14 – L’ADORATION EUCHARISTIQUE (formation)

Ce document nous rappelle d’abord ce que c’est qu’adorer.
Puis il  donne des indications pratiques sur et pour l’adoration du Saint Sacrement.


Qu’est-ce qu’adorer ?

Tu adoreras Dieu seul et tu L’aimeras plus que tout.

C’est se faire petit devant le Dieu Très-Haut

L’Adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son Créateur.
Elle exalte la grandeur du Seigneur qui nous a faits (Ps 94, 1-6) et la Toute-Puissance du Sauveur qui nous libère du mal.
Elle est le prosternement de l’esprit devant le Roi de gloire (Ps 23, 9-10) et le silence respectueux face au Dieu « toujours plus grand » (saint Augustin).
L’adoration du Dieu trois fois saint et souverainement aimable confond d’humilité et donne assurance à nos supplications.
(CEC 2628)

« L’adoration, ah ! C’est un mot du Ciel !
Il me semble que l’on peut la définir : l’extase de l’amour.
C’est l’amour écrasé par la beauté, la force, la grandeur immense de l’Objet aimé… dans un silence profond, ce silence dont parlait David lorsqu’il s’écriait : « Le silence est ta louange ! »
(Bse Elisabeth de la Trinité. Pensées I – Vous êtes la Maison de Dieu. Ed. du Cerf)

Adorer Dieu, c’est le reconnaître comme Dieu, comme le Créateur et le Sauveur, le Seigneur et le Maître de tout ce qui existe, l’Amour infini et miséricordieux : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à Lui seul que tu rendras un culte ». (Lc 4, 8 – reprise de Dt 6, 13)

Adorer Dieu, c’est, dans le respect et la soumission absolue, reconnaître le « néant de la créature » qui n’est (n’existe) que par Dieu. Adorer Dieu, c’est comme Marie dans le Magnificat, Le louer, L’exalter, et s’humilier soi-même, en confessant avec gratitude qu’Il a fait de grandes choses et que Saint est son Nom. (Lc 1, 46-49)

L’adoration du Dieu unique libère l’homme du repliement sur soi-même, de l’esclavage du péché et de l’idolâtrie du monde.
(CEC 2096-2097)

Être pour Dieu une louange de gloire

« Une louange de gloire, c’est une âme qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité ; c’est un réflecteur de tout ce qu’Il est ; c’est comme un abîme sans fond dans lequel Il peut s’écouler, s’épancher, c’est aussi comme un cristal au travers duquel Il peut rayonner
et contempler toutes ses perfections et sa propre splendeur.
Une âme qui permet ainsi à l’Être divin de rassasier en elle son besoin de communiquer tout ce qu’Il est et tout ce qu’Il a, cette âme est en réalité la louange de gloire de tous ses dons. »
(Bse Élisabeth de la Trinité. Pensées I – Vous êtes la Maison de Dieu. Ed. du Cerf)

Loue le Seigneur, ô mon âme, je veux chanter le Seigneur tant que je vivrai,
chanter mon Dieu tant que je serai. (Ps 145, 2)

Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, pour le Seigneur, et non pour plaire aux hommes : vous savez bien qu’en retour le Seigneur fera de vous ses héritiers.
Le maître, c’est le Christ : vous êtes à son service. (Col 3, 23-24)

Que vous mangiez, que vous buviez et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu.
(1 Co 10, 31)

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2, 20)

L’adoration du Saint-Sacrement

Parmi toutes les dévotions, l’adoration de Jésus dans le Saint-Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu et la plus utile pour nous.
(saint Alphonse de Liguori)

L’Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration en dehors de la messe permet de puiser à la source même de la grâce. (Jean-Paul II. l’Eglise vit de l’Euch. 25)

Son importance

Le culte rendu à l’Eucharistie en dehors de la Messe est d’une valeur inestimable dans la vie de l’Eglise. Ce culte est étroitement uni à la célébration du Sacrifice eucharistique.
La présence du Christ sous les saintes espèces conservées après la Messe – présence qui dure tant que subsistent les espèces du pain et du vin – découle de la célébration du Sacrifice et tend à la communion sacramentelle et spirituelle.
Il revient aux pasteurs d’encourager, y compris par leur témoignage personnel, le culte eucharistique, particulièrement les expositions du Saint-Sacrement, de même que l’adoration devant le Christ présent sous les espèces eucharistiques.
(Jean-Paul II. l’Eglise vit de l’Eucharistie. 25)

L’Eucharistie est au centre du mystère chrétien.
Adorer le Saint-Sacrement, c’est témoigner que nous reconnaissons, sous l’humble apparence du pain et du vin, le Fils de Dieu fait homme, Dieu Lui-même : Dieu seul a droit à l’adoration.

Adorons-Le dans sa DIVINITÉ, adorons-Le dans son HUMANITÉ, adorons-Le dans ce TRÈS SAINT SACREMENT où, pour nous, Il se fait PAIN DE VIE.

L’Eglise catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de l’Eucharistie, non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration :

– en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées,

– en les présentant aux fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité,

– en les portant en procession.

(Paul VI. Mysterium fidei 56)

Quand faut-il adorer le Saint-Sacrement ?

Les principales occasions

Au cours de la Messe, à la Consécration

• Dans notre action de grâces, après la sainte Communion

• Devant le Saint-Sacrement exposé.

• Au cours d’une visite à l’église, devant le Tabernacle

La sainte Réserve (tabernacle) était d’abord destiné à garder dignement l’Eucharistie pour qu’elle puisse être portée aux malades et aux absents en dehors de la messe.
Par l’approfondissement de la foi en la Présence réelle du Christ dans son eucharistie, l’Eglise a pris conscience du sens de l’adoration silencieuse du Seigneur présent sous les espèces eucharistiques.
C’est pour cela que le tabernacle doit être placé à un endroit particulièrement digne de l’église : il doit être construit de telle façon qu’il souligne et manifeste la vérité de la Présence réelle du Christ dans le Saint Sacrement.
(CEC 1379)

C’est au Tabernacle qu’Il demeure parmi nous : ne L’y laissons pas seul. Allons Lui rendre visite : nous lui confierons nos joies, nos peines, toutes nos intentions. Auprès de Lui, nous puiserons toujours la force, la paix et la joie dont nous avons besoin.

D’autres occasions favorables encore…

• Participer à des cérémonies d’adoration, comme la Procession de la Fête-Dieu

• Mais aussi en toutes circonstances, et n’importe où ; rien de nous empêche de prendre un court instant de recueillement pour faire remonter notre pensée, au fond de notre cœur, vers Jésus-Hostie, dans un acte d’adoration et d’action de grâces pour ce don immense.
Ainsi, pendant notre prière, en passant devant une église, un calvaire… ou, tout simplement, en faisant notre travail, un temps d’attente dans un magasin…

LE geste de l’adoration : la génuflexion

Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi en la Présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin, entre autres, en fléchissant les genoux, ou en nous inclinant profondément en signe d’adoration du Seigneur. (CEC 1378)

Si St Paul recommande « qu’au NOM de Jésus tout genou fléchisse, au Ciel, sur terre et dans les enfers » (Ph 2, 9), combien plus devons-nous nous prosterner devant la Personne très Adorable de Jésus, tout entière présente dans son Sacrement d’Amour.

Se prosterner, s’agenouiller : c’est LE geste de l’adoration. Un geste de Foi.

C’est par notre exemple, notre tenue, que nous apprendrons à nos tout-petits à adorer : se faire petits devant le Dieu Très-Haut. Ils n’y ont aucun mal : ils se savent petits : « L’exemple des parents a pour les enfants force de loi » (Mgr Chevrot).

Apprenons-leur tous ces gestes de révérence, à s’agenouiller, à savoir s’immobiliser quelques instants, à garder le silence, pour être « attentifs à Dieu ».

Mais ce geste extérieur n’aura de valeur que s’il est animé de l’intérieur, par cette foi en la Présence de Jésus « sous le voile de l’hostie », et par un profond recueillement : c’est « l’adoration intérieure », renoncement à soi, à ses propres pensées, pour être attentif à Jésus seul, s’anéantir devant Lui : se reconnaître « rien », et Lui, Tout.

Le silence…

Que toute chair fasse silence devant le Seigneur, car Il s’est élevé de sa sainte demeure. (Za 2, 17)

A propos du Nom de Dieu, déjà, l’Eglise nous recommande de

Le garder en mémoire dans un silence d’adoration aimante.
La déférence à l’égard de son Nom exprime celle qui est due au mystère de Dieu Lui-même et à toute la réalité sacrée qu’il évoque. Le sens du sacré relève de la vertu de religion. (CEC 2143-44)

A plus forte raison s’il s’agit de la Présence divine dans l’Eucharistie, nous sommes invités à

prendre conscience du sens de l’adoration silencieuse du Seigneur présent sous les espèces eucharistiques … (CEC 1379)

Ce que le CEC dit de l’oraison convient aussi très bien ici pour l’adoration :

L’oraison est silence, ce ‘symbole du monde qui vient’ (saint Isaac de Ninive) ou ‘silencieux amour’ (saint Jean de la Croix). Les paroles dans l’oraison ne sont pas des discours, mais des brindilles qui alimentent le feu de l’amour.

C’est dans le silence, insupportable à l’homme « extérieur » que le Père nous dit son Verbe incarné, souffrant, mort et ressuscité, et que l’Esprit filial nous fait participer à la prière de Jésus. (CEC 2717)

Que ce soit en recevant Jésus dans la Sainte Communion, ou lors d’un temps d’adoration silencieuse, nous aurons à cœur de « demeurer avec lui », dans le recueillement, l’adoration, l’action de grâces :

faire le silence en nous pour Le laisser prendre possession de nous, nous façonner, nous transformer à son gré. (qui n’est pas forcément le nôtre… )

Demandons-Lui de nous apprendre à nous soumettre en tout à la Volonté Divine.
Rien ne lui est plus agréable que notre docilité, notre confiance, notre abandon, notre soumission.

Faire silence devant le Seigneur…

Ne mettons pas obstacle à cette intimité divine par nos bavardages intérieurs… Rien de tel pour nous empêcher de L’entendre s’Il veut nous parler. Laissons-nous conduire par Lui.
Restons à l’écoute, en silence devant Lui, et même si nous nous sentons « secs » (ce qui arrive souvent !), offrons-Lui tout simplement notre pauvreté.

Se tenir en silence, attentif à Jésus-Hostie dans notre cœur, s’unir à Lui pour rendre gloire à Dieu, n’est-ce pas la plus belle des louanges ou des actions de grâces ?

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2, 20)

Les principales attitudes d’âme devant le Saint-Sacrement

• La louange, due à Dieu présent : Il nous a choisis pour être à la louange de sa gloire… (Ep 1, 12)

• l’action de grâces pour le don merveilleux de l’Eucharistie.

• La réparation, demandée si fréquemment par le Sacré-Cœur.

• La demande de grâces pour nous-mêmes et ceux qui nous sont chers.

• L’intercession pour les pécheurs, demandée par la Miséricorde divine. (notamment : la prière de l’Ange à Fatima et le message de sainte Faustine)