11 – LA FIN DE L’ANNÉE LITURGIQUE (formation)

Avec le mois de novembre, nous arrivons à la fin de l’année liturgique (qui, rappelons-le, commence fin novembre-début décembre avec la période de l’Avent).
Ces dernières semaines sont consacrées à nous faire réfléchir sur la fin des temps et à nous préparer à entrer dans le Royaume de Dieu.
Trois temps forts :
– la Toussaint, ou fête de tous les saints  (1er novembre)
– la prière pour les fidèles défunts   (2 novembre)
– la fête du Christ Roi, en qui tout se récapitule, dès maintenant et pour l’éternité (dernier dimanche de l’année liturgique)


L’année liturgique touche à sa fin

La première partie de cette année liturgique, rappelons-nous, nous a permis de suivre pas à pas les différentes étapes de la vie de Jésus sur la terre, depuis l’attente de sa venue (Avent), sa naissance et sa vie sur la terre, son baptême et sa retraite au désert (Carême), tout le temps de sa prédication, sa Passion, sa mort et enfin sa glorieuse Résurrection.
Cette première partie de l’année liturgique se termine avec l’Ascension au Ciel du Seigneur Jésus et la descente du Saint-Esprit sur les apôtres à la Pentecôte.

Après la Pentecôte et la fête de la Sainte Trinité, commence la deuxième partie de l’année : la période du « Temps Ordinaire », qui représente « le Temps de l’Église », née au jour de la Pentecôte. Ce temps symbolise la longue pérégrination de l’Église tout au long des siècles, EN ATTENDANT LE RETOUR EN GLOIRE du Christ Seigneur, à la fin des temps.

Méditer sur les mystères de la fin des temps : la perspective de la vie éternelle

Le CREDO, que nous chantons (ou récitons) le dimanche, se termine par cette affirmation :

Je crois à la communion des saints, à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

A travers ces fêtes liturgiques, l’Église nous rappelle ces mystères de la fin des temps, « les fins dernières ».

– La fête de la Toussaint, le 1er novembre, nous montre d’abord la grande perspective du Ciel, auquel nous sommes TOUS appelés ;

– puis l’Église, le 2 novembre, nous rappelle la réalité de la mort, par laquelle tous aussi nous devons passer, et elle nous invite à prier pour les âmes du Purgatoire : tous les défunts qui, avant de parvenir au bonheur sans fin des élus, sont encore retenus dans ce lieu de souffrance et d’espérance, pour y terminer la purification nécessaire avant de pouvoir contempler Dieu face à face.

La fête du Christ-Roi, le dernier dimanche de l’année liturgique (depuis la réforme du calendrier en 1970) qui affirme son Règne pour les siècles des siècles, non seulement sur chaque personne ou chaque élément de l’univers, mais aussi sur l’ensemble des sociétés et des nations, est comme la clé de voûte qui relie tout ce magnifique ensemble pour nous introduire dans la Maison du Père.

Avec les deux fêtes de la Toussaint et de la commémoration des défunts, l’Eglise remet devant nos yeux cette grande réalité : nous ne sommes pas sur cette terre pour y rester.

Elle nous rappelle que nous ne sommes ici-bas que des pèlerins et des voyageurs. (1 P 2, 11)

En conséquence, elle nous invite à réfléchir sur cette merveilleuse destinée qui nous est préparée au-delà de toute attente : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. (1 Co 2, 9)

Les deux dates des 1er et 2 novembre situent d’emblée les deux grands aspects de cette perspective :

– d’une part la joie du Ciel qui nous attend,

– d’autre part les conditions pour y parvenir : une entière purification de l’âme est nécessaire avant d’être admis en la présence de Dieu, dans cette vision béatifique, ce « face à face » qui nous comblera à tout jamais pour l’éternité.

Deux grands axes de réflexion, donc, à approfondir… à tout âge ! Car nul ne sait ni le jour ni l’heure… (Mt 25, 13) : c’est à tout moment qu’il faut se tenir prêt (Mt 24, 44) à se présenter devant Dieu.

L’Église nous invite avec instance à nous préparer à notre vie éternelle

Toutes les affirmations de foi contenues dans le Credo sont bien destinées à nous remettre en mémoire la vraie perspective, inéluctable, « incontournable », de toute existence humaine :

– nous ne sommes pas destinés à rester sur cette terre, nous sommes faits pour la vie du Ciel ;

– notre vie ici-bas aura un terme, elle se finira à un moment que nous ne connaissons pas ;

– la mort n’est qu’un « passage », pour accéder à une vie plus haute qui ne finira pas ;

– et cette vie sera fixée par la manière dont nous aurons vécu ici-bas.

C’est donc MAINTENANT que nous déterminons nous-mêmes ce que sera NOTRE ÉTERNITÉ,

– soit en répondant à la vocation de sainteté à laquelle Dieu nous invite,

– soit en la refusant, ou, tout simplement, en la négligeant.

C’est aujourd’hui, c’est chaque jour, que nous préparons notre éternité.
C’est maintenant que nous avons à nous y préparer.

Le Jugement final

Enfin, les derniers dimanches de l’année liturgique nous préparent à l’idée du Jugement final qui se réalisera lors du retour du Christ dans sa Gloire. (cf CEC 1038)

Lorsque l’Église nous fait évoquer, dans le CREDO, la perspective du retour du Christ à la fin des temps, « pour juger les vivants et les morts« , c’est bien pour nous faire réfléchir à ce Jugement de Dieu auquel personne ne pourra se soustraire.

Cette annonce du Jugement final est une vérité de foi. Elle est destinée à nous stimuler pour nous maintenir dans la vraie perspective, qui est de préparer dès ici-bas notre éternité.

C’est face au Christ qui est la Vérité que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu. Le Jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre.

Le Jugement dernier interviendra lors du retour glorieux du Christ. Le Père seul en connaît l’heure et le jour, Lui seul décide de son avènement. Par son Fils Jésus-Christ, Il prononcera alors sa parole définitive sur toute l’histoire… (CEC 1039-1040)

Raviver nos connaissances sur les fins dernières…

Ces grandes vérités relatives aux fins dernières sont parmi les points qui, notamment dans la catéchèse, ont été étrangement passés sous silence pendant de longues années. Notons par exemple :

– Le sens du péché et l’existence du démon ;

– la mort ; le ciel, l’enfer, le purgatoire ; le jugement particulier, le jugement général.

– L’entrée au ciel n’est pas « automatique », ni un « dû » : elle se mérite par une vie morale en conformité avec la loi divine, mais elle reste toujours soumise à la grâce de la persévérance finale. (cf. CEC 2016)

Ce silence est d’autant plus dommageable que ces vérités sont d’une importance capitale, puisqu’elles engagent non pas notre simple avenir temporel, mais toute notre éternité.
Ces vérités ne sont pas « d’un autre âge », le Catéchisme de l’Église Catholique nous les rappelle fermement : elles restent toujours actuelles, et le seront toujours !

Nos connaissances sur de tels sujets peuvent être approfondies par deux moyens également indispensables qui se rejoignent : la prière (méditation) et l’étude (lecture attentive et réflexion).

Car, avant de pouvoir orienter nos enfants dans la bonne direction, il est nécessaire que nous-mêmes ayons de ces vérités une connaissance claire et précise pour nous engager dans la bonne direction !

La perspective de nos fins dernières nous conduit inévitablement à aborder avec nos enfants le problème de la mort et de l’au-delà.

Faut-il en parler avec les plus jeunes ?  Et comment ?

De telles questions nous trouvent souvent embarrassés.
Il ne faut pourtant pas les éluder : elles sont fondamentales.