AND/05 – NOTRE-DAME DE LA RUE DU BAC (dessin et récit)

PARIS (RUE DU BAC) – EN 1830

LA SAINTE VIERGE VOUS ATTEND !

Le 2 mai 1806, une petite Catherine vient au monde dans une famille d’agriculteurs de Bourgogne, les Labouré. Il y a déjà huit enfants, Marie-Louise et sept garçons. Après Catherine, il y aura encore Tonine et un petit frère. Onze enfants. C’est une famille chrétienne : Dieu a la première place.
Tous les soirs, on dit la prière en famille. Catherine saura ses prières bien avant de savoir lire.
La maman de Catherine va mourir à 42 ans. Deux ans après, Marie-Louise, la sœur aînée, entre chez les sœurs de la Charité (les sœurs de saint Vincent de Paul).
« Tonine et moi, affirme-t-elle au père, nous pouvons très bien faire marcher la maison ».
Et à 12 ans, Catherine se retrouve maîtresse de maison. Dans une grande ferme. Beaucoup de travail.
Catherine est très fidèle à son devoir d’état et fait vraiment très bien « tourner la maison ».
Mais en même temps, elle va à la messe tous les matins à pied à trois kilomètres. Et elle fait des sacrifices en se privant d’une partie de sa nourriture.
Elle ne veut pas se marier. Comme Marie-Louise, elle aussi veut entrer chez les Sœurs. Son père s’y oppose : « Tu ne partiras pas »!
Tout finira pourtant par s’arranger : le 21 avril 1830, elle franchit la grande porte du 140 de la rue du Bac : la maison mère des sœurs de la Charité.

Trois mois après…

Laissons Catherine nous raconter ce qui s’est passé dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830 :
« A 11 heures et demie du soir, je m’entendis appeler par mon nom : « Ma sœur, ma sœur ! » M’éveillant, j’ai regardé du côté où j’entendais la voix… je tire le rideau. Je vois un enfant habillé de blanc, âgé d’à peu près 4 ou 5 ans. Il me dit : « Levez-vous en diligence (bien vite) et venez à la chapelle, la Sainte Vierge vous attend ! »
Je l’ai suivi : il portait des rayons de clarté partout où il passait. Les lumières étaient allumées partout où nous passions : ce qui m’étonnait beaucoup. Mais j’ai été bien plus surprise lorsque je suis entrée à la chapelle… la porte s’est ouverte, à peine l’enfant l’avait touchée du doigt…
Je ne voyais pas la Sainte Vierge. L’enfant me conduisit dans le sanctuaire, à côté du fauteuil de monsieur le Directeur. Et là, je me suis mise à genoux, et l’enfant est resté debout tout le temps. Je trouvais le temps long… Enfin, l’heure est arrivée, l’enfant me prévient. Il me dit : »Voici la Sainte Vierge. La voici ! »
J’entends comme un bruit… comme le frou-frou d’une robe de soie. Une dame très belle s’assoit dans le fauteuil de monsieur le Directeur. Je doutais si c’était la Sainte Vierge…
Cependant, l’enfant qui était là me dit, non plus comme un enfant mais comme un homme, un homme fort : « Voici la Sainte Vierge »…
Alors, regardant la Sainte Vierge, je n’ai fait qu’un saut auprès d’elle, à genoux, sur les marches de l’autel, les mains appuyées sur les genoux de la sainte Vierge. Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’ai éprouvé.
Elle me dit comment je devais me conduire envers mon directeur et… la manière de me conduire dans mes peines. « Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine… Vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas. Dites tout avec confiance et simplicité. Ayez confiance ».
Puis la Sainte Vierge devient très triste et dit :
« Les temps seront mauvais… (elle annonce les événements très malheureux qui vont arriver en France avec la révolution des 27, 28 et 29 juillet). La Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage.
Marie dit encore : « Venez au pied de cet autel. Là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, grands et petits ».

La Sainte Vierge revient (27 novembre 1830)

Écoutons Catherine nous raconter cette deuxième apparition :
« J’ai aperçu la Sainte Vierge. Elle était debout, habillée de blanc, une taille moyenne, la figure si belle qu’il me serait impossible de dire sa beauté. Elle avait une robe de soie blanche aurore. La Sainte Vierge tient dans ses mains un globe doré surmonté d’une petite croix ; le tenant d’une manière aisée, elle l’offre à Dieu… Puis j’entendis : « ce globe représente le monde entier, particulièrement la France… et chaque personne en particulier ».
Tout-à-coup, les doigts de la Sainte Vierge qui tenaient le globe se couvrent d’anneaux avec des pierreries. Il sortait de ces pierreries, comme par faisceaux, des rayons d’un éclat ravissant. Au même instant, une voix me dit : « Ces rayons sont le symbole des grâces que la Sainte Vierge obtient aux personnes qui les lui demandent. » Enfin, certaines pierreries sont « sans rayons ». Elles sont le symbole des grâces qu’on oublie de lui demander.

Puis un cercle en forme de médaille se forme autour de l’apparition et le message de Marie se résume sur cette médaille. Autour de ce tableau, je lus, en lettres d’or, l’invocation suivante :
O MARIE, CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS À VOUS.
Quelques moments après, ce tableau se retourne et sur le revers, je distingue la lettre M surmontée d’une petite croix et, au bas, les Saints Cœurs de Jésus et de Marie .
Puis une voix me dit : « Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les grâces seront abondantes pour toutes les personnes qui la porteront avec confiance. »»

Dernière apparition en décembre 1830

Notre-Dame revient voir Catherine une troisième fois. Les rayons qui rejaillissent de ses mains remplissaient tout le bas de sa robe de manière qu’on ne voyait plus les pieds de la sainte Vierge : « ces rayons sont le symbole des grâces que la Sainte Vierge obtient aux personnes qui les lui demandent ».
Sœur Catherine ne parle de tout cela qu’à son directeur spirituel. Jamais elle ne dira rien à personne d’autre jusqu’à la fin de sa vie. C’est la « sainte du silence ».
Sa formation s’achève, elle prend l’habit de religieuse le 30 janvier 1831.

46 ans de dévouement caché

Elle va passer ensuite tout le reste de sa vie (de 1831 à 1876) à s’occuper de personnes âgées, avec un dévouement inlassable dans le 12° arrondissement de Paris, entre la rue de Picpus et la rue de Reuilly.
C’est la « sainte du devoir d’état ». Aucun travail ne fait peur à sainte Catherine. Les vieillards sont sa priorité. Elle s’occupe aussi pendant longtemps de la ferme, des vaches et des pigeons. Elle y fait merveille car elle retrouve là toute l’expérience de son enfance.
Elle parle peu et reste toujours très recueillie.
«Lorsque je vais à la chapelle, je me mets devant le Bon Dieu et je lui dis : « Seigneur, me voici, donnez-moi ce que vous voulez ». S’il me donne quelque chose, je suis bien contente et je le remercie. S’il ne me donne rien, je le remercie encore, parce que je n’en mérite pas davantage. Et puis, je lui dis encore tout ce qui me vient à l’esprit ; je lui raconte mes peines, mes joies… et J’ÉCOUTE ! »
Sa mort, le 31 décembre 1876, permettra qu’elle devienne connue. Ce sera un véritable triomphe…

Quatre questions

En repensant à cette belle histoire de sainte Catherine, nous pouvons nous poser quatre questions :

1/ La sainteté – vivre uniquement par Dieu et pour Dieu – ce n’est pas une affaire d’apparitions, de visions et de grands états d’âmes sentimentaux. C’est une affaire d’humilité, de silence et de fidélité dans les petites choses. Ne cherchons pas ailleurs ce que nous avons sous la main !
Est-ce que nous y pensons ?

2/ La Sainte Vierge ne demande qu’à nous aider à devenir des saints. Dispensatrice du trésor des grâces de Dieu, elle n’attend qu’une chose, c’est que nous allions les lui demander avec confiance. Elle en donne beaucoup (les rayons…). Mais il y a aussi toutes les pierreries sans rayons : ces grâces qu’on oublie de demander.
Est-ce que nous les demandons ?

3/ La MÉDAILLE que la Sainte Vierge a demandé de frapper s’est répandue (sans que Catherine y soit pour rien) à une vitesse extraordinaire dans le monde entier. « Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces ; les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiance. »
Rien de plus facile que de porter cette médaille et de la distribuer autour de nous.
Est-ce que nous la portons ?

4/ La Sainte Vierge est apparue trois fois à la chapelle de la rue du Bac. Elle nous a dit :
« Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, grands et petits ».
Est-ce que nous y allons ?
De Paris et ses environs, pourquoi ne pas aller plus souvent au 140 rue du Bac (métro Sèvres-Babylone).
Y a-t-il pèlerinage plus facile pour les grands et les petits ?
Tous les jours, cette chapelle se remplit de personnes qui viennent implorer Notre-Dame.
Nous aussi, nous pouvons y aller .
Nous y verrons le fauteuil où la Sainte Vierge s’est assise, sainte Catherine dans sa châsse (son corps a été retrouvé intact 56 ans après sa mort), la Sainte Vierge aux rayons, la Sainte Vierge au globe. Et nous serons tout près de Jésus, présent dans le Saint-Sacrement.