81 – GÉNÉROSITÉ DES ENFANTS DANS LES SACRIFICES (histoire à raconter)

5 exemples pour raconter aux enfants que d’autres enfants ont su se montrer vraiment généreux…


1 – Les petits bergers de Fatima

L’Ange et Notre-Dame avaient demandé aux petits voyants de faire des sacrifices

« en acte de réparation pour les péchés par lesquels Dieu est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ».

Les enfants répondirent avec une générosité héroïque à ces appels.
Ils se privaient de leur repas de midi, qu’ils donnèrent d’abord à leurs brebis, puis à des enfants plus pauvres qu’eux. Ils se privaient de manger des figues ou des raisins appétissants qu’on leur avait donnés.

« Nous avions l’habitude d’offrir à Dieu le sacrifice de passer neuf jours, ou un mois, sans boire.
Une fois, nous fîmes ce sacrifice en plein mois d’août, alors que la chaleur était suffocante ».
(Sœur Lucie)

lls se frappaient les jambes avec des orties… et même sous leurs vêtements ils se mettaient une ceinture de corde enroulée à même la peau : c’est la Sainte Vierge elle-même qui a dû leur dire de la retirer la nuit !

L’Ange avait dit aux enfants :

« Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra ».

Et Notre-Dame les avait avertis, le 13 mai :

« Vous aurez beaucoup à souffrir ».

Ils ont eu, en effet, à subir de nombreux mauvais traitements (Lucie fut souvent battue). Ils ont été emmenés en prison, menacés d’être plongés dans l’huile bouillante… Ils ont dû supporter les innombrables dérangements occasionnés par les visiteurs curieux de les rencontrer.

Mais François et Jacinte, à qui la Sainte Vierge avait annoncé leur mort prochaine, ont eu aussi à souffrir de la maladie ; surtout Jacinte, partie loin des siens à l’hôpital, où elle est morte toute seule, à 10 ans.

De toutes ces souffrances, pas une n’était perdue : la plus petite comme la plus grande des contrariétés, tout était offert avec amour « pour la conversion des pécheurs« , toujours dans le désir de plaire à Jésus et à Marie.

– Notre-Dame de Fatima. Dans la série « Belles histoires, belles vies » chez Fleurus.

Francisco de Fatima. – Jacinta de Fatima. Deux petits livrets pour enfants. Téqui 1980

– Un très beau film sur Fatima existe en vidéocassette, publié aux éditions Téqui

2 – Anne de Guigné (1911-1922)

« On a bien des joies sur la terre, mais elles ne durent pas : celle qui dure, c’est d’avoir fait un sacrifice. »

A moins de 11 ans, Anne meurt d’un méningite….
Douleurs de tête, de dos, atroces. On ne sait que faire pour enrayer la maladie.

« Un jour entre autres, la violence du mal semblait au paroxysme. Anne pleurait en silence, le visage ravagé par une véritable torture. Lorsqu’une petite détente enfin se produisit, doucement sa maman murmura : « Tu as souffert bien courageusement, ma chérie, tu as sûrement consolé le Coeur de Jésus et contribué à la conversion des pécheurs« .
Les traits de l’enfant s’épanouirent, et ce fut presque dans un sourire qu’elle répondit avec une exquise spontanéité : « Oh ! maman, comme je suis heureuse ! Si c’est ainsi, je veux bien souffrir encore« .
(« Demoise », sa gouvernante)

Souffrir sans se plaindre, c’est son amour pour Jésus qui le lui a appris :

« Jésus était sur la croix et il souffrait sans se plaindre. Il faut souffrir nous aussi sans nous plaindre. »

Mais bien avant ces derniers jours de sa vie, c’est toute la vie d’Anne qui fut remplie de cet « esprit de sacrifice ». Très tôt, à 4 ans, elle en avait découvert la beauté et la joie, et ce qu’elle faisait était toujours fait par amour, pour Jésus.

Mais cela n’a pas été acquis du premier coup !
Anne a d’abord dû lutter énergiquement contre une nature très vive, coléreuse, indocile : mais l’amour de Jésus est plus fort et, pour Lui, elle devient, en peu de temps, un modèle d’obéissance, de patience, de douceur, d’oubli constant d’elle-même…

Dans les premiers temps, (elle n’a que 4 ou 5 ans…) le sacrifice lui coûte et elle le fait sentir.
Puis, peu à peu, la victoire sur elle-même a été plus rapide, et « l’habitude » du sacrifice devient alors en elle comme une seconde nature ; elle se sacrifie sans cesse au bien des autres, et si discrètement qu’il faut bien la connaître pour deviner ce que cette offrande d’elle-même a pu lui coûter.

« Quand tu n’as pas envie de travailler, disait-elle à son petit frère, quand le travail t’est dur, pense à l’offrir au bon Dieu. Il faut tout Lui offrir. Rien ne coûte quand on L’aime.
Notre travail, c’est un cadeau que l’on fait à Jésus »

Toute sa vie a été remplie de ce souci de tout faire pour plaire à Dieu :

« Je comprends bien qu’on souffre, mais pourquoi se tourmenter, pourquoi se faire de la peine des choses, puisque le bon Dieu est là ? » (Anne à 10 ans)

Anne a été déclarée « Vénérable » le 3 mars 1990, première étape avant la béatification.
Sa vie mérite d’être connue. Les livres ne manquent pas, notamment :

Anne de Guigné, quand une enfant rencontre Dieu. M.D. Poinsenet. Ed. Saint Paul. 1977

Anne de Guigné. Renée de Tryon-Montalembert.(préface du Cal Poupard) Mame 1996

3 – Guy de Fontgalland (1913-1925)

Très marqué par une visite, à 3 ans, sur la tombe de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, il suivra la même « petite voie » d’enfance spirituelle, le même chemin de simplicité.
Toute sa vie, mais surtout depuis sa Première Communion, à 7 ans, il vit dans un état de continuelle amitié avec Jésus. Il L’adore intensément au fond de son cœur :

« Jésus me parle, moi, je L’écoute, et je Le savoure ».

Toute sa vie pourrait être résumée en un mot : dire toujours OUI à Dieu.

« Le plus joli mot à dire au Bon Dieu, c’est Oui, répétait-il.
Et si la Sainte Vierge n’avait pas dit Oui à l’Ange de l’Annonciation, où en serait le monde ? »

ll prit l’habitude de ne rien refuser à Jésus :

« Ne pas passer un jour sans faire au moins un sacrifice qui me coûte, pour Jésus ».

Le jour de sa Première Communion, Jésus lui révèle un secret : il mourra jeune.

Guy a parfaitement compris le sens de cette parole intérieure. Avec un élan, une générosité bien au-dessus de son âge, il dit « Oui »:
Enfant plein de vie et d’entrain, exubérant, joyeux, il accepte la mort avec tout ce qu’elle comporte de dur et d’amer, et de renoncement à son beau rêve d’être prêtre, mais il ne voudra considérer dans cette fin rapide que le moyen d’être plus tôt auprès de son ami Jésus et de sa Maman du Ciel.

La souffrance est la grande école de sainteté : dans la vie quotidienne, il choisira toujours la souffrance plutôt qu’une mauvaise action : en classe, où on se moquait de lui, allant jusqu’à le frapper, jamais il ne s’en est plaint, préférant se taire que d’accuser un camarade.

Il souffrait de terribles maux de dents, mais pour rien au monde, il n’aurait cherché à se faire plaindre. Cela permet de comprendre le sens de cette réplique énergique :

« Moi, tu vois, j’aimerais mieux avoir mal aux dents que de dire une chose pas vraie ».

La pensée de la mort prochaine a été, bien sûr, l’occasion de profondes souffrances morales pour cet enfant qui a gardé longtemps ce secret pour lui, pour ne pas faire souffrir sa maman avant l’heure.

« Pourquoi je ne t’ai pas dit cela plus tôt ? Mais parce que je t’aurais fait souffrir, ma pauvre petite maman chérie… Mais aujourd’hui, il faut bien que je te prévienne…”

4 – Taïssir Tatios (1943 – 1956)

Né en 1943 au Caire, dans une famille chrétienne. A sept ans, une myopathie se déclare : terrible maladie qui va le conduire à un envahissement de tous ses membres par la paralysie, puis à la mort.

L’enfant va entrer dans l’épreuve, jour après jour, dans un total oubli de soi-même.
Il va apprendre à louer Dieu jusqu’au travers de ses larmes :

« Je suis comme Job. Seulement, Dieu m’a pris mes jambes en plus, et je Le bénis quand même ».

Son visage toujours rayonnant témoigne d’une joie constante. Comme l’enfant qui s’abandonne aux mains du Père dont il se sait aimé, il chante sa confiance :

« Mon Dieu, je suis au lit, et tout le temps je ris.
Mes souffrances, tout, j’oublie pour Vous ma vie.
Mon Dieu, je n’ai que Vous.
J’ai toujours confiance en Vous, car personne n’est comme Vous… »

Du fond de son lit, son amitié rayonnait sur tous les enfants du quartier : pour chacun, il trouve le mot juste qui fait plaisir. Et il leur parlait de Dieu.
Il s’inquiète de tous ceux qui sont plus malheureux que lui, qui n’ont pas d’abri, ou pas à manger…

« Maman, qu’est-ce qu’on peut faire pour eux ? »

La maladie ne cesse de progresser, la fin est imminente.
Il ne peut presque plus parler, mais juste avant de mourir – à 13 ans 1/2 – il dictera sa dernière chanson :

« O Jésus, ô mon Roi, rendez-moi la joie, car j’ai toujours la foi, petit frère, grand Roi. »

Taïssir Tatios, un enfant dont le regard vient d’ailleurs. M.D. Poinsenet. Ed. Saint Paul. 1978. reéd 1987.

5 – Robert Naoussi (1947 – 1er octobre 1970)

Né au Cameroun, dans un petit village éloigné de tout.
Famille très nombreuse (père polygame) où l’on vit bien pauvrement.

Très vite (7 ans), cet enfant a un grand désir « d’apprendre » : il entend parler d’un homme – à 5 km de chez lui – « qui sait et qui enseigne ». Robert demande à s’inscrire à l’école chez lui et, pour payer ses études, il rendra service. Très intelligent, il apprend vite à lire, écrire, compter.

En même temps, Robert découvre chez cet instituteur la doctrine chrétienne, autrement plus attirante que les superstitions païennes …
A 10 ans, il demande le baptême : il sera le seul baptisé de sa famille.
Dans son cœur, germe le désir d’être prêtre.

Rien de très saillant dans sa vie d’écolier : il s’applique à bien faire ce qu’il fait, il n’hésite pas à reconnaître ses torts. Il est toujours joyeux : au travail, pour rendre service, pour aider ceux qui ont moins de facilité que lui… Bon meneur de jeux : dans ses temps libres, c’est un passionné de football.

Le voilà qui poursuit maintenant ses études beaucoup plus loin, en ville. Mais il n’oublie pas qu’il est chrétien, ni son désir d’être prêtre.
Logé chez un païen, il ne craint pas de faire sa prière matin et soir, et aux repas.
Enfant de choeur, il attire et rassemble les jeunes à la messe.
La grâce de Dieu travaille en lui, et le prépare à l’épreuve.

Des boutons sur la peau, une grande fatigue : la lèpre ! Au degré le plus contagieux. Le voici transporté aussitôt dans une léproserie.
Quel choc, pour ce jeune garçon, d’apprendre qu’il a cette terrible maladie, de quitter brusquement son cher lycée, de se voir obligé d’interrompre ses études, de se retrouver à 400 Kms de sa famille !
Révolte … ? Rejet … ? Non. Tout d’abord silence. Et, quelques jours plus tard, au Père venu le voir, il confie :

« Je sais pourquoi je suis ici : mon père est polygame, et je suis le seul baptisé de ma famille. C’est pour sauver ma famille que je suis venu ici ».

Robert a donc choisi : son épreuve, sa maladie, ce sera pour la conversion de sa famille.

Quelle magnifique offrande ! Il est couvert de plaies, sur les bras, les jambes, et deux fois par semaine, il faut plus de deux heures pour refaire les immenses pansements.
Les plaies suppurent et collent à la gaze. Des croûtes se sont formées, qu’il faut décoller …

Il ne quitte plus son lit. Très affaibli, il ne peut plus changer de position tout seul.
Les nuits sont longues, et comme il ne peut pas dormir, il récite son chapelet. Et que dit-il ?

« Je souffre, mais je demande à Dieu d’en rajouter pour que je m’approche un peu de ce que Jésus a voulu souffrir pour nous sur la Croix ».

Tandis que son visage boursouflé devient méconnaissable, il s’identifie petit à petit au visage du Crucifié.
Bientôt, cette offrande pour la conversion de sa famille ne lui suffit plus : c’est le monde entier qu’il désire conduire à Jésus.
Parfois, il laissait échapper des cris pendant les séances de soins, maintenant il les étouffe.

« Tu ne cries pas, aujourd’hui ?  »
– Jésus n’a pas crié sur la Croix. Et puis, il faut que ceux qui souffrent débroussent le chemin des autres ».

Le soir, on lui donne un comprimé calmant pour qu’il puisse dormir :
au lieu de le prendre tout de suite, il le laisse quelques heures sur le coin de la table, car, dit-il,

« il y a toujours la part à offrir à Dieu ».

Qu’a-t-il encore à donner ? Un matin de 15 août, il s’adresse à la Sainte Vierge :

« Vous voyez, Maman, aujourd’hui, c’est votre fête, et je n’ai rien à vous offrir…
Si vous me donniez quelque chose, je pourrais vous l’offrir.
Vous voyez, je connais bien la souffrance, je suis habité par la souffrance : mon corps est complètement pris par la lèpre : mes bras, mes jambes … mais il me reste encore mes yeux.
Si vous les voulez, je vous les donne ».

Ce soir-là, il devient momentanément aveugle.

On essaie de nouveaux médicaments, mais il ne les supporte pas ; il faut les arrêter.
Alors la maladie reprend de plus belle. Robert ne se fait pas d’illusion :

« Mon chemin de croix se termine. Il me reste encore la dernière station à vivre avant d’aller voir notre Père. J’ai hâte de vivre pour toujours avec Lui ».

Peu avant sa mort, il dira :

« Je veux entraîner les autres au Ciel par ma souffrance, et leur en ouvrir les portes …
Quand ils arriveront de tous les coins du monde, ceux pour qui Dieu est un être lointain, ils demanderont pourquoi les portes sont ouvertes.
Eux qui avaient fermé leur coeur à l’Amour, Dieu les accueillera sur son Coeur et le Seigneur dira : « C’est lui, notre petit Robert, qui a fait ce travail ».

D’autres exemples encore ?

Ne croyons pas que cette générosité enfantine soit le fait de quelques très rares enfants. Les exemples abondent. Comment ne pas évoquer, déjà, la « petite Thérèse » ?

« Depuis l’âge de 3 ans, je n’ai jamais rien refusé au Bon Dieu »
« Quand on ne peut plus porter sa croix avec courage… eh bien ! il faut la porter sans courage ! »

Vous trouverez un grand nombre d’exemples de saints parmi les enfants dans les livres suivants :

• Ces enfants partis dès l’aube… Père Daniel Ange (Editions Saint-Paul 1984)

• La Vénérable Mari Carmen Gonzalez, une enfant sur le chemin de la gloire.
Valerio Gabriel Maria Conradi. s.j. (Ed Traditions monastiques. 21150 Flavigny s/Ozerain)

• Les 4 « Oui » de Faustino. JM de Salaverri, SM (Coll. Arc en Ciel – Ed du Serviteur BP 60138 Chiry-Ourscamp)

• Alexia 1975- 1985. Pedro Antonio de Urbia (Ed Le Laurier)

• Que mon Fiat devienne un Magnificat. Delphine 1959-1971. Madeleine de Fosseux (Ed Tequi)