42 – DE LA CRÉATION À LA LOUANGE DE DIEU (pédagogie)

Tout au long de l’année et plus particulièrement pendant les temps de vacances,
nous pouvons avoir l’occasion d’être en contact avec la nature et avec ses innombrables merveilles.
Par notre attention à ces merveilles, nous pouvons faire remonter notre admiration de la création au Créateur.


Pour beaucoup d’entre nous, les vacances sont l’occasion, unique dans l’année, de reprendre contact avec la nature, et donc avec les innombrables merveilles qu’elle nous offre.

Du coucher de soleil sur la mer ou d’un grandiose panorama de montagne, jusqu’aux plus petites fleurs des champs, nous avons là ample matière à faire remonter notre admiration de la création au Créateur…

La création, premier “jalon” de la connaissance de Dieu

La création est le commencement et le fondement de toutes les œuvres de Dieu. (CEC 198)

La création est le premier “jalon” de la connaissance de Dieu, accessible à tous :

Ce qui peut se connaître de Dieu est pour eux (les païens) manifeste : Dieu Lui-même le leur a fait connaître. Depuis la création du monde, en effet, ses œuvres rendent visibles à l’intelligence ses attributs invisibles : sa puissance éternelle et sa divinité.
Ils sont donc sans excuse, puisque connaissant Dieu, ils ne l’ont ni glorifié ni remercié comme Dieu…” (Rm 1,19-20)

Le monde a été créé pour la Gloire de Dieu

C’est une vérité fondamentale que l’Écriture et la Tradition ne cessent d’enseigner et de célébrer : “Le monde a été créé pour la Gloire de Dieu” (saint Irénée). Dieu a créé toutes choses, explique saint Bonaventure, “non pas pour accroître sa Gloire, mais pour manifester et communiquer cette Gloire”.
Car Dieu n’a pas d’autre raison pour créer que son amour et sa bonté : “C’est la clé de l’amour qui a ouvert sa main pour produire les créatures”. (saint Thomas d’Aquin)
Et le premier concile du Vatican explique : “Dans sa bonté et par sa force toute-puissante, non pas pour augmenter sa béatitude, ni pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu’Il accorde à ses créatures, ce seul vrai Dieu a, dans le plus libre dessein, tout ensemble, dès le commencement du temps, créé de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle.”
La Gloire de Dieu, c’est que se réalise cette manifestation et cette communication de sa bonté, en vue desquelles le monde a été créé. (CEC 293)

“Les créatures inanimées louent Dieu, non pas en paroles, mais en action : leur grandeur, leur beauté, leurs mouvements variés, l’ordre et l’harmonie qui brille dans toutes leurs parties, proclament la puissance et la sagesse infinies du Créateur et excitent l’homme à l’adoration et à la reconnaissance.” (saint Jérôme)

L’homme est créé pour louer Dieu

“De toutes les créatures visibles, seul l’homme est capable de connaître et d’aimer son Créateur. Il est la seule créature que Dieu a voulue pour elle-même ; lui seul est appelé à partager, par la connaissance et l’amour, la vie de Dieu. Il a été créé à cette fin, et c’est là la raison fondamentale de sa dignité.” (CEC 356)

“Dieu a tout créé pour l’homme, mais l’homme a été créé pour servir et aimer Dieu et pour Lui offrir toute la création.” (CEC 358)

La fonction de l’homme dans la création est donc de réunir en lui toutes les louanges “muettes” ou inconscientes de la création (tout le monde minéral, végétal, animal), pour les faire remonter jusqu’au Créateur, et Lui en rendre gloire. Ce que saint Ignace de Loyola résume en une courte phrase :

“L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur…”
(Exercices spirituels de S. Ignace : Principe et fondement)

La Gloire de Dieu, c’est de faire de nous “des fils adoptifs par Jésus-Christ. Tel fut son dessein bienveillant, dans sa libre volonté, à la louange de gloire de sa grâce.” (Ep 1, 5-6)

La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ; et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu.
(saint Irénée)

« L’homme vivant« , c’est l’homme en état de grâce, racheté par le sang du Christ, à qui il appartient désormais.

C’est donc bien notre vie toute entière que nous devons orienter dans cette perspective fondamentale.

Tout faire pour la gloire de Dieu…

Que vous mangiez, que vous buviez, et quoi que vous fassiez,
faites tout pour la gloire de Dieu. (1 Co 10, 31)

Ce conseil de saint Paul est infiniment précieux. Que ce soit “d’éplucher des pommes de terre ou de bâtir une cathédrale” (G. de Larigaudie), nous pouvons tout faire par amour pour Dieu : Il est notre Père, de Lui nous tenons tout, “la vie, le mouvement et l’être…” (Ac 17, 25)

En retour, nous faisons tout remonter à Lui. C’est alors toute notre vie (et même nos épreuves), qui devient un chant de louange à sa plus grande Gloire.

En tout temps, je bénirai le Seigneur, toujours sa louange sera dans ma bouche. (Ps 33, 2)

C’est la Gloire de Dieu que nous Le reconnaissions comme “Père”, comme le Dieu véritable.
Nous Lui rendons grâce de nous avoir révélé son Nom, de nous avoir donné d’y croire et d’être habités par sa Présence. (CEC 2781)

Avec nos enfants, chantons la création

L’enfant tout jeune possède une grande faculté d’émerveillement, d’admiration : tout est grand à ses yeux. Mais c’est à nous de développer cette faculté si précieuse, à nous de lui faire aimer ce qui est beau, de lui apprendre à observer et à respecter la nature : savoir rester sans bouger pour écouter un chant d’oiseau, pour voir les petites mésanges sortir du nid. On sera très fier d’avoir une fois la permission de se coucher un peu tard pour admirer un beau ciel étoilé dans une nuit bleue : et là, le silence se fait tout seul…

Tout nous est donné par Dieu pour nous aider à « monter » vers Lui, tout peut nous être une occasion de Lui rendre Gloire, et de Le remercier, de Lui « rendre grâces ».

Ces joies du contact avec la nature nous mettent devant les innombrables splendeurs de la Création : il est facile, tandis qu’on contemple une belle fleur, une libellule, un papillon, une fourmi, un poisson, un beau coucher de soleil… de faire remonter l’admiration de la créature au Créateur.

Qu’elles sont grandes, les œuvres du Seigneur ! (Ps 110, 2)

Comment ne pas profiter de chaque occasion qui se présente pour faire monter un beau chant de louange vers le Dieu du Ciel et de la Terre ?

Tout ce qu’il veut, le Seigneur le fait : au ciel, sur la terre,
et dans toutes les profondeurs des mers.
Il fait monter les nuages des extrémités de la terre, il tire le vent de ses trésors. (Ps 134, 6-7)

Certes, cela demande que nous soyons nous-mêmes « présents » à ce qui intéresse l’enfant, que nous partagions ses observations avec un véritable enthousiasme. Cela demande surtout que nous-mêmes soyons restés sensibles à cette beauté de la Création et qu’en toute circonstance, nous pensions à en rendre gloire au Seigneur, et à L’en remercier.

C’est ainsi que nous amènerons l’enfant, par la voie de l’admiration, à l’attitude d’adoration : prémices pour une authentique vie spirituelle. Chacune de ces petites occasions devient alors un élan de l’âme vers le Ciel.
Le soir, à la prière, on pourra l’évoquer à nouveau, soit dans une prière de louange, soit par un moment de silence…

Notons enfin que l’enfant qui aura pris, très tôt, cette habitude de tout faire remonter à Dieu, au cours de chacune de ses journées, aura de fortes chances de garder cette habitude toute sa vie.

« Parents chrétiens, ne l’oublions pas : l’exemple est primordial en éducation. C’est notre exemple qui portera le plus sûrement nos enfants vers Dieu. C’est chez le tout-petit que les habitudes se prennent…
Vers nos petits qui nous imitent, qui suivent notre exemple, penchons-nous pour exprimer notre âme, la raison de nos gestes, de nos attitudes.

Un papa, un jour, nous demandait une méthode pour faire prier ses enfants : “ Quand j’étais petit, on m’a fait dire des prières interminables et incompréhensibles : j’en ai gardé un tel souvenir que j’ai toujours pensé que je n’agirais pas ainsi avec mes enfants.”
– Quel âge ont vos enfants ?
– L’aîné a 4 ans.
– Vous vous promenez parfois avec eux ?
– Oh ! oui, ma femme et moi nous aimons la campagne.
– Eh bien ! Monsieur, admirez tout haut : “Quels arbres splendides !… Et ces fleurs ! Mon Dieu, que Vous êtes bon d’avoir fait de si belles choses. Je Vous remercie”.
– Ah ! j’ai compris. Eh bien ! je vous avoue que, ma femme et moi, si nous avons toujours beaucoup admiré, nous n’avons jamais dit “merci”.

Voilà, hélas, comment, trop souvent, l’on néglige de donner à la prière son vrai sens, la cantonnant dans le mot à mot, au lieu de la lier à notre vie.
Le saint ne peut se former dans le chrétien s’il ne vit uni à Dieu, et cette union réclame que tout le cœur, tout l’être, soit porté vers Lui : la prière est l’expression de cette attitude, c’est l’expression de la vie. On prie comme on vit !

L’essentiel, si nous voulons former nos enfants à la prière vraie, c’est d’entretenir dans leur cœur l’amour de Dieu, c’est cela qu’il faut développer beaucoup, plus que nous appliquer à leur faire ressasser des prières.
Il suffira de mettre en valeur par des réflexions, les pensées exprimées, tout ce qui pourra développer au cœur de l’enfant l’amour de Dieu.
Si au tout-petit nous avons donné des habitudes et des rappels pour la vie intérieure, lorsque l’enfant grandira, nous n’aurons plus à lui suggérer sans cesse le devoir de prier. (…)

Une âme en contact avec Dieu rayonne inévitablement. Croyons-le, n’oublions pas cette force que nous possédons : vivons notre foi ! »
(Mme Damez. Comment faire jaillir la vie – p. 40. TÉQUI)

La catéchèse sur la création revêt une importance capitale

La catéchèse sur la création revêt une importance capitale. Elle concerne les fondements mêmes de la vie humaine et chrétienne.
Car elle explicite la réponse de la foi chrétienne à la question élémentaire que les hommes de tous les temps se sont posée : “D’où venons-nous ?”, “Où allons-nous ?”, “Quelle est notre origine ?”, “Quelle est notre fin ?”, « D’où vient et où va tout ce qui existe ?”.
Les deux questions, celle de l’origine et celle de la fin, sont inséparables.
Elles sont décisives pour le sens et l’orientation de notre vie et de notre agir.
(CEC 282)

L’intelligence humaine a la capacité, certes, de trouver déjà une réponse à la question des origines.
En effet, l’existence de Dieu le Créateur peut être connue avec certitude par ses œuvres grâce à la lumière de la raison humaine (cf Rom 1, 19-20), même si cette connaissance est souvent obscurcie et défigurée par l’erreur. C’est pourquoi la foi vient confirmer et éclairer la raison…” (CEC 286)

La vérité de la création est si importante pour toute la vie humaine que Dieu, dans sa tendresse, a voulu révéler à son Peuple tout ce qu’il est salutaire de connaître à ce sujet.
Au-delà de la connaissance naturelle que tout homme peut avoir du Créateur, Dieu a progressivement révélé à Israël le mystère de la création… (CEC 287)

Ces points sont importants à approfondir
pour bien assurer notre rôle de parents

Bien souvent, nos enfants sont confrontés à l’école à des théories plus que douteuses à propos des origines du monde (évolutionnisme, antichrétien et « obligatoire »). Sous couleur de “science”, elles remettent en question cette vérité fondamentale sur la création : “DIEU A CRÉÉ DE RIEN TOUT CE QUI EXISTE”.

Et, à partir de là, elles sèment le doute dans les âmes d’enfants quant à leur foi chrétienne (Dieu créateur de toutes choses), mise en contradiction avec la “vérité scientifique” (évolution créatrice – négation au moins implicite de Dieu).

Le meilleur antidote est cette formation précoce, dès 2 ou 3 ans, si facile à cet âge, si naturellement disposé à la confiance et à l’admiration.

“C’est Dieu qui a fait les fleurs, les oiseaux, les papillons, les coccinelles…”,

“C’est Dieu qui a fait les coquillages…”

“C’est Dieu qui a fait l’eau, le soleil, la lune, les étoiles…” etc.

Ne laissons passer aucune de ces précieuses occasions de faire remonter notre pensée – et notre cœur – vers Dieu si puissant et si bon, qui nous comble de tant de merveilles. L’histoire de Benoît en est une illustration.

Et toujours on termine par un joyeux “Merci Seigneur !”, par une prière de louange ou d’action de grâces.

« Merci, Seigneur, pour les fleurs, les oiseaux, les papillons, les coccinelles, les coquillages… », bref, tout ce qui nous a été donné d’admirer dans la journée qui vient de s’écouler.

N’oublions pas, en effet, que la prière peut avoir aussi un rôle pédagogique, surtout si nous pensons à utiliser les PSAUMES : c’est l’Esprit-Saint Lui-même qui, là, se fait notre maître…

Une grande partie des prières proposées sur ce site est basée sur cette idée. N’hésitons pas à les introduire dans la prière familiale : par exemple, et pour commencer dès le plus jeune âge (document à mettre en ligne) la prière des tout-petits

Ce sont là les bases de ce qu’on peut appeler une “catéchèse familiale” : elle se fait tout naturellement, en douceur, au fil des occasions qui se présentent dans la vie de l’enfant.
Rien de forcé ni d’artificiel. C’est simplement notre foi qui se communique spontanément à l’enfant.

A partir de 5/6 ans, l’enseignement sur la création pourra se faire plus systématique, mais le terrain est déjà préparé et l’enfant, en pleine confiance, reçoit sans difficulté ces vérités comme des CERTITUDES.

Un tel enseignement donné de cette manière et avant “l’âge de raison” – où tout devra être passé au filtre du raisonnement et des explications plus rigoureuses – a de grandes chances d’être conservé pour la vie entière.

Cette formation des toutes premières années est donc particulièrement importante.

Viendra ensuite l’âge des mises en garde nécessaires – raisonnements et documents à l’appui – contre les théories contraires non seulement à la foi chrétienne, mais, bien souvent, au simple bon sens…

« En dehors des prières traditionnelles qui peu à peu deviendront la charpente de la prière quotidienne de l’enfant aux approches de l’âge de raison, il est bon d’introduire très tôt dans l’éducation religieuse du tout-petit la prière biblique.
Celui-ci prie aisément à l’aide de quelques versets de psaumes judicieusement choisis. Il en aime la forme belle et poétique. Pour Dieu, rien n’est jamais trop beau ; il le sait parfaitement.
Cette parole divine agira dans son âme : l’Esprit-Saint est le seul maître intérieur dans ce cheminement de la vraie prière. »
(J.-M. DINGEON. Père et mère à l’image de Dieu)