14 – COMMENT NOUS UNIR À LA PASSION DE JÉSUS (formation)

Le Carême se termine par le drame de la Passion :
ce grand mystère de la Rédemption où se réalise notre salut par la passion et la mort de Jésus, unique Sauveur du monde.

L’Église nous invite alors à partager les sentiments de Jésus pendant sa Passion,
en contemplant toutes les souffrances qu’Il a subies pour nous.


Ce grand mystère doit nous faire comprendre que notre purification doit aller jusqu’au plus complet détachement de nous-mêmes, l’abandon total de notre volonté et de tout notre être dans les mains du Père :

– nous dépouiller du vieil homme, pour être trouvés dignes, dans la nuit de Pâques,

– de revêtir l’homme nouveau (Ep 4, 24), purifié, restauré dans sa dignité première d’enfant de Dieu, dans une parfaite conformité et ressemblance avec le Fils unique du Père.

Nous ne faisons en cela que suivre l’exemple de Jésus : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. (Mc 8, 34)

Comment vivre ce temps de la Passion ?

Comment nous unir au Christ souffrant, notre Sauveur ?

Le premier moyen c’est d’intensifier notre prière.

Ce n’est que dans le silence intérieur et l’oraison qu’il nous sera donné, par grâce, de mieux comprendre à quel point Il nous a aimés : jusqu’à mourir pour nous, pour réparer à notre place l’offense que nos fautes ont faite à Dieu.

Le deuxième grand moyen découlera, comme tout naturellement, de notre contemplation :
comment Lui rendre amour pour Amour ?

Ce que le Père attend de nous, c’est de nous voir nous identifier à son Fils dans tout notre comportement, dans notre vie quotidienne…
Cela passe, nécessairement, par la réforme de nos défauts : le dépouillement du vieil homme.

Le sens de la souffrance

Il ne faut pas s’arrêter en face de la Croix et la regarder en elle-même.
Mais, se recueillant sous les clartés de la foi, il faut monter plus haut et penser qu’elle est l’instrument qui obéit à l’Amour divin. Le sacrifice est un sacrement qui nous donne le bon Dieu.
(Bse Elisabeth de la Trinité Pensées II. Pour son amour j’ai tout perdu. Le Cerf)

Jeter tous nos péchés dans le cœur de Dieu

L’âme la plus faible, même la plus coupable, est celle qui a le plus lieu d’espérer ;
et cet acte qu’elle fait pour s’oublier elle-même et se jeter dans les bras de Dieu Le glorifie et Lui donne plus de joie que tous les retours sur elle-même et tous les examens qui la font vivre avec ses infirmités, tandis qu’elle possède au centre d’elle-même un Sauveur qui veut à toute minute la purifier.
(Bse Elisabeth de la Trinité. Pensées II. Pour son amour j’ai tout perdu. Le Cerf)

Méditer sur le silence de Jésus pendant sa Passion…

Jésus s’est trouvé, à sa Passion, dans toutes les circonstances où il est le plus difficile de se taire…
Il avait les plus beaux prétextes du monde : la gloire de son Père à procurer, sa doctrine à soutenir, le scandale à éviter ; Il va perdre tout le fruit de ses travaux ; les prêtres Lui commandent, Pilate L’interroge : Jésus se taisait. Il n’aurait pas péché, Il aurait fait des réponses fort édifiantes ; mais son silence est quelque chose de bien précieux.

Les âmes imparfaites croient que, pourvu qu’on ne s’emporte point, on peut conter ses maux à toute la terre : semblable en cela à un homme qui a trouvé une bourse pleine d’or et qui va semant cet or en son chemin. Si elles ne les publient pas, du moins il leur faut quelques amis, quelques confidents ;
une âme sainte, au contraire, veut que tout se passe entre elle et son Epoux…

S’il faut se plaindre, plaignons-nous à Jésus crucifié.
Mais, en votre présence, mon Sauveur, de quoi aurai-je à me plaindre ?…
Je viendrai toutefois pour comparer mes maux aux vôtres, ma patience à la vôtre.
Je viendrai pour me plaindre à Vous, non pas de mes maux, ni de mes ennemis, mais de moi-même et de mon impatience.
Je viendrai prendre des forces et m’encourager au silence, et à souffrir comme Vous avez souffert.
(Saint Claude de la Colombière)

Suivre le chemin de croix… avec Marie

La quatrième station est « Marie qui a tout accepté ».
Voici au coin de la rue qui attend le Trésor de toute pauvreté. Ses yeux n’ont point de pleurs, sa bouche n’a point de salive. Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus qui arrive. Elle accepte.

Elle accepte encore une fois. Le cri est sévèrement réprimé dans le cœur fort et strict. Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus-Christ.
La mère regarde son fils, l’Église (regarde) son Rédempteur.
Son âme violemment va vers lui comme le cri du soldat qui meurt !

Elle se tient debout devant Dieu et Lui offre son âme à lire.
Il n’y a rien dans ce cœur qui refuse ou qui retire.
Pas une fibre en son cœur transpercé qui n’accepte et ne consente.
Et comme Dieu Lui-même qui est là, elle est présente.
Elle accepte et regarde ce fils qu’elle a conçu dans son sein.
Elle ne dit pas un mot et regarde le Saint des saints.
(Paul Claudel)