faut donc accepter de souffrir, sachant que nous pourrons toujours compter sur la force que nous donnera le Saint-Esprit. Courage, J’ai vaincu le monde ! (Jn 16, 33)

« Rendre témoignage à la vérité … »

Devant Pilate, le Christ proclame qu’Il est venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (Jn 18, 37). Le chrétien n’a pas à rougir de rendre témoignage au Seigneur. (2 Tm 1, 8)
Dans les situations qui demandent l’attestation de la foi, le chrétien doit la professer sans équivoque, à l’exemple de saint Paul en face de ses juges.
Il lui faut garder une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes. (Ac 24, 16)
Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Évangile et des obligations qui en découlent.
Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes.
Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité.
Tous les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester (…) par l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils ont revêtu au Baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au moyen de la Confirmation. (CEC 2471-72)

« Par l’exemple de notre vie et le témoignage de la parole »

Ce devoir du témoignage n’est pas réservé aux « professionnels » : évêques, prêtres, missionnaires…
Il concerne tous les laïcs, baptisés et confirmés, à tous les âges et dans tous les états de vie.

Tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l’Église elle-même, à la mesure du don du Christ (Ep 4, 7)
(CEC 913)

Enseigner quelqu’un pour l’amener à la foi est la tâche de chaque prédicateur et même de chaque croyant. (saint Thomas d’Aquin)

Cet apostolat ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie : le véritable apôtre cherche les occasions d’annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants, (…) soit aux fidèles.
(Décret sur l’apostolat des laïcs 6. cf.Ad Gentes 15)

En vue du témoignage, le devoir de se former sur le plan de la foi

Selon qu’elle est entretenue ou négligée, la foi peut grandir ou se perdre…
Mais comment la foi s’entretient-elle ?

Deux moyens indispensables et indissociables : la prière et l’étude. Mieux connaître pour mieux aimer. Comment rendre témoignage de la Parole divine si nous ne la connaissons pas suffisamment ?
Cette Parole nous est connue d’abord par la lecture ou l’écoute de l’Évangile, mais nous la mûrissons ensuite dans la prière, la méditation, l’oraison.

Mais il n’y a pas que l’Ecriture Sainte. Il y a aussi tout l’enseignement de l’Église, gardienne de la Vérité : elle a progressivement approfondi le noyau initial de la foi, notamment pour réfuter les diverses erreurs – les hérésies – qui, au fil des siècles, risquaient de nous entraîner loin de la Vérité.

Cet enseignement se trouve « résumé » dans le Catéchisme.
Et c’est à tout âge que nous avons besoin d’entretenir et de développer nos connaissances religieuses, de les « nourrir », par l’étude du Catéchisme ou d’autres lectures appropriées.
Nous pouvons encore puiser des trésors dans les écrits des Pères de l’Église, les vies des saints, dans les exemples qu’ils nous ont laissés.

Cette étude ne doit pas rester « livresque », « intellectuelle » mais, bien assimilée, elle enrichit notre prière.
Cette formation doctrinale nous sera d’autant plus nécessaire que nous avons des enfants à élever, que nous aurons à répondre à toutes leurs questions… et à celle de leurs amis.

« Les archives de la Vérité écrites en lettres de sang… »

Enfin, dans certaines circonstances, ce témoignage que nous avons à rendre à la Vérité peut aller jusqu’au martyre (martyr, en grec : témoin).

Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi : il désigne un témoignage qui va jusqu’à la mort.
Le martyre rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité.
Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. « Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver jusqu’à Dieu ». (Saint Ignace d’Antioche)

Avec le plus grand soin, l’Église a recueilli les souvenirs de ceux qui sont allés jusqu’au bot pour attester leur foi. Ce sont les actes des Martyrs. Ils constituent les archives de la Vérité écrites en lettres de sang. (CEC 2473-74)

« Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est meilleur pour moi de mourir, pour m’unir au Christ Jésus, que de régner sur les extrémités de la terre. C’est Lui que je cherche, qui est mort pour nous ; Lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche ».
(Saint Ignace d’Antioche)

« Vivre dans le monde sans être du monde … » (Jn 17, 14)

Les exigences de la vie chrétienne

« Garder une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes, prendre part à la vie de l’Église, agir comme témoins de l’Évangile et des obligations qui en découlent. » (CEC 2471- cité plus haut) :

l’honneur d’être enfants de Dieu par le Baptême implique pour nous l’exigence d’une conformité de notre vie quotidienne avec cet état de fils adoptifs de Dieu. Être appelés à vivre pour Dieu, cela nous conduit à reconnaître la primauté de l’Invisible sur le visible, du spirituel sur le matériel.

La vie de baptisé, la vie du chrétien n’est pas coupée en deux :

– d’un côté la vie religieuse (assistance à la messe, vie de prière),

– de l’autre, la vie « de tous les jours », la vie profane, où l’on se trouve immergé dans un monde redevenu païen dont on aurait à partager les habitudes et la mentalité.

C’est dans chaque détail de notre existence que nous avons à agir et à réagir en chrétiens, en fils de Dieu, respectant la Loi morale que Dieu notre Père nous a donnée pour notre bien.
Une vie conforme aux exigences du baptême, est imprégnée d’un « esprit » qui n’est pas celui du monde :

Je leur ai donné Ta Parole, et le monde les a pris en haine,
parce qu’ils ne sont pas du monde, comme Moi, je ne suis pas du monde.
Je ne Te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal. (Jn 17, 15)

Marcher à contre-courant

Une telle règle de vie n’est pas sans nous mettre quotidiennement en contradiction avec le monde qui nous entoure.

Ne vous conformez pas au monde présent. Transformez-vous, au contraire,
par le renouvellement de votre esprit, afin de pouvoir discerner
quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui Lui plaît, ce qui est parfait. (Rm 12, 2)

Cette nécessaire « séparation » est de tous les temps. Déjà du temps de Moïse, Dieu avait le souci de prémunir son peuple contre la contagion des religions païennes et idolâtriques qui les entouraient :

Vous serez saints pour Moi, car Je suis saint, Moi, le Seigneur votre Dieu. (Lv 19, 2)

Vous observerez mes lois et vous les mettrez en pratique.
Je suis le Seigneur, c’est Moi qui vous sanctifie. (Lv 20, 8)

C’est tous les jours que nous nous trouvons confrontés à cette incompatibilité entre le monde et l’Esprit de Jésus-Christ :

– le monde recherche la richesse, et Jésus nous dit : « Heureux les pauvres en esprit… »,

– le monde recherche la jouissance, et Jésus nous dit : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu »,

– le monde recherche la puissance, et Jésus nous dit : « Heureux les doux, car ils posséderont la terre ». (Mt 5, 3-10)

Quelques exemples concrets

Lorsque nous avons des enfants à élever, le témoignage que nous avons à donner en tant que parents est particulièrement exigeant :

« Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes… » (CEC 2472)

Nous le savons bien, par expérience directe, étant confrontés à tant de difficultés diverses, notamment :

1 – Tout ce qui touche à la formation des enfant

Le choix d’une école pour ses enfants. Mais cela ne dispense pas d’un devoir permanent de surveillance, dans presque tous les domaines… et plus encore avec les adolescents.
(Quelques exemples : choix d’une troupe scoute, de telle activité, des lectures, des amis…)

2 – Rester libre par rapport aux médias : TV, films, affiches, internet, jeux vidéos, certaines musiques, revues ou magazines…

Il n’est pas facile de maîtriser l’envahissement abusif de la télévision dans notre horizon familial. Et, face à une corruption généralisée, allons-nous tout supporter sans rien faire ?

3 – Résister à l’esclavage de la mode

« Tout le monde le fait« … Telle est la règle pour nous imposer n’importe quoi.
En face du conformisme général et des modes, vestimentaires ou autres, surtout quand elles incitent à l’impureté, sachons garder notre liberté de pensée et d’action.

La petite Jacinte de Fatima disait sur son lit d’hôpital, après une « visite » de la Sainte Vierge, peu avant sa mort : « Il viendra un temps où les modes offenseront beaucoup Notre Seigneur…  »

Soyez irréprochables et purs au sein d’une génération dévoyée et pervertie, dans un monde
où vous brillerez comme des foyers de lumière en lui présentant la Parole de Vie. (Ph 2, 15)

4 – Enfin, nous ne pouvons pas « baisser les bras », ni rester inactifs, par rapport à tout ce qui touche au respect de la vie :

Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile.
Le refus d’obéissance aux autorités civiles, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique : Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu (Mt 22, 21). Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. (Ac 5, 29). (CEC 2242)

Un seul exemple entre tous : l’ensemble des lois contre la famille, depuis le divorce jusqu’à l’avortement, et maintenant l’euthanasie et les recherches sur l’embryon…
Par contre, en ce qui concerne le code de la route, par exemple… il n’y aurait aucune raison de « ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles »…!

Pour conclure : nécessité de la lutte

« Mettre Dieu en premier dans notre vie » (la devise de sainte Jeanne d’Arc) passe ainsi par bien des détails concrets dont le choix ne peut être indifférent : le matériel est le reflet du spirituel.
« Vivre dans le monde sans être du monde » (Jn 17, 14), « garder la Parole divine et la mettre en pratique »… (Lc 11, 28), dans chaque détail de notre vie quotidienne, cela demande une force d’âme, parfois même un héroïsme, qui nous paraît bien souvent au-dessus de nos forces.
Pourtant, nous en avons l’assurance, Dieu ne demande rien d’impossible. Mais, pour ce qui nous semble au-dessus de nos forces, Il nous donnera Lui-même la force pour le faire.
La vie chrétienne est toujours un combat : contre le démon, contre le monde et contre nous-mêmes.

La vie de l’homme, sur la terre, est une guerre continuelle… (Jb 7, 1),
Même après le Baptême, la lutte acharnée de la chair contre l’esprit n’est pas finie. Au contraire.
Et il serait indigne d’un chrétien de se décourager dans cette lutte, ou de se laisser abattre.
S’il s’appuie sur la bonté de Dieu et s’il s’applique chaque jour à bien vivre, il doit garder dans son cœur l’espérance certaine que bientôt il trouvera facile et agréable tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint (Ph 4, 8).
(Catéchisme du Concile de Trente)

Agir selon le bien en toute circonstance n’est pas toujours facile, la tentation est inévitable ; elle peut même nous être salutaire pour nous aguerrir, nous fortifier.

Pour sortir vainqueurs de l’épreuve, nous avons besoin d’une force qui ne vient pas de nous : c’est précisément pour cela que nous est donné le sacrement de confirmation.

Par le sacrement de Confirmation, les baptisés sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ. (CEC 1285)

C’est dans ce sacrement que nous pouvons puiser, autant que nous en avons besoin, la force d’être en toutes circonstances les TÉMOINS DE JÉSUS-CHRIST, la force de surmonter tous les obstacles, difficultés, et même hostilités, qui semblent s’opposer à la pratique de notre foi chrétienne.
Appuyons-nous aussi sur tous ceux qui nous ont précédés dans le témoignage de la foi :

Les témoins qui nous ont précédés dans le Royaume, spécialement ceux que l’Eglise reconnaît comme « saints », participent à la tradition vivante de la prière, par le modèle de leur vie, par la service du dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier. (CEC 2683)