37 – PUNITIONS ET RÉCOMPENSES DANS L’ÉDUCATION (conseils pratiques)

Raison d’être et place des récompenses et des punitions dans l’éducation morale de nos enfants.
Les critères d’une bonne « sanction ».


« Dieu rend à chacun selon ses œuvres… » (Ps 62, 13 – Rm 2, 6)

C’est la notion de rétribution, qui s’enracine dans l’expérience humaine : toute activité mérite un retour, une reconnaissance. C’est pour l’homme une question de justice. Elle a aussi son fondement dans la vie religieuse.
Sans en être le but, elle se présente comme un fruit normal du service de Dieu : elle sera récompense pour ceux qui lui ont été fidèles, mais punition pour ceux qui auront refusé de le servir.

Récompense ou punition, c’est la question des sanctions que l’on retrouve en éducation.

Le sens du mot « sanction »

Si l’on remonte à l’origine du mot, on sera surpris de constater qu’il a la même racine que le mot « saint« . Le mot latin sanctus (= saint, sacré, inviolable) est le participe passé du verbe sancire. Il signifie :

1) consacrer, rendre irrévocable, inviolable par un acte religieux.

2) de là, un 2° sens : établir un principe, une règle, et le consacrer par une loi.

3) et pour assurer l’exécution de cette loi, une sanction est prévue comme peine ou récompense attachée à une interdiction ou à un ordre. Elle est la ratification de cet acte.

4) dernier sens : interdire, punir, dans le cas de l’infraction à l’ordre donné.

Même si c’est le plus souvent dans ce sens négatif qu’on l’emploie, il faut bien préciser que ce mot ne signifie pas uniquement « punition ». Un seul exemple : le diplôme est la sanction des études réussies.

La sanction, c’est la ratification d’un acte, bon ou mauvais.

La progression de ces significations montre bien que, à l’origine, la LOI (les commandements) a un caractère « sacré » : c’est Dieu qui l’a établie et y a attaché Lui-même récompense ou punition.

Les sanctions négatives, ou punitions

Reconnaissons-le : ni le mot ni la chose ne sont en faveur actuellement… Alors, faut-il se taire sur ce sujet ? Il est pourtant utile aux parents ou éducateurs d’avoir là-dessus des idées claires.

Après des décennies où, d’une part, on n’a plus parlé ni du péché, ni du démon, ni de l’enfer, et où, d’autre part, les psychologues ont largement fait campagne contre les « traumatismes » dus aux sanctions, un bilan est à faire : les hommes sont-ils devenus meilleurs ? plus heureux ???

Sans nous étendre sur des constats plutôt démoralisants, allons de l’avant : un nouveau courant se fait jour, tout doucement, où nos « psy » découvrent, ô merveille, que l’absence de sanctions, elle aussi, peut être « traumatisante ». Et même… qu’elle puisse être l’un des facteurs de la délinquance : les enfants n’ont pas les repères dont ils auraient tant besoin.

Pourtant, si nous puisons à nos sources, que nous dit la Sainte Ecriture ?

Ne ménage pas la correction à l’enfant : si tu le frappes de la baguette, il n’en mourra pas,
frappe-le de la baguette, et tu délivreras son âme de l’enfer. (Pr 23, 13)

Baguette et réprimande procurent la sagesse ;
L’enfant laissé à lui-même est la honte de sa mère. (Pr 29, 15)

Corrige ton fils, il t’épargnera toute inquiétude et fera les délices de ton âme. (Pr 29, 17)

Qui aime son fils lui prodigue le fouet, plus tard ce fils sera sa consolation. (Si 30, 1)

On objectera peut-être que ceci est d’un autre âge… Soit. Mais la nature humaine a-elle changé ?
A la différence du progrès technique, tout ce qui est de l’homme est permanent, ne change pas.
Comment ce qui a été pratiqué et recommandé pendant des siècles serait-il maintenant à proscrire ?
A-t-on oublié le proverbe : »Qui aime bien châtie bien« . Écoutons, encore, le grand saint Paul :

Et vous, pères, ne poussez pas vos enfants à la colère,
mais élevez-les en les corrigeant et les avertissant dans le Seigneur. (Ep 6, 4)

Pourquoi des punitions ?

Élever des enfants, c’est les conduire à leur vie éternelle : le rôle des parents est de leur montrer le bon chemin et d’écarter d’eux les obstacles qui les en éloigneraient. Il ne suffit pas de leur donner la connaissance du bien et du mal, il faut surtout leur apprendre à en vivre : faire le bien, éviter le mal.
Et ce n’est pas facile :

Entrez par la porte étroite.
Car large et spacieuse est la voie qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui la prennent ;
mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent.
(Mt 7, 13-14)

Car nous avons constamment à choisir entre ces deux voies :

– une vie douce, sans contraintes, sur cette terre… Mais après ? Obtient-on le ciel par cette voie ?
(et, de toutes façons, une vie entièrement sans contraintes… est-ce vraiment possible ? )

– l’autre voie, à l’inverse, consiste à faire effort pour s’abstenir du péché, la grâce de Dieu aidant, ce qui suppose d’apprendre à réprimer ses mauvaises tendances, pour « s’en libérer ». N’est-ce pas cette voie, et la seule, qui nous permet d’accéder à la vraie liberté ?

Mais ceci doit être entrepris dès le plus jeune âge.

Tobie eut un fils auquel il donna son nom et qu’il instruisit dès l’enfance
à craindre Dieu et à s’abstenir de tout péché. (Tb 1, 9)

Oui, ces mauvaises tendances existent, n’en déplaise à J-J Rousseau et à quelques autres après lui. Telles les mauvaises herbes d’un jardin, elles ne disparaîtront pas toutes seules, mais seulement sous l’effet de contraintes fermes et régulièrement appliquées : c’est la raison d’être des punitions. Elles sont destinées à contrecarrer, dès le plus jeune âge, l’inclination au mal qui vient du péché originel.

Dans la mesure où l’on cède aux tentations pour satisfaire ses convoitises, cette tendance au mal ne peut que se développer.

La folie est ancrée au cœur de l’enfant ; le fouet bien appliqué l’en délivre. (Pr 22, 15)

Seulement, la « manière forte » qu’employaient les anciens n’est plus au goût du jour…

Mais si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice. (Is 26, 10)

La sanction immanente

Pourtant, même si nous nous refusons à punir, il peut se faire – ce n’est pas toujours, mais ça arrive…- qu’elle vienne toute seule…

L’enfant qui touche au feu et qui se brûle, celui qui, malgré l’interdiction, descend une forte pente en vélo, fait une mauvaise chute et se casse une dent, celui qui est recalé à un examen parce qu’il n’a pas travaillé… tous ceux-là ne trouveront personne pour les plaindre.

Plus besoin de les punir : ils ont déjà eu leur punition. Encore heureux si le mal n’est pas trop grave ! Il faut espérer que la leçon portera et qu’ils ne recommenceront pas.

Le rôle des parents

Étant les représentants de Dieu auprès de leurs enfants, ils ont reçu de Lui une autorité naturelle pour les élever. C’est donc bien à eux de préciser pour leurs enfants, en fonction de leur âge, ce qui est « permis » et ce qui est « défendu » (ou, plus tard, ce qui est « bien » et ce qui est « mal« ) et de veiller à l’application de ces règles, par les « sanctions » appropriées.

Dès l’enfance, plie tes fils à la soumission. (Si 7, 23)

Ce que l’on se propose dans la sanction, c’est d’amener l’enfant au bien. Si l’on veut qu’elle porte, qu’elle ait du « poids », il convient de lui garder – ou de lui rendre – toute la force de son sens originel de « décision irrévocable » : ce qui est dit est dit, on ne revient pas dessus.
Ce qui est valable tout autant pour une récompense promise que pour une punition annoncée.

« Ce qui est dit est dit, on ne revient pas dessus » : point fondamental en éducation. Toute la force de notre autorité est là en jeu.

Évidemment, cela demande qu’on n’ait pas parlé à la légère, mais seulement après un sage discernement : réfléchir avant d’établir la règle à respecter et la sanction correspondante, et la doser :

d’une part en fonction de l’âge, de la maturité, des capacités d’un enfant : « personnaliser » la sanction ;

d’autre part en fonction de la gravité objective du mal :

– il est beaucoup moins grave de casser un vase de cristal par maladresse, qu’un verre de cuisine par colère.

– on ne sévira pas de la même manière si l’enfant a menti ou désobéi gravement ou s’il a fait une tache sur son vêtement ; et dans ce dernier cas, ce peut être une désobéissance, s’il n’est pas « allé se changer » comme on le lui avait demandé (auquel cas il y aura lieu d’être plus sévère), ou une simple maladresse qui demande l’indulgence.

Après ces considérations d’ordre général,
voyons maintenant ce problème des sanctions sous son aspect plus concret.

Les critères d’une bonne sanction

Surtout lorsqu’il s’agit d’une punition, elle doit être effective, juste, calme, immédiate.

Effective

« Ce qui est dit est dit »… On avait annoncé une punition en cas de désobéissance, il faut maintenant passer à l’acte. C’est… « automatique » : si papa ou maman l’a dit, ça se fera sûrement.

L’enfant perpétuellement menacé de punitions qui n’arrivent jamais… n’en fera toujours qu’à sa tête.

En revanche, celui qui sait à quoi il s’expose très certainement s’il contrevient à l’ordre donné, à l’interdiction posée, trouvera là un frein puissant à sa désobéissance.

Inversement, une récompense promise, mais toujours remise à plus tard, non seulement perdra son effet d’encouragement, mais surtout diminuera chez l’enfant sa confiance en nous, et le respect de notre parole si nous ne la tenons pas.

Juste

Qu’elle soit conforme à la raison et proportionnée à ce qui a été fait, en tenant compte encore du degré de responsabilité de l’enfant :
un tout-petit peut faire quelque grosse bêtise, mais, du fait de son très jeune âge, il reste encore inconscient du mal qu’il a pu faire : dans ce cas, peut-on le punir ?

Trouver le juste milieu entre une sévérité excessive et l’attitude « laxiste » où on laisse tout passer…

Le but d’une sanction, c’est d’amener l’enfant à vivre selon la justice (au sens biblique de sainteté) : obéir dès qu’on l’appelle, dire la vérité, se maîtriser, retenir le mot méchant ou grossier, etc.

Par contre, il ne faut pas qu’il puisse avoir l’impression que vous l’avez puni, non parce qu’il le méritait, mais simplement parce que vous étiez en colère. De même, que jamais la punition ne puisse lui faire penser à quelque réaction de vengeance…

C’est conforme à la justice que le tort soit réparé. Pour être réellement éducative, la punition doit donc avoir un caractère de réparation. Ceci suppose qu’elle soit aussi adaptée que possible au délit commis :

un vol par la restitution de l’objet,
un mensonge par la rectification de ce qui a été dit,
une dispute ou un mot méchant par la réconciliation, etc.

S’il l’a vraiment mérité, l’enfant accepte très bien d’être grondé. Il comprend que c’est pour son bien, car il a un sens aigu de la justice : il sait qu’il mérite une punition. dans ce cas, il accepte très bien d’être grondé, il comprend que c’est pour son bien. Et si cette réparation n’est pas faite, il ressentira inconsciemment comme un manque : il n’a pas eu les repères dont il a besoin et qu’il attend de ses parents.

Ces règles sont tout aussi valables lorsqu’il s’agit d’une récompense. Pour garder sa valeur d’encouragement, elle doit rester proportionnée à ce qui l’a mérité : ni trop, ni trop peu.

Calme

Si l’on punit un enfant sous l’effet de la colère, la punition devient alors subjective, exagérée et, de ce fait, elle perd toute son efficacité. C’est à éviter à tout prix.

Si nous donnons une punition à l’enfant, c’est par amour, pour son bien : « Qui aime bien châtie bien« .
L’enfant doit le savoir, et il ne s’y trompe pas !
Aussi, quelle que soit notre contrariété personnelle (le vase cassé, la tache sur le vêtement neuf …), évitons donc de réagir sous l’effet de l’énervement. Bien sûr, cela demande de notre part une bonne maîtrise de soi.
La punition portera d’autant plus qu’elle sera donnée en toute objectivité, calmement, « à froid ».

Cela n’empêche pas d’avoir quelquefois à hausser le ton : mais que cela reste conscient, contrôlé (est-ce bien cette formule qui aura le meilleur effet ?) et en gardant autant que possible notre calme intérieur (…pas toujours facile !!)

Immédiate

L’enfant vit dans l’instant présent, et d’autant plus qu’il est plus petit : il y a donc intérêt à ne pas laisser de délai entre le fait et la sanction.
« Tu as désobéi, tu es puni » : on administre la sanction, c’est dans l’ordre. Et après, c’est fini, on n’en parle plus. On essuie les larmes et on s’embrasse.
Grand soupir de détente : l’enfant retrouve la paix d’une bonne conscience. Tout est en règle, et son sens de la justice est satisfait.

Rien de plus désastreux que la punition toujours annoncée mais régulièrement reportée à plus tard : ou bien elle aura perdu son opportunité lorsque papa rentrera le soir, (car, bien sûr, c’est lui qui en est chargé), ou bien… elle n’arrive jamais.
Mamans, de grâce, ne donnez pas à vos enfants, à propos de leur père, l’image d’un « père fouettard » ! En son absence, c’est vous qui devez prendre en charge les petits règlements de compte quotidiens.
Et même s’il est là, mais qu’il travaille, ou qu’il soit occupé, ne le dérangez pas pour des « broutilles » …

Les interventions paternelles doivent être réservées aux cas graves, ceux qui demandent vraiment réflexion, pour donner plus de poids à la sanction, et pour des enfants relativement grands : « on verra avec papa ce soir ».

Dans le cas d’une récompense, elle ne sera pas toujours immédiate : ce qui importe surtout, c’est qu’elle soit effectivement donnée, comme promis.

Sur quels points faire porter les sanctions ?

Elles porteront, d’abord et avant tout, sur la désobéissance et le mensonge : ce sont ces deux points qui sont à l’origine de tous les malheurs de l’humanité : (cf. Gn 3, 4 -7)
Puis sur tout ce qui concerne les relations avec les autres, le sens de l’effort, l’ordre, la formation à la discipline, au sacrifice, etc.

Il est nécessaire de marquer nettement la différence entre les questions de principes moraux et celles de simple convenance.

Par exemple, ne pas avouer une bêtise, ou en accuser un autre (même si la bêtise, en soi, est minime) est beaucoup plus grave que de « ne pas vouloir dire bonjour à la dame« , chose fréquente chez des petits.

Autant il faut être ferme et sévère et ne jamais transiger lorsqu’il s’agit des premiers, autant il convient d’être patient et indulgent pour le reste. Les enfants comprennent très vite la différence.

On évitera ainsi de fausser leur jugement en attribuant la même importance à toutes leurs fautes.

Comment faire, quels moyens prendre,
pour qu’une punition soit « bonne » ?

Dans toute la mesure du possible, la punition doit être en correspondance avec la faute. C’est la réparation du mal commis : le vol demande la restitution, le mensonge d’être avoué et rectifié. Etc.

La sanction demande à être adaptée à l’âge et au tempérament de chaque enfant :

pour un même délit et dans une même famille, une bonne fessée sera salutaire à l’un, désastreuse pour un autre. (ce moyen n’est à n’utiliser que pour les cas graves, seulement pour des petits avant 5 ans). Il importe donc de trouver la formule juste et le bon dosage.

Il faut également discerner s’il y a faute ou pas. Et il sera souvent préférable de ne pas l’enfant heurter de front, mais plutôt par la bande : faire diversion, éviter le blocage.

Les fautes contre la charité (par ex. dire une méchanceté) ne se réparent qu’en demandant pardon.

Une insolence est plus grave encore et demande une réaction immédiate et vigoureuse.

A ne jamais laisser passer : tout ce qui tient à l’orgueil demande toujours à être réprimé, et le plus tôt possible. Si l’enfant ne veut pas demander pardon, ce sera l’isolement, la « séparation » : on l’enfermera un moment dans sa chambre… jusqu’à ce qu’il se soit calmé et décidé à « faire la paix ».

Apprendre à demander pardon, cela peut commencer très tôt : il peut arriver qu’un tout-petit de 15 mois ait vis-à-vis de sa maman un geste méchant, agressif. Ce geste ne doit pas rester sans réaction : faites-lui sentir que ce n’est pas bien. Un ton sévère, un regard froid, lui manifesteront votre mécontentement.

Un petit temps de silence… puis vous l’invitez à réparer ce geste : « demande pardon à maman ». A 15 mois, déjà, vous sentirez la résistance de l’orgueil ! Insistez doucement, mais fermement : il finira par venir mettre sa tête contre vous et vous faire un gros câlin.
C’est bien. Il aura compris la limite à ne pas dépasser.

Refus d’obéir (à n’utiliser qu’avec des petits, jusqu’à 5/6 ans) :

« je compte jusqu’à 3 … et sinon, je tape ! »… « 1 … 2 … » A la dernière seconde, l’enfant va obtempérer, si du moins des expériences précédentes lui ont appris la réalité de la menace.

Le petit de 2 ans qui jette un objet par terre dans un geste de colère sera prié de le ramasser.
Celui qui claque la porte parce qu’on lui refuse quelque chose ira la rouvrir et la refermer doucement.

Celui qui rentre dans la maison avec ses bottes pleines de boue (ce qui est contraire aux règles établies) devra nettoyer les saletés qu’il a faites : le balai et la pelle, et peut-être la serpillère humide.

Mais une simple maladresse demande aussi à être réparée :

– le verre d’eau renversé : si l’enfant en est capable, c’est à lui, pas à vous, d’aller chercher l’éponge ou la serpillère.
– bousculer quelqu’un par inadvertance demande aussi d’aller dire pardon.

Et les récompenses ?

C’est un fait : les récompenses sont moins fréquentes que les punitions. Il y a à cela plusieurs raisons.

La première raison, négative, c’est la nécessité de redresser, corriger les mauvaises tendances de notre nature faussée par le péché, ce qui doit se faire continuellement.
L’autre raison, positive, c’est qu’une bonne action trouve en elle-même sa récompense, c’est la joie d’une bonne conscience : il est normal de bien faire, sans que cela nécessite à chaque fois une gratification.

Il serait tout à fait hors de propos – et vraiment anti-éducatif – de récompenser un simple service rendu : mettre le couvert, faire la vaisselle, aller chercher le pain à la boulangerie… Cela deviendrait vite du « mercantilisme » et serait totalement contraire au sens du bénévolat, de la gratuité (dont la racine étymologique est la même que « grâce » = don), auquel il est bon de former nos enfants dès les premières années.

Ceci dit, le but essentiel d’une récompense est d’encourager l’enfant, c’est une manière de reconnaître son effort sur un point précis : sur son caractère, son application à son travail, etc.

Comme pour les punitions, la récompense demande à être « dosée« , adaptée selon chaque enfant. L’enfant qui a des facilités scolaires n’a pas besoin de récompenses pour l’encourager dans son travail. Le cas est différent pour celui qui a de grosses difficultés dans ce domaine.

Mais surtout, si une récompense a été annoncée à l’avance, ne tardons pas à réaliser notre promesse, sous peine de perdre la confiance de l’enfant. Que ce ne soit pas l’enfant qui ait à la réclamer…!

La principale récompense d’une bonne action, nous l’avons dit, se trouve donc dans la joie d’une bonne conscience. Il sera bon d’en faire prendre conscience à l’enfant, et de l’inviter à remercier de cette joie Dieu qui l’a aidé à bien faire.

Rappelons-lui aussi ce que Notre Seigneur a dit au sujet de ceux qui cherchent à se faire bien voir chaque fois qu’ils font une bonne action : ils ont déjà eu leur récompense. (Mt 6, 5)

Gardons la nôtre en réserve pour le bonheur du Ciel ! Dieu voit tout, agissons sous son regard sans rechercher d’autre satisfaction que celle d’avoir bien agi, pour l’amour de Dieu.