21 – DAVID ET ISAÏE PROPHÉTISENT LA PASSION (spiritualité)

Deux prophéties décrivent avec une précision étonnante les souffrances du Christ Sauveur.
Nous les retrouvons dans la liturgie au cours de la Semaine Sainte.


Pour accompagner Jésus, notre Sauveur, pendant sa Passion, une seule attitude convient : la contemplation en silence du Christ en Croix.

Restons aux côtés de Notre-Dame des Douleurs et de saint Jean, en méditant ces grands textes inspirés : ils seront pour notre prière le meilleur support pour nous unir à la Passion.
Nous pouvons également lire ces textes, à la prière du soir avec nos enfants, même petits ( 5-6 ans) : lentement, presqu’à voix basse. Il n’y a pas d’âge, pour les âmes simples, pour comprendre la Parole divine. Ce qui compte, c’est de l’écouter avec son cœur.

David : le Psaume 21

Mille ans avant l’évènement, nous trouvons dans le psaume 21 la description la plus circonstanciée
et la plus saisissante de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Sauveur.
(Nous ne reproduisons ici que les passages les plus “parlants” qui décrivent la Passion)

Ce psaume commence par le cri de détresse qui sera repris par le Christ sur la Croix :

2 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.
7 Et moi, ver, et non pas homme, honte du genre humain, rebut du peuple,
8 Tous ceux qui me voient se moquent de moi : leur bouche ricane, ils hochent la tête, en disant :
9 « il s’est confié au Seigneur, qu’il le sauve ! Qu’il le libère, puisqu’il l’aime ! »
15 Je suis comme l’eau qui s’écoule, et tous mes os sont disjoints, mon cœur est comme la cire, il se fond dans mes entrailles.
16 Ma force s’est desséchée comme un tesson d’argile, et ma langue s’attache à mon palais.
17 Ils ont percé mes mains et mes pieds,
18 on pourrait compter tous mes os. Eux, ils m’observent, me surveillent :
19 ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique….

Isaïe

Il était sans beauté ni éclat, nous l’avons vu, et sans aimable apparence,
méprisé, le dernier des hommes, un homme de douleurs,
habitué à souffrir, comme ceux devant qui on se voile la face.
Objet de mépris, et nous l’avons compté pour rien.
Mais c’était nos maladies qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé ;
et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié.
Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ;
le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui,
et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie ;
Le Seigneur a placé sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été offert parce que lui-même l’a voulu.
Il n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie,
et comme la brebis devant ceux qui la tondent, il n’ouvre point la bouche. (Is 53, 3-7)

Et moi, je n’ai pas résisté, je n’ai pas reculé en arrière :
j’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient,
les joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ;
je n’ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats. (Is 50, 5-6)
Nous reconnaissons sans peine, dans ces deux textes, une grande partie de ce que les Évangiles nous disent de la Passion : « Les souffrances du Christ sont ici racontées aussi clairement que dans l’Évangile » dit saint Augustin à propos du Psaume 21.

Pour nous sauver, Jésus non seulement a pris notre condition humaine, mais il a “revêtu” notre péché (cf Isaïe) : tous les péchés de tous les hommes de tous les temps : c’est cet état qui lui donne cet intolérable sentiment de séparation d’avec son Père.

D’où ce cri déchirant du verset 2 du psaume 21 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ?

Il faut aussi bien réaliser que, pendant sa Passion, Jésus cache sa divinité pour mieux souffrir. Plus encore, il fait pour lui des “miracles à l’envers” : c’est-à-dire qu’il se maintient en vie pour souffrir plus et plus longtemps.

Que cette contemplation de l’Homme des Douleurs nous fasse prendre conscience de la gravité de tout péché, les nôtres en particulier, qui ont mis dans un tel état “le plus beau des enfants des hommes”.

Qu’elle éveille en nous la contrition, la compassion, et nous fasse prendre la résolution de changer de comportement.
Enfin, unissons nos souffrances à celles que Jésus dans son amour a supportées pour la conversion de tous les pécheurs.

L’annonce de la Résurrection

La liturgie des jours saints ne s’arrête pas à la mort du Rédempteur.
L’Église ne sépare jamais l’inséparable « binôme » : Mort et Résurrection, c’est le mystère pascal.

Déjà à la fin du psaume 21, après avoir décrit les souffrances du Messie, le prophète annonce sa Résurrection :

21 Délivre, Seigneur, mon âme de l’épée, ma vie du pouvoir du chien…
23 Alors j’annoncerai ton Nom à mes frères, au milieu de l’assemblée…
27 Les pauvres mangeront et seront rassasiés. Ceux qui cherchent le Seigneur chanteront ses louanges, leur âme vivra éternellement.
28 La terre entière se souviendra et reviendra au Seigneur, toutes les familles des nations se prosterneront devant Lui…
30 Et mon âme vivra pour Lui, ma race Le servira.