11 – LA FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ (formation)

Le dimanche qui suit la Pentecôte, l’Église fête et célèbre la Sainte Trinité,
un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, le Saint-Esprit.


Le dimanche qui suit la fête de la Pentecôte, l’Église nous invite à célébrer la Sainte Trinité. En une seule fête, elle récapitule le grand mystère qui nous fait reconnaître et adorer un seul Dieu en trois personnes, égales et distinctes :

Dieu le Père, auteur de la Création,
Dieu le Fils, auteur de notre Rédemption,
Dieu le Saint-Esprit, auteur de notre Sanctification.

Le MYSTÈRE de la SAINTE TRINITÉ, c’est la vérité fondamentale à laquelle tout se ramène dans le christianisme :

la Sainte Trinité de qui tout vient

« C’est de lui, et par lui, et en lui que sont toutes choses : à lui la gloire dans tous les siècles. Amen » (Rm 11, 36)

et à qui tous ceux qui sont baptisés en son nom doivent faire retour :

« Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé. » (Mt 28,19)

Quel est ce mystère, que nous affirmons chaque fois que nous récitons le « GLORIA » ou le « CREDO » ?

Trois personnes, un seul Dieu : c’est le mystère de la Sainte Trinité

Chacune des trois personnes de la Sainte Trinité est Dieu : le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Trois personnes, une seule nature : la nature divine.

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas trois dieux, mais UN SEUL ET MÊME DIEU, ayant une seule et même nature, une seule et même substance. (cf. Cc de Tolède 675 – CEC 245)
On dit pour cette raison qu’ils sont consubstantiels.

Les trois personnes divines sont égales en toutes choses car, étant un seul et même Dieu, elles ont toutes trois les mêmes perfections.

C’est Jésus qui nous a révélé ce mystère de la Trinité Sainte

L’Ancien Testament avait déjà connaissance du Dieu Créateur, Providence, et de l’Esprit Divin, et attendait le Messie, l’Envoyé de Dieu, mais le fait qu’il serait Dieu Lui-même restait encore voilé.

C’est Jésus, le Verbe fait chair, vivante image du Père, qui nous a fait connaître ce mystère de la Sainte Trinité, qui nous l’a révélé.

Il parle continuellement de son Père : Le Père m’a envoyé. (Jn 20, 21)
Il annonce : Je vous enverrai le Saint-Esprit. (Lc 24,49)
Mais il dit aussi : Le Père et moi, nous sommes UN. (Jn 10,30)

Au baptême de Jésus, les Trois Personnes se manifestent (Mt 3,17) :

le PÈRE fait entendre sa voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé.
Le FILS de Dieu, Jésus, est là sous les yeux de Jean-Baptiste.
Et L’ESPRIT-SAINT se fait voir sous les apparences d’une colombe.

Enfin, au jour de l’Ascension, avant de retourner auprès de son Père, Notre Seigneur dit à ses Apôtres :

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant
au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. (Mt 28, 18-20)

C’est sa vie intime que Dieu nous révèle

En nous disant que son unique nature divine est possédée par trois Personnes distinctes : le FILS la possède parce que le PERE la lui donne par un acte de connaissance qui procède de l’intelligence divine, et le SAINT-ESPRIT la possède parce que le Père et le Fils la lui communiquent par un acte d’amour qui procède de leur volonté.

Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Auparavant, ils répondent « Je crois » à la triple interrogation qui leur demande de confesser leur foi au Père, au Fils et à l’Esprit : « la foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité ».
(Saint Césaire d’Arles)

Les chrétiens sont baptisés « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit et non pas « aux noms » de ceux-ci, car il n’y a qu’UN SEUL Dieu : le Père Tout-Puissant et son Fils unique et l’Esprit-Saint : la Très Sainte Trinité. (CEC 232-233)

Nous sommes appelés à entrer dans ce mystère pour partager la Vie Trinitaire

« Béni soit Dieu le Père, et le Fils unique de Dieu, ainsi que le Saint-Esprit ; car Il nous a traités avec amour ». (antienne d’ouverture pour la fête de la Sainte Trinité)

La Bonté divine et sa Miséricorde éclatent en ce que nous sommes appelés à partager ce bonheur qui est propre à Dieu, en Le connaissant comme il se connaît, et en L’aimant comme Il s’aime.

La fin ultime de toute l’économie divine, c’est l’entrée des créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse Trinité. Mais dès maintenant nous sommes appelés à être habités par la Très Sainte Trinité : Si quelqu’un M’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. (Jn 14, 23) (CEC 260)

Par la grâce du Baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », nous sommes appelés à partager la vie de la Bienheureuse Trinité, ici-bas dans l’obscurité de la foi et, au-delà de la mort, dans la lumière éternelle. (Profession de Foi de Paul VI). (CEC 265)

Et comment pourrons-nous entrer dans ce mystère, si ce n’est par la contemplation, dans une prière d’adoration, d’action de grâces, de désir, d’amour ? Et en conformant toute notre vie à ce que Dieu attend de nous : la ressemblance à son Fils unique.

La Sainte Trinité, mystère central de notre foi

La foi en la Sainte Trinité, spécificité de la religion chrétienne

Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi, la lumière qui les illumine. Ce mystère est l’enseignement le plus fondamental et essentiel dans la hiérarchie des vérités de foi. Toute l’histoire du salut n’est autre que l’histoire de la voie et des moyens par lesquels le Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit, se révèle, se réconcilie et s’unit les hommes qui se détournent du péché.
(CEC 234)

La formation du dogme trinitaire

La vérité révélée de la Sainte Trinité a été dès les origines à la racine de la foi vivante de l’Église, principalement au moyen du Baptême. Elle trouve son expression dans la règle de la foi baptismale, formulée dans la prédication, la catéchèse et la prière de l’Église. De telles formulations se trouvent déjà dans les écrits apostoliques, comme en témoigne cette salutation : La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous ! (2 Co 13, 13) (CEC 249)

… Pour approfondir notre intelligence de la foi et la défendre contre des erreurs

Au cours des premiers siècles, l’Église a cherché à formuler plus explicitement sa foi trinitaire, tant pour approfondir sa propre intelligence de la foi que pour la défendre contre des erreurs qui la déformaient. Ce fut l’œuvre des Conciles anciens, aidée par le travail théologique des Pères de l’Eglise et soutenus par le sens de la foi du peuple chrétien. (CEC 250)

Le mystère fondamental de toute la Révélation chrétienne est la doctrine de la Sainte Trinité : un Dieu unique et indivisible en trois Personnes distinctes. Chacune de ces Personnes est pleinement Dieu et aucune d’elles n’est identique aux deux autres. C’est un pur mystère que nous ne connaissons que par la Révélation de Jésus-Christ.
Il nous le révèle implicitement : – en déclarant qu’Il est Dieu, – en parlant du Père comme d’une Personne distincte de Lui-même, mais également divine, – en parlant du Saint-Esprit comme d’une Personne distincte des deux autres, mais également divine.
Et Il nous le révèle explicitement lorsqu’Il envoie ses apôtres pour enseigner et baptiser « au nom (Il ne dit pas « aux noms ») du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».
Il n’y a qu’un seul Dieu, mais il y a trois Personnes distinctes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
(Mgr GILBEY Ce que nous croyons. Ed D.M.M)

Notre attitude devant le mystère

« Sans aide, nous ne pouvons rien savoir de la Sainte Trinité et nous adhérons à cette vérité sur la seule parole de Jésus-Christ car elle suffit. Mais – et ceci est vrai de tous les mystères de la foi – nous pouvons méditer cette vérité et saisir quelque chose de sa profondeur, de sa richesse et de sa cohérence interne. » (Mgr GILBEY Ce que nous croyons. Ed D.M.M)

Nous ne pouvons comprendre le mystère par notre seule raison, c’est une réalité qui la dépasse. Tant que nous sommes ici-bas, c’est par la Foi que Dieu nous demande de Le connaître, c’est-à-dire accepter le mystère, accepter de ne pas tout comprendre.
C’est par la prière, l’adoration du mystère, la contemplation de l’amour de Dieu, que peut nous être donné de percevoir, d’entrevoir, quelque petit rayon de la lumière divine : toute entière, elle nous éblouirait et notre pauvre nature humaine ne pourrait en supporter l’éclat.

Une anecdote : On raconte que saint Augustin, évêque d’Hippone, en Afrique du Nord, se promenait un jour au bord de la mer, absorbé par une profonde réflexion : il cherchait à comprendre le mystère de la Sainte Trinité.
Il aperçoit tout à coup un jeune enfant fort occupé, allant et venant sans cesse du rivage à la mer : cet enfant avait creusé dans le sable un petit bassin et allait chercher de l’eau avec un coquillage pour la verser dans son trou. Le manège de cet enfant intrigue l’évêque qui lui demande :

– Que fais-tu là ?
– Je veux mettre toute l’eau de la mer dans mon trou.
– Mais, mon petit, ce n’est pas possible ! reprend Augustin. La mer est si grande, et ton bassin est si petit !
– C’est vrai, dit l’enfant. Mais j’aurai pourtant mis toute l’eau de la mer dans mon trou avant que vous n’ayez compris le mystère de la Sainte Trinité.

Sur ces paroles, l’enfant disparaît. Augustin réalise alors que c’est un ange qui a pris cette forme pour lui faire comprendre qu’il y a des mystères, c’est-à-dire des vérités divines, que l’esprit limité de l’homme ne pourra jamais arriver à comprendre dans leur totalité.

Le signe de Croix, résumé du mystère de la Sainte Trinité

« AU NOM DU PÈRE, ET DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT » : ce simple geste que nous faisons si souvent, le signe de Croix, est le signe qui nous enseigne cette vérité fondamentale de la Sainte Trinité : nous y trouvons l’UNITÉ (Au nom : singulier) et la TRINITÉ. (les trois Personnes sont nommées)

Le signe de Croix est le signe de notre baptême qui nous introduit au sein de la Trinité et nous marque comme enfants de Dieu. C’est le signe particulier du chrétien.

Les prières de l’Église se terminent par l’invocation de la Sainte Trinité, en proclamant son éternité. Par exemple, à la fin des psaumes :

Gloire soit au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours, dans tous les siècles des siècles.

Autre exemple, à la fin des oraisons :

Nous Te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur,
Lui qui vit et règne avec Toi dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

Que cette fête de la Sainte Trinité nous soit une occasion, pour nous et nos enfants, de reprendre conscience du sens et du prix de notre signe de Croix, et de toujours bien dire la doxologie GLOIRE AU PÈRE…
N’est-ce pas précisément le but de notre vie ici-bas : RENDRE GLOIRE A DIEU ?