34 – AVEC NOS ENFANTS, L’APRÈS NOËL… (conseils pratiques)


Les enfants se sont bien appliqués, durant tout le temps de l’Avent, à préparer leur cœur pour accueillir Jésus qui vient à Noël, et désire surtout venir habiter dans nos cœurs.

Cette longue « montée » ne doit pas, maintenant, être suivie d’une « retombée ».

L’ambiance joyeuse des fêtes de fins d’année risque en effet d’amener un peu de relâchement dans l’effort entrepris : maintenant, Noël est arrivé… on peut se reposer. Certes, après un effort physique, le repos est nécessaire ; mais dans le domaine spirituel, celui qui n’avance pas recule.

Il faut donc soutenir l’intérêt de l’enfant.

Les récits de la vie de Jésus enfant

Voir vivre Jésus à leur âge, c’est vraiment le thème facile entre tous, qui non seulement « accroche » toujours l’intérêt des enfants, mais leur sera d’un puissant secours pour les aider à imiter leur modèle.

Les différents épisodes que nous pourrons raconter aux enfants nous fournissent très opportunément l’occasion de prolonger et entretenir l’effort commencé.

On les trouve, très bien relatés, et parfaitement adaptés pour des enfants de 4 à 6 ans dans :

La Miche de Pain (1ère année) qui, après de longues années où elles était devenue introuvable, a été fort heureusement rééditée aux éditions ELOR.

– « Jésus est Dieu – le Pain des petits » (TEQUI)

Pour faire connaître Jésus à nos petits, on ne peut souhaiter trouver un meilleur guide ni une meilleure pédagogie que ces livres. C’est un enseignement par l’image : une illustration sur chaque page de droite, accompagnée d’un commentaire sur la page de gauche.

On y trouvera successivement la naissance de l’enfant Jésus à la crèche, l’adoration des bergers, puis celle des mages, suivies d’une application pratique et personnelle pour l’enfant : la règle de la charité fraternelle. Ce que nous faisons pour les autres, c’est comme si nous le faisions à Jésus.

Les bergers et les Mages ont apporté des cadeaux à l’Enfant-Jésus. Et moi ? que vais-je Lui offrir ?
Ce que Jésus désire, c’est que nous Lui offrions notre cœur : pour Lui montrer que nous L’aimons, Il nous demande d’aimer les autres.

Sur cette base, les deux livres indiqués donnent l’exemple de deux enfants qui, pour imiter les bergers et offrir quelque chose à Jésus, mettent tout leur cœur à être attentifs aux autres et leur faire plaisir.

C’est l’application pratique qui nous est demandée en ce temps de Noël, temps des cadeaux : apprendre à partager : ce n’est pas parce que c’était dans « mon » soulier que c’est pour « moi tout seul »…

L’imitation de Jésus

Avec le retour de la Sainte Famille à Nazareth, c’est l’imitation de Jésus qui nous est proposée : nous suivons la vie de Jésus enfant, modèle entre tous pour nos enfants !
Vie de prière, d’obéissance et de travail :

Comme Jésus, tout faire sous le regard de Dieu et pour Lui plaire

Jésus faisait tout en pensant à Dieu son Père, sous son regard, pour Lui plaire.
A notre tour, grands et petits, il ne nous est pas demandé autre chose que de tout faire sous le regard de Dieu et pour Lui plaire : c’est le secret des cœurs purs.

La prière de l’Enfant Jésus

Qu’il soit tout seul dans sa chambre à son réveil, avec ses parents, ou lorsqu’il est allé au Temple de Jérusalem, la prière de Jésus reste toujours pour nous un exemple.

L’obéissance

« Et il leur était soumis … » (Lc 2, 51)

Jésus aide saint Joseph dans son atelier, met le couvert, joue avec ses petits camarades, va chercher l’eau à la fontaine pour sa maman ; et le soir, une fois la journée finie, il écoute sa maman lui parler du Bon Dieu.

Autant de points qui peuvent avoir une résonance, une application directe dans la vie de nos enfants.

Mettre de l’amour dans tout ce que nous faisons

Ce que nous pouvons offrir à Jésus, c’est de tout faire par amour pour Lui : mettre de l’amour dans tout ce que nous faisons, dans nos gestes, nos regards, nos paroles …
Comme une vitre transparente laisse passer la lumière, ainsi l’amour de Jésus rayonnera à travers nous, pour faire du bien aux autres et les rendre heureux.

Mettre le couvert, faire son travail de classe, jouer à la récréation,
supporter un mal de tête, ou une taquinerie du grand frère…

Mais la spiritualité de ce temps de Noël ne s’arrêtera pas là pour nos enfants.

Visite à la crèche et adoration de Jésus au Tabernacle.

Lorsque nous les emmenons à l’église, les petits aiment beaucoup aller voir la crèche.
Mais notre visite commencera toujours en allant d’abord devant le Tabernacle.
C’est là qu’est le « vrai » Jésus.

Les tout-petits (2-3 ans) sont trop petits pour quelque explication : à cet âge, il nous suffira, avant d’aller devant la crèche, de passer avec eux quelques instants d’adoration devant le Saint-Sacrement.

« Le tabernacle.
Quelqu’un demeure dans l’église : Jésus est là.
Moins nous donnerons d’explications sur cette présence mystérieuse, mieux cela vaudra.
La meilleure des explications (qui n’en est pas une !), c’est notre attitude de foi, d’adoration.
Notre génuflexion, si elle est faite gravement, c’est le signe de la présence de Jésus.

Quand nous attirons l’attention du petit enfant vers le sanctuaire, donnons d’emblée leurs noms aux objets sacrés. Parlons du « tabernacle » (« petite armoire » ou « petite maison » évoque une idée toute profane).

« Tabernacle » est réservé à la demeure de Jésus-Hostie : c’est là un mot sacré qui introduit dans ce « mystère de foi ».
Le tabernacle est un des signes de Dieu présent : ainsi en était-il déjà sous l’Ancienne Loi. Dans le désert, le Tabernacle – ou Tente de l’Alliance – était le signe de la présence de Dieu parmi son peuple.
Aujourd’hui, le tabernacle de nos églises est un des signes de la Nouvelle Alliance, de l’Incarnation : Jésus est venu habiter parmi nous. Depuis son Ascension, c’est là qu’Il veut continuer de demeurer avec Son Corps (bien que sous une autre forme).

La lampe qui brûle près du tabernacle nous dit que Jésus est là. Puisque Jésus est là, on Lui parle, et on le fait dans la foi, car nos yeux ne voient rien de sensible.
Et même le jour où ils rencontreront la Sainte Hostie, nos yeux ne verront qu’un morceau de pain. Et pourtant nous affirmerons : « la Sainte Hostie, c’est Jésus ».

Les mots à prononcer :
Les mots que nous dirons seront peu nombreux, sobres, faisant image aussi peu que possible. On évitera les expressions telles que « Jésus est caché dans le tabernacle » ; ou encore : « Jésus est dans l’hostie ».
Jésus n’est pas « caché » au sens où nous l’entendons couramment et qui évoque souvent chez l’enfant l’idée d’un jeu.
Jésus n’est pas « dans » l’hostie, comme s’il était question d’un contenant et d’un contenu.
Ces expressions défectueuses risquent de provoquer chez le petit enfant une représentation faussement matérielle de la présence de Jésus-Hostie.
Par contre, on peut localiser la présence de Jésus-Hostie et dire : « Jésus-Hostie est dans le tabernacle ».
(J-M DINGEON. Père et Mère à l’image de Dieu. Ed. Le grain de sénevé. 1960)

Devant le tabernacle, nous dirons très doucement, lentement, sur un ton qui invite au recueillement : « Jésus est là, vraiment vivant, Il me voit, Il m’aime« . Et nous resterons un petit moment en silence.

Prière

Ô bon Jésus, je crois que Vous êtes ici présent.
Je crois que Vous êtes le Fils de Dieu,
je Vous aime de tout mon cœur.

A partir de 6 ans :

Je T’aime, Seigneur, Tu es ma force. (Ps 17, 2)

Ensuite, après un « beau salut » à Jésus pour exprimer notre adoration : une génuflexion, ou une profonde inclination. N’oublions pas la nécessaire participation du corps, surtout pour les plus petits.
nous nous dirigerons vers la crèche.
Là, nous penserons que Jésus a été couché sur la paille, et nous lui offrirons nos petits sacrifices.

« Du bois de la crèche au bois de la Croix » :
le sens du sacrifice

L’Incarnation précède et prépare la Rédemption

Même pendant le temps de Noël, il y a dans notre vie une part de sacrifices à accepter.

Là encore la Sainte Famille est notre modèle, à travers toutes les tribulations qu’elle a eues à vivre.

Le petit Jésus * était-il bien sur la paille ? Avait-il une bonne couverture ? Un bon feu ?
– Non, le petit Jésus a eu bien froid, et la Sainte Vierge n’avait rien pour le réchauffer.
Mais puisqu’il vient pour nous sauver, le petit Jésus voulait déjà faire pénitence pour nous.

Rappelez-vous, nous en avons parlé avant Noël : qu’est-ce que c’est, faire pénitence ?
C’est regretter ce qu’on a fait de mal, en demander pardon, et le réparer.

Bien sûr, Jésus n’a jamais rien fait de mal.
Mais il a voulu réparer pour nous, à notre place, nous qui réparons si peu, si mal … ou pas du tout. Déjà tout petit, sur la paille de la crèche, Jésus a voulu accepter les ennuis, les souffrances, tout ce qui ne va pas, pour réparer tout le mal qui se fait dans le monde.

En venant sur la terre, Jésus voulait être tout pareil à nous ; et dans notre vie, de temps en temps nous avons du plaisir, de la joie, et de temps en temps de la souffrance. Alors Il a voulu souffrir :
Il a voulu avoir comme nous de la joie et de la souffrance.

Le récit de la fuite en Egypte sera l’occasion de mettre en valeur la parfaite obéissance de saint Joseph, la patience de la Sainte Vierge, et toujours leur soumission à Dieu dans toutes les difficultés qu’ils ont dû affronter.

* Une remarque sur l’expression « le petit Jésus  » :

cette expression, si on tient à l’employer, doit être strictement réservée au temps de Noël, où elle convient parfaitement. Mais on peut aussi dire l’Enfant Jésus.
Jésus n’est pas resté « petit » toute sa vie : cette formule, si on la prolonge trop longtemps, risque de donner à l’enfant une fausse idée de la Personne très sacrée de Notre Seigneur.
L’enfant aime tout ce qui est solennel : n’hésitons pas à employer les formes plus révérencieuses de la liturgie : le Seigneur Jésus, ou Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Maintenant, Jésus nous demande de faire comme lui…

…mais nous ne pouvons pas y arriver tout seuls :

c’est Lui qui nous apprend à être patients et faire des sacrifices,
à accepter aussi bien les souffrances que les joies, parce que c’est cela que Dieu permet.
Il nous apprend à dire : « Mon Dieu, comme Tu veux ».

Et c’est comme cela que nous mériterons d’aller au ciel plus tard.