42 – DONNER AUX TOUT-PETITS LE SENS COMPLET DU SACRIFICE (pédagogie)

Bien souvent nous sous-estimons cette capacité des petits à comprendre le sens du sacrifice et à en vivre.
Voici, pour nous en convaincre, ce qu’en dit une grande éducatrice.


Première rencontre avec Dieu à travers la création

Nous avons attaché nos petits à Dieu en leur montrant, par le récit de la création, tous les dons du Seigneur.
Nos leçons les ont mis en contact avec Dieu, ont fait vibrer leurs vertus théologales ; ils ont dit merci au Seigneur, ils ont découvert que Dieu les aime.

Le crucifix, image du sacrifice de Jésus

Nous allons tout de suite élever leur amour en leur montrant le crucifix, image du sacrifice de Jésus.
Pour les petits de 6 ans, nous n’attendrons pas la Semaine Sainte, où notre enseignement parlera de la Passion, pour leur révéler jusqu’à quel point Jésus les a aimés.
Ceux de 3 et 4 ans ont le sens inné de la croix, point n’est besoin d’explication.

Nous n’attendrons pas…

… parce qu’il faut nous hâter de leur faire connaître Jésus, leur frère, Jésus venu sur la terre pour les conduire au ciel, Jésus qui a donné sa vie pour eux, Jésus pour lequel, alors, ils seront prêts à faire des sacrifices.

Nous n’attendrons pas, parce qu’il s’agit, avant tout, de jeter des bases pour la vie entière, de former, de faire entrer sans retard nos petits dans le grand courant de la vie chrétienne, de vivre avec eux cette vie chrétienne, qui n’est réelle que vécue avec le Christ, centrée sur le Christ.

La vie chrétienne n’est réelle que centrée sur le Christ

Tous, par le sacrifice de la Croix, nous avons été unis à Lui, nous ne faisons qu’un en Lui, et nous sommes appelés à Le suivre.
Nous ne nous sauverons, nos enfants ne se sauveront, que s‘ils restent attachés à la Croix.

L’attirance de la Croix

« Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi.” Cette parole de Jésus, nous la voyons réalisée chez nos petits qui sont infiniment plus attirés par le Crucifix que par le Jésus de la Crèche

Ce qui se dégage de la Croix, nos petits le saisissent, il n’est pas nécessaire de faire des phrases, ce n’est pas nous qui formons ces âmes pures, c’est le Christ Lui-même.
A nous revient seulement de Le leur montrer. Un petit de 5 ans, malade : “Mon Dieu, ne m’ôtez pas mon mal, mais donnez le ciel à Papa, à Maman, à tout le monde !”.

La vraie notion du sacrifice

(…) Donnant aux enfants la vraie notion du sacrifice, nous allons, par la messe, leur montrer comment la vie du chrétien ne vaut qu’autant qu’elle est unie au grand sacrifice de Jésus.

Il est important de donner aux tout-petits le sens complet du sacrifice, de ne pas en diminuer la doctrine. Ne dites pas : « ils sont trop petits pour comprendre ».
Les âmes pures ont une ouverture splendide, c’est près d’elles que l’on se rend compte de la richesse de l’organisme surnaturel mis en elles par le baptême, organisme qui leur permet d’accéder aux plus hautes vérités. Et pourtant, à nos regards humains, ces petits paraissent parfois bien peu doués intellectuellement (…)

Nos petits entraînés à l’effort par l’exemple de Jésus

(…) On ne comprend plus la formation de la volonté par l’effort : nos petits sont normalement entraînés à l’effort par l’exemple de Jésus. Ils savent où Le trouver, ils savent aussi que tous les enfants du Bon Dieu L’offrent et s’offrent avec Lui. Leur vie va se centrer autour du sacrifice de la messe. (…)

Au cœur de leur formation : la Croix

Nous ramènerons sans cesse les enfants vers l’autel.
C’est l’autel, le Christ qui sera le cœur de leur formation, orientée vers la croix. (…)
Pour assurer la rectitude de la route de nos petits, mettons au point de départ :

la Croix, dont l’Église les a signés au baptême ;
la Messe, sacrifice qui les incorpore au Christ les met en contact direct avec Jésus et les entraîne dans l’activité du Christ.

N’est-ce pas pour nous, éducateurs, la raison de notre grande confiance que cette attirance des petits vers la Croix, la Messe, où ils trouvent Jésus ?

Notre rôle est simplement de frayer le chemin à Jésus et Le laisser agir en eux…

Un Autre, plus grand que nous, travaille.
A nous simplement de frayer le chemin, mais frayons-le bien grand : ne craignons pas de donner ce qui nous dépasse.

(Mme DAMEZ. Comment faire jaillir la vie. Ed. TEQUI 1943)