11 – L’ASCENSION : TRIOMPHE DU SEIGNEUR (formation)

L’Ascension est une des fêtes majeures de notre calendrier liturgique.
Ce document est centré sur Jésus-Christ et sa glorieuse montée au Ciel.


De Pâques à l’Ascension…

Après sa Résurrection, Jésus reste encore quarante jours avec ses apôtres :

Il leur a fait voir, par des preuves nombreuses, qu’Il était vivant,
leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu. (Ac 1, 3)

Pendant ces 40 jours après sa Résurrection, Jésus a voulu :

1) conforter la Foi de ses Apôtres en leur démontrant, par des apparitions répétées, la vérité de sa Résurrection.

2) achever de les instruire…

Il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.
Et il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures et Il leur dit :
« Ainsi était-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que le repentir et la rémission des péchés soient en son nom prêchés à toutes les nations ».
( Lc 24, 44-47)

3) les préparer à la prédication de l’Évangile :

Vous êtes témoins de ces choses. (Lc 24, 48)

4) constituer son Église,

41 – en confiant à Pierre l’autorité suprême :

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et les portes de l’enfer ne pourront rien contre elles.
Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux :
tout ce que tu lieras sur la terre se trouvera lié dans les cieux,
et tout ce que tu délieras sur la terre se trouvera délié dans les cieux. (Mt 16, 18-19)

Pais mes agneaux… Sois le berger de mes brebis… Pais mes brebis. (Jn 21, 15-17)

42 – en donnant aux Apôtres la mission d’enseigner, de baptiser…

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc, de toutes les nations faites des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. (Mt 28, 18-20)

43 – … et le pouvoir de remettre les péchés :

Recevez l’Esprit-Saint : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez,
ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. (Jn 20, 22-23)

5) Enfin, Il leur promet le Saint-Esprit dont la perpétuelle assistance leur sera nécessaire :

Dans peu de jours, vous recevrez la vertu du Saint-Esprit, qui viendra sur vous,
et vous serez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1, 5-8)

La glorieuse montée du Christ au Ciel

Quarante jours après sa Résurrection, ayant achevé sa mission sur la terre, Jésus remonte au Ciel, par sa propre force, devant de nombreux témoins.

Or, le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et Il s’assit à la droite de Dieu. (Mc 16, 19)

A ces mots, il fut sous leurs yeux emporté dans les airs, et une nuée le déroba à leurs regards. (Ac 1, 9)

Descendu sur la terre dans l’humilité – dans le secret de la nuit de Noël et de sa vie cachée, Jésus remonte aujourd’hui triomphalement, au grand jour, au Ciel d’où Il était venu.

Située dans cette perspective, la montée de Jésus au Ciel s’inscrit comme le témoignage public de sa glorification et de sa Divinité : aucun homme n’y est jamais monté.

Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du Ciel,
le Fils de l’homme qui est au Ciel. (Jn 3, 13)

C’est par sa propre puissance que Jésus monte au Ciel…

Il est important de noter que Notre Seigneur est monté au ciel par sa propre vertu et non par une force étrangère, à la manière d’Élie qui y fut transporté sur un char de feu (2 R 2, 11)
Et ce n’est pas seulement comme Dieu que Jésus-Christ fit son ascension par cette vertu toute-puissante qu’Il tenait de sa divinité même, mais aussi comme homme.
Sans doute un pareil prodige dépasse les forces naturelles, mais la puissance dont son âme bienheureuse était douée pouvait transporter son corps partout où elle voulait.
Et son corps, déjà glorifié, obéissait sans peine aux ordres de l’âme dans tous les mouvements qu’elle lui imprimait.
Voilà pourquoi nous croyons que Jésus-Christ est monté au ciel par sa propre vertu, et comme homme et comme Dieu.
(Catéchisme du Concile de Trente. ch. 7)

Cette exaltation n’a pas été seulement le triomphe d’un homme élevé au rang divin, mais le retour au monde céleste d’où Il était venu. Jésus remonte aux cieux en qualité de Roi et Prêtre souverain, qui vit et règne à jamais à la droite du Père.

Au Roi des siècles, immortel et invisible, à Dieu seul,
honneur et gloire, dans les siècles des siècles. (1 Tm 1, 17)

L’Ascension du Christ marque l’entrée définitive de l’humanité de Jésus au Ciel

Le Corps du Christ a été glorifié dès l’instant de sa Résurrection, comme le prouvent les propriétés nouvelles et surnaturelles dont jouit désormais son Corps en permanence.
Mais pendant les quarante jours où Il va manger et boire familièrement avec ses disciples et les instruire sur le Royaume, sa gloire reste encore voilée sous les traits d’une humanité ordinaire. La dernière apparition de Jésus se termine par l’entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine, symbolisée par la nuée et par le cielIl siège désormais à la Droite de Dieu.
Ce n’est que de manière tout à fait exceptionnelle et unique qu’Il se montrera à Paul comme à l’avorton (1 Cor 15, 8), en une dernière apparition qui le constitue apôtre.
Le caractère voilé de la gloire du Ressuscité pendant ce temps transparaît dans sa parole mystérieuse à Marie-Madeleine :

« Je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va vers mes frères et dis-leur :
Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ». (Jn 20, 17)

Ceci indique une différence de manifestation entre la gloire du Christ ressuscité et celle du Christ exalté à la droite du Père.
L’événement à la fois historique et transcendant de l’Ascension marque la transition de l’une à l’autre. (CEC 659-660)

Jésus monte au ciel :

en Roi victorieux : Élevez-vous, portes éternelles, et le Roi de Gloire entrera. (Ps 23, 7)

en triomphateur, amenant avec Lui tous les justes du temps passé, rachetés au prix de son sang : En montant aux lieux les plus hauts, il a amené captive la captivité même. (Ps 67,19)

au milieu des acclamations des Anges :
Il est digne, l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la Vertu, la Divinité,
la Sagesse, la Force, l’Honneur, la Gloire et la Bénédiction. Amen ! (Ap 5, 12)

Jésus monte au ciel pour jouir du triomphe qu’il avait mérité :

– sa vie et surtout sa Passion avaient été un combat : pour manifester son triomphe, il choisit le Mont des Oliviers qui avait été le témoin de ses douleurs,

– sa Résurrection fut une victoire,

– son Ascension, aujourd’hui, est un glorieux triomphe.

Le Christ, désormais, est assis à la Droite du Père

« Est assis à la Droite du Père… »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel
et s’en alla siéger à la droite de Dieu. (Mc 16, 19)

Le Seigneur dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma Droite,
jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. (Ps 109,1)

« Il est assis« , cela signifie qu’il jouit d’un repos immuable, et qu’il est Roi et Juge.

Être assis ne désigne pas ici la situation et l’attitude du corps, mais exprime la possession ferme et durable du pouvoir royal et souverain, et de la gloire infinie que Jésus-Christ a reçue de son Père. (Catéchisme du Concile de Trente. ch. 7)

« A la Droite du Père… » cela signifie que,

– comme Dieu, il est égal au Père ;

– comme homme, son humanité jouit d’une gloire et d’une puissance qui la mettent au-dessus de toutes les créatures.

« Par « Droite du Père« , nous entendons la gloire et l’honneur de la divinité, où Celui qui existait comme Fils de Dieu avant tous les siècles comme Dieu et consubstantiel au Père, s’est assis corporellement après qu’Il se soit incarné et que sa chair ait été glorifiée. » (saint Jean Damascène)

La session à la Droite du Père signifie l’inauguration du Règne du Messie.
C’est l’accomplissement de la vision du prophète Daniel concernant le Fils de l’homme :
A Lui fut conféré empire, honneur et royaume, et tous les peuples, nations et langues Le servirent.
Son empire est un empire à jamais, qui ne passera point, et son royaume ne sera point détruit. (Dn 7, 14). A partir de ce moment, les apôtres sont devenus les témoins du « Règne qui n’aura pas de fin ». (Credo). (CEC 664)

Au Ciel, Jésus-Christ intercède sans cesse pour nous comme MÉDIATEUR

Moi, une fois élevé de terre, J’attirerai tous les hommes à Moi. (Jn 12, 32). L’élévation sur la Croix signifie et annonce l’élévation de l’Ascension au ciel. Elle en est le début.
Jésus-Christ, l’unique Prêtre de l’Alliance nouvelle et éternelle, n’est pas entré dans un sanctuaire fait de mains d’hommes… mais dans le Ciel afin de paraître maintenant à la face de Dieu en notre faveur. (He 9, 24)
Au ciel, le Christ exerce en permanence son sacerdoce, étant toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui par Lui s’avancent vers Dieu (He 9, 11). Il est le centre et l’acteur principal de la liturgie qui honore le Père des cieux. (CEC 662)

Prêtre Souverain et Éternel, Il présente au Père les cicatrices radieuses de sa Passion, pour intercéder en notre faveur, de même qu’Il ne cesse d’offrir cette Passion, sacramentellement mais réellement, sur nos autels ici-bas. » (P.Calmel. o.p. Le Rosaire de Notre-Dame)

Cette fresque grandiose de l’Ascension ne serait pas complète sans l’évocation des deux vérités qui la suivent immédiatement dans le CREDO :

Le retour glorieux du Christ à la fin des temps…

« D’où Il reviendra… »

Ce Jésus qui vient d’être enlevé au ciel du milieu de vous
reviendra de la même manière qui vous l’y avez vu monter. (Ac 1, 11)

Il reviendra, non plus dans l’humiliation et la faiblesse, mais dans tout l’éclat de sa gloire et de sa puissance :

Je vous le déclare, un jour vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant,
et venir sur les nuées du ciel. (Mt. 26, 64)

… Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, avec tous ses anges (Mt 25, 31)

« Il REVIENDRA : toute la vie chrétienne consiste à l’attendre, à le désirer, à se préparer à son Jugement. Ce sera Lui, Lui-même, réjouissons-nous ! » (P.Emmanuel. Méditations)

… Pour juger les vivants et les morts

« … Pour juger les vivants et les morts »

A la suite des prophètes et de Jean-Baptiste, Jésus a annoncé dans sa prédication le Jugement du dernier Jour. Alors seront mis en lumière la conduite de chacun et le secret des cœurs.
Alors sera condamnée l’incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu.
L’attitude par rapport au prochain révélera l’accueil ou le refus de la grâce et de l’amour divin. Jésus dira au dernier jour : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait ». (Mt 25, 40)
Le Christ est Seigneur de la vie éternelle. Le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes Lui appartient en tant que Rédempteur du monde. Il a « acquis » ce droit par sa Croix. (CEC 678-679)

Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, avec tous ses anges,
Il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Devant Lui, toutes les nations seront rassemblées ;
et Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs ;
et Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger… (…)
S’adressant ensuite à ceux qui sont à sa gauche, il dira :
« Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel,
qui a été préparé pour le diable et ses anges… »
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. (Mt 25, 31-46)