34 – BIENHEUREUX LES CŒURS PURS (conseils pratiques)

Pour comprendre ce qu’est véritablement la pureté, il faut la situer d’emblée à un très haut niveau : le plan de Dieu sur nous. « Ce n’est pas en regardant notre misère que nous serons purifiés, mais en regardant Celui qui est toute pureté et sainteté…  » C’est à partir de cette pureté du cœur que nous pourrons comprendre les exigences de la pureté du corps.


Qu’est-ce que la pureté ? Un amour sans partage

Qu’est-ce que la pureté, sinon, essentiellement, un parfait amour de Dieu, un amour « sans mélange ». Quelques pensées de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité vont orienter notre méditation :

« A son image et à sa ressemblance« . Tel a été le rêve du Créateur : pouvoir se contempler en sa créature, y voir rayonner toutes ses perfections, toute sa beauté comme au travers d’un cristal pur et sans tache ; et n’est-ce pas là une sorte d’extension de sa propre gloire ?…
Ne me dites pas que ce n’est pas pour vous, que vous êtes trop misérable, car c’est au contraire une raison de plus pour aller à Celui qui sauve. Ce n’est pas en regardant notre misère que nous serons purifiés, mais en regardant Celui qui est toute pureté et sainteté.
« Si tu savais le don de Dieu… » Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même : « Miroir de Justice« . Son âme est si simple. Elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l’Etre divin, l’Etre simple. Aussi elle est si transparente, si lumineuse …
Plus qu’aucune autre sainte, elle me semble imitable, sa vie était si simple ; rien qu’à la regarder, je me sens apaisée … Elle fut si vraie en son humilité, parce qu’elle fut toujours oublieuse, ignorante, délivrée d’elle-même…
(Bse Elisabeth de la Trinité Pour son amour, j’ai tout perdu. Ed. du Cerf)

« Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8)

Les cœurs purs désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines :

– la charité : Recherche la justice, la foi, la charité, la paix avec ceux qui d’un cœur pur invoquent le Seigneur (2 Tt 2, 22)
– la chasteté ou rectitude sexuelle, Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sainteté (1 Th 4, 7)
l’amour de la vérité et l’orthodoxie de la foi. Tout est pur pour ceux qui sont purs … (Tt 1, 15)
Il existe un lien entre la pureté du cœur, du corps et de la foi. (CEC 2518)

Aux cœurs purs est promis de voir Dieu face à face… La pureté du cœur est le préalable à la vision. Dès aujourd’hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un prochain ; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l’Esprit-Saint, une manifestation de la beauté divine. (CEC 2519)

« Non seulement ils Le verront dans le « face à face » éternel, mais ils le voient déjà sur terre à travers toutes ses « transparences ». La pureté qui voit Dieu, c’est :
– la pureté de l’esprit, c’est-à-dire la droiture, la vérité ;
– la pureté du cœur, c’est-à-dire la charité ;
– la pureté de tout l’être qui s’ajuste à Dieu, c’est-à-dire l’humilité.
La pureté, entendue dans un sens large, s’étend à l’être tout entier. L’esprit de parfaite pureté est un esprit d’inséparable attachement à Dieu. C’est une plénitude de présence divine. »
(Abbé PAUL. Le dessein de Dieu et les merveilles de son Amour miséricordieux. Ed TÉQUI)

La pureté nous vient de Dieu

L’homme est l’image et le reflet de Dieu (1 Co 11, 7). De même qu’une eau pure reflète le soleil, c’est à l’homme, maître de la Création, qu’il revient de tout faire remonter vers Dieu, de le « refléter ».

La Sainte Ecriture tout entière est remplie de cette attitude d’âme, de cet élan de l’homme vers son Créateur : Lui renvoyer, Lui « rendre » l’éclat de sa splendeur : Lui « rendre gloire ».

Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’Il m’a fait,
et je célébrerai le Nom du Seigneur, du Très-Haut. (Ps 12, 6)

C’est vraiment la raison d’être de l’homme, sa vocation, de contempler Dieu à travers toute la Création, et de célébrer la gloire divine : reconnaître que tout vient de Lui et qu’Il règne en Souverain Seigneur sur toutes choses.

La grandeur de l’homme consiste à faire à Dieu l’hommage de sa totale dépendance et de sa soumission.

Nous réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur,
et nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse,
comme il convient à l’action du Seigneur, qui est Esprit. (2 Cor 3, 18)

Comme un miroir, c’est bien de Dieu que nous recevons la lumière :

Approchez-vous de Lui, et vous serez illuminés. (Ps 33, 6)
Notre « lumière » intérieure vient de Dieu, de son regard posé sur nous, ce regard d’amour qui nous fait vivre.
Que la Lumière du Seigneur notre Dieu resplendisse sur nous ! (Ps 89, 17)

Il existe UN exemplaire parfait de cette pureté : la Très Sainte Vierge Marie :

Mère très pure, Mère très chaste, Mère sans tache… Miroir de justice… Étoile du matin…

chantent les Litanies. (« justice », ici, est compris dans le sens de « sainteté »)

Porte du Ciel, elle est notre Mère, notre modèle. Suivons-la, imitons-la, confions-nous à elle, confions-lui nos enfants. Où trouverions-nous une plus puissante protectrice, une plus douce maman ?

La pureté perdue

La blessure du péché originel fait que nous ramenons à nous-mêmes la gloire qui doit revenir à Dieu : au lieu de tenir notre regard fixé en Dieu (et de trouver ainsi notre plénitude), notre regard se retourne sur nous et nous nous complaisons en nous-mêmes. Le miroir s’est terni.
Et Dieu, à cause de nos péchés, a détourné de nous son regard :

Voici que Tu étais irrité parce que nous avions péché.
Nous étions tous semblables à un homme impur,
et toutes nos justices étaient pareilles à un vêtement souillé…
Car Tu nous as caché ton visage, et Tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes. (Is 64, 5-9)

La colère de Dieu se manifeste en ce qu’il nous retire la lumière de son visage, signe de sa bienveillance. Et nous voici aussitôt dans la désolation, le trouble, l’angoisse :

Tu as détourné de moi ton visage, et j’ai été troublé,
j’ai crié vers Toi, Seigneur, et j’ai imploré mon Dieu… (Ps 29, 8-9)

La contrition

Le retour vers Dieu : reconnaître son péché et demander pardon

Éloigné de Dieu, l’homme, malheureux, se hâte de Le supplier de lui rendre cette lumière de Son visage :

Détourne ton visage de mes péchés, efface toutes mes iniquités.
Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, et renouvelle au-dedans de moi un esprit droit.
Ne me rejette pas loin de ta Face, et ne me retire pas ton Esprit-Saint. (Ps 50, 11-13)

Dieu seul peut nous rendre cette pureté que nous avons perdue, pureté indispensable pour pouvoir nous approcher de Lui :

Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, purifie-moi de mon péché…
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. (Ps 50, 4, 9)

Mais c’est à nous de venir demander pardon, en toute confiance, sachant que Dieu pardonne toujours quand on revient à Lui :

Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous.
Nettoyez vos mains, pécheurs, purifiez vos cœurs, hommes à l’âme double.
Voyez votre misère… Humiliez-vous devant le Seigneur, et Il vous élèvera. (Jc 4, 8-9)

La contrition : regret sincère de nos péchés

Sans ce regret sincère, nous ne pouvons pas être purifiés, ni pardonnés. C’est l’histoire de l’Enfant prodigue, celle de Marie-Madeleine, du bon larron, purifiés, pardonnés, sauvés par le regard de Jésus sur eux… Et tant d’autres, et nous-mêmes…

« Lorsque l’âme approche de Dieu dans la prière, la lumière qu’elle reçoit lui fait prendre conscience de ses défauts, et elle commence par s’humilier profondément … Mais Dieu est tout prêt à faire entrer cette âme dans sa propre demeure pour la récompenser de sa modestie.

Nous voyons dans l’Evangile que le publicain, parce qu’il commença sa prière en se frappant la poitrine et en protestant de son indignité, obtint sa justification, tandis que le Pharisien qui se contentait de rendre grâces, ne fut pas écouté par Dieu. Ainsi en est-il, sans aucun doute, de tous ceux qui prétendent traiter avec Dieu de plain-pied, sans s’être au préalable purifiés de leurs fautes par la contrition, le repentir…

Saint Benoît a fait de la contrition l’élément fondamental de l’oraison : il nous rappelle que ce n’est point par la multitude des paroles que nous serons exaucés, c’est-à-dire par la variété des discours que nous tiendrons à Dieu, mais :

– par la pureté du cœur, c’est-à-dire par la volonté de nous détacher de tout ce qui souille notre âme ;
– par une véritable contrition, c’est-à-dire le regret d’avoir offensé Dieu ;
– et puis par ce qu’il appelle : « l’intention du cœur » : il veut marquer, par là, la conversion du cœur vers Dieu comme vers sa fin dernière, avec la ferme volonté de l’atteindre et de s’unir à Lui.

De même qu’un miroir, obscurci par la poussière ou la buée, réfléchit spontanément, dès qu’il a été essuyé, les objets qui se trouvent devant lui, de même l’esprit humain, dès qu’il a été purifié des ténèbres dont l’enveloppaient ses péchés, reflète immédiatement les rayons du Soleil de Justice dardés sur lui.

Ce soleil en effet ne s’obscurcit jamais ; il brille toujours, il est présent dans tout l’univers spirituel, il pénètre partout où quelque obstacle ne l’arrête point. Il se tient sans cesse devant l’âme, même quand celle-ci refuse de le laisser entrer, comme le soleil naturel devant les volets clos.
Il nous le dit lui-même au livre de l’Apocalypse : Je me tiens à la porte, et je frappe. ( 3, 20)
Que la fenêtre s’ouvre, que l’âme se débarrasse de l’attache du péché, et il entre aussitôt. »
(Dom J. de MONLEON, osb. Traité sur l’oraison)

L’image du miroir plein de poussière, ou d’une vitre sale qui ne laisse plus passer la lumière du soleil dans la pièce, est une image très parlante pour les enfants.

La pureté retrouvée

Cette purification, Dieu nous la donne d’abord par le BAPTÊME, mais aussi par le SACREMENT DE PÉNITENCE :

L’eau qui purifie : le Baptême

À celui qu’a régénéré l’eau du Baptême, le Saint-Esprit donne d’imiter la pureté du Christ. (CEC 2345)

Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés de toutes vos souillures.
Et je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau.
J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.
Je mettrai au-dedans de vous mon Esprit, et je ferai que vous suivrez mes ordonnances,
que vous observerez mes lois et les pratiquerez.
Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères,
vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. (Ez. 36, 25)

Mais n’oublions jamais que cette purification, nous la devons au sacrifice de Jésus :

Le Christ a aimé l’Église et s’est livré Lui-même pour elle, afin de la sanctifier,
après l’avoir purifiée dans l’eau baptismale, avec la parole,
pour la faire paraître devant Lui, cette Eglise, glorieuse, sans tache, sans ride,
ni rien de semblable, mais sainte et immaculée. (Ep 5, 26)

C’est par son sang que nous sommes purifiés :

Ceux qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau… (Ap 7,14)

Par le baptême, le chrétien est sacramentellement assimilé à Jésus (…) Il doit entrer dans ce mystère d’abaissement humble et de repentance, descendre dans l’eau avec Jésus, renaître de l’eau et de l’Esprit pour devenir, dans le Fils, fils bien-aimé du Père et vivre une vie nouvelle. (Rm 6, 4) (CEC 537)

Ainsi donc, puisque nous avons par le sang de Jésus un libre accès dans le sanctuaire,
par la voie nouvelle et vivante qu’il a inaugurée( …)
approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi,
le cœur purifié d’une mauvaise conscience, et le corps lavé dans une eau pure. (Hb 10, 22)

Le sacrement de Pénitence

Par le baptême, l’homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Or, cette vie, nous la portons en des vases d’argile (2 Co 4, 7) (…) Cette vie nouvelle d’enfant de Dieu peut être affaiblie et même perdue par le péché.
Le Seigneur Jésus-Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps, a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit-Saint, son œuvre et guérison et de salut (…). C’est le but des deux sacrements de guérison : le sacrement de Pénitence et l’Onction des malades. (CEC 1420-1421)

Dans sa miséricordieuse tendresse, Dieu nous offre la réconciliation :

Dieu nous a réconciliés avec Lui dans le Christ, n’imputant pas aux hommes leurs offenses,
et nous a confié le ministère de la réconciliation…
Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. (2 Cor 5, 19-20)

C’est par le canal de ses prêtres que nous pouvons obtenir cette réconciliation, car c’est à eux, et à eux seuls, que Jésus a confié ce ministère au moyen du Sacrement de Pénitence :

Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. (Jn 20, 22-23)

« La confession fréquente augmente la vraie connaissance de soi, favorise l’humilité chrétienne, tend à déraciner les mauvaises habitudes, combat la négligence spirituelle et la tiédeur, purifie la conscience, fortifie la volonté, se prête à la direction spirituelle et, par l’effet propre du sacrement, augmente la grâce. » (Pie XII)

Autrefois vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.
Marchez donc comme des enfants de lumière.
Et le fruit de la lumière, c’est tout ce qui est bon, juste et vrai. (Ep 5, 8)

Vous êtes la lumière du monde … Qu’ainsi votre lumière brille devant les hommes,
afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Mt 5, 14,16)

Ne nous glorifions surtout pas d’être la « lumière du monde » ! Par nous-mêmes, nous ne sommes capables d’aucun bien, et nous n’avons pas à nous glorifier du bien qui peut se faire par nous (ou alors, il se détruit instantanément, et le miroir se ternit !) : c’est à la grâce de Dieu que nous le devons, et c’est à Lui que nous devons l’attribuer et le faire remonter.
Mais attachons-nous à garder précieusement cette lumière, comme notre trésor le plus précieux :

Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile,
afin qu’il paraisse que cette souveraine puissance vient de Dieu et non pas de nous. (2 Cor 4, 7)

La chasteté : le respect et la pureté du corps
(les « vases d’argile »)

La chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et, par là, l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel …
La sexualité, en laquelle s’exprime l’appartenance de l’homme au monde corporel et biologique, devient personnelle et vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne, dans le don mutuel entier et temporellement illimité de l’homme et de la femme. (CEC 2337)

La vertu de chasteté est placée sous la mouvance de la vertu de TEMPÉRANCE, qui vise à imprégner de raison les passions et les appétits de la sensibilité humaine. (CEC 2341)

Un don de Dieu

La chasteté est une VERTU MORALE. Elle est aussi un don de Dieu, un fruit de l’œuvre spirituelle. (CEC 2345)

Marchez selon l’esprit et vous n’accomplirez pas les convoitises de la chair…
Le fruit de l’Esprit, c’est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude,( …) la tempérance.
Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.
Si nous vivons par l’esprit, marchons aussi par l’Esprit. (Ga 5, 16, 22-25)

La chasteté est une vertu qui protège l’amour authentique, fait respecter les réalités du mariage, et gouverner, selon la loi divine et naturelle, les désirs et les puissances attachées à la faculté génératrice.
(Abbé PAUL. Le dessein de Dieu et les merveilles de son Amour miséricordieux)

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous,
et que vous avez reçu de Dieu, et que vous n’êtes plus à vous-mêmes ?
Car vous avez été rachetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps. (1 Cor 6, 19-20)

Nous avons-nous été rachetés… A quel prix ?

Le Christ a Lui-même porté nos péchés en son corps sur le bois,
afin que, morts au péché, nous vivions pour la justice :
car « c’est par ses meurtrissures que nous avons été guéris ». (1 P 2, 24. cit Is 53, 5)

Dans le langage biblique, le mot « justice » signifie « sainteté » … et il n’y a pas de sainteté sans pureté :

Pas de sainteté sans pureté

Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification : que vous évitiez l’impudicité,
et que chacun de vous sache garder son corps dans la sainteté et l’honnêteté,
sans l’abandonner aux emportements de la passion,
comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu.
Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sainteté. (1 Th 4, 3-5, 7)

Offrez vos corps comme une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu :
c’est là le culte spirituel que vous Lui devez. (Rm 12, 1)

L’homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, elles lui paraissent une folie, et il ne peut les comprendre, parce que c’est par une lumière spirituelle qu’on doit en juger. (1 Co 2, 14-15)

L’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit ni le connaît… (Jn 14, 17)

Aveuglement de l’esprit, abandon de la crainte de Dieu, dégoût des choses divines et de la vertu, dureté de cœur, perte de la foi, et souvent, l’impénitence finale … telles sont les conséquences de l’impureté.

Celui qui s’unit au Seigneur est un seul esprit avec Lui. Fuyez l’impudicité :
quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors de son corps ;
mais celui que se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. (1 Co 6, 17-18)

Pour conserver la pureté, quels moyens ?

Celui qui veut demeurer fidèle aux promesses de son baptême et résister aux tentations veillera à en prendre les moyens : la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux situations rencontrées, l’obéissance aux commandements divins, la mise en œuvre des vertus morales et la fidélité à la prière. (CEC 2340)

La pudeur

Le sentiment de la pudeur est une sorte de respect du mystère de la génération.

La pureté demande la pudeur. Celle-ci est une partie intégrante de la TEMPÉRANCE.
La pudeur préserve l’intimité de la personne. Elle désigne le refus de dévoiler ce qui doit rester caché. Elle est ordonnée à la chasteté dont elle atteste la délicatesse. Elle guide les regards et les gestes conformes à la dignité des personnes et de leur union. (CEC 2521)

La pudeur protège le mystère des personnes et de leur amour. Elle invite à la patience et à la modération dans la relation amoureuse ; elle demande que soient remplies les conditions du don et de l’engagement définitif de l’homme et de la femme entre eux. (CEC 2522)

La pureté chrétienne demande une purification du climat social. Elle exige des moyens de communication sociale une information soucieuse de respect et de retenue. La pureté du cœur libère de l’érotisme diffus et écarte des spectacles qui favorisent le voyeurisme et l’illusion.
Ce qui est appelé la permissivité des mœurs repose sur une conception erronée de la liberté humaine ; pour s’édifier, cette dernière a besoin de se laisser éduquer au préalable par la loi morale.
Il convient de demander aux responsables de l’éducation de dispenser à la jeunesse un enseignement respectueux de la vérité, des qualités du cœur et de la dignité morale et spirituelle de l’homme. (CEC 2525-2526)

Le combat pour la pureté

Le Baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés. Mais le baptisé doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu, il y parvient :
– par la vertu et le don de chasteté, car la chasteté permet d’aimer d’un cœur droit et sans partage.
– par la pureté d’intention qui consiste à viser la fin véritable de l’homme : d’un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu.
– par la pureté du regard, extérieur et intérieur ; par la discipline des sentiments et de l’imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures qui inclinent à se détourner de la voie des commandements divins : « la vue éveille la passion chez les insensés » (Sg 15, 5)
– par la prière. (CEC 2520)

Moyens naturels :

Garde et mortification des sens – fuite des occasions « à risque » – tempérance dans la nourriture et la boisson.

Inversement, veiller à ne pas être pour les autres une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. (Rm 14, 13)

En particulier, savoir rester libre par rapport aux pressions de la mode ! (tenue sur les plages, jupes trop courtes ou jupes fendues, pantalons trop moulants…). Cet esclavage de la mode, trop souvent contraire à toute décence, réserve ou discrétion, est inconciliable avec la simple dignité humaine et, plus encore, avec notre dignité de baptisé.

La pudeur est modestie. Elle inspire le choix du vêtement. Elle maintient le silence ou le réserve là où transparaît le risque d’une curiosité malsaine. Elle se fait discrétion. (CEC 2522)

Moyens surnaturels : la prière et le recours aux sacrements

« Pour conserver intacte cette chasteté, ni la vigilance (fuite des tentations et des occasions de péché), ni la pudeur ne sont suffisantes.
Il faut encore utiliser ces secours qui dépassent nos forces naturelles :
la prière, les sacrements de Pénitence et de l’Eucharistie, et une dévotion ardente envers la Très Sainte Mère de Dieu« . (Pie XII)

Aucune tentation ne vous est survenue, qui dépasse la mesure humaine.
Dieu est fidèle : Il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces.
Mais avec la tentation, Il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de le supporter.
(1 Cor 10, 13)

Pour mériter de « voir Dieu »…

« Voir Dieu » est la récompense promise aux « cœurs purs » (Mt 5, 8).
La pureté est donc un bien très précieux que nous devons nous attacher à garder avec grand soin.
Pour cela, il nous faut vivre « dans la Foi », vivre « de la Foi ».

C’est la Parole de Jésus qui nous purifie

Déjà, vous êtes purs, à cause de la Parole que je vous ai annoncée. (Jn 15, 3)

Rejetez toute souillure et tout reste de malice,
et accueillez avec douceur la Parole qui a été plantée en vous et qui peut sauver vos âmes.
(…) La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu le Père, la voici :
visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse,
et se garder pur des souillures du monde. (Jc 1, 21, 27)

Vivre dans la Foi

La vie de Foi, c’est faire l’UNITÉ entre notre vie pratique et nos certitudes invisibles.

Il ne s’agit pas de « cloisonner », comme si nous avions deux vies parallèles et indépendantes : d’une part, la vie chrétienne, aller à la messe, faire sa prière le soir, etc … et d’autre part, la vie quotidienne.

Ce que Dieu attend de nous, n’est-ce pas plutôt que cette vie quotidienne, naturelle, soit imprégnée tout entière des réalités dont nous vivons sur le plan surnaturel. La vie chrétienne, c’est un « tout ».

Vivre de la Foi

Pour garder la pureté, il nous faut vivre de notre foi. Si nous en vivons vraiment, nous saurons la faiblesse de notre nature, et le secours que nous pouvons attendre de Dieu : c’est en Lui que nous pourrons trouver et conserver la pureté.

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige …
Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle au-dedans de moi un esprit bien disposé… Soutiens-moi par un esprit de bonne volonté. (Ps 50, 9, 12)

« Prendre notre foi au sérieux »

Vous êtes purs, à cause de la Parole que je vous ai annoncée… (Jn 15, 3)

Nous n’avons qu’à prendre notre foi au sérieux, à recueillir la parole dite et à marcher à sa lumière.
Le danger de notre vie, c’est de nous distraire, c’est de porter le trésor de notre foi dans un coin reculé de notre âme. Il n’est besoin, pour grandir dans la vie surnaturelle, que de marcher à la lumière que nous portons en nous, à la lumière de notre foi.

Prendre au sérieux notre foi, c’est adopter un procédé pour porter plus de fruit. Ce procédé, c’est se faire une âme petite, une âme réduite. Presque tout le travail et l’effort de la vie surnaturelle se ramène à cela : nous faire une âme petite.

Dans le cours de la vie, nous sommes répandus dans une multitude de choses ; nous avons besoin d’émotions sensibles …
La disposition, l’effort de notre vie, doit être de retirer en quelque sorte notre âme de toute cette étendue, de réduire nos affections, de limiter nos attaches, de laisser l’âme se replier sur son centre intime et profond où Dieu habite ; réduire notre sensibilité qui n’est qu’expansion, réduire notre âme à n’être plus qu’un atome vivant, se perdre dans la lumière de Dieu, se perdre dans la tendresse de Dieu.

Nous n’avons la fécondité qu’à condition de nous désintéresser d’une multitude de choses et decomprendre que Dieu seul est intéressant, digne d’attention.
(Dom DELATTE, osb. Demeurez dans mon amour. Ed. Solesmes)

Quelques belles prières de purification

– L’acte de contrition.
– Le « Je confesse à Dieu ».
– Les psaumes de la Pénitence : 6 – 31 – 37 – 50 – 101 – 129 – 142.
– « Âme du Christ… »