32 – ÉDUCATION DE NOS ENFANTS AU DÉTACHEMENT (conseils pratiques)

Saint Jean-Paul II nous le demande : « Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels ». Dans cette perspective, ce document vous propose toute une série de points pratiques d’effort.

L’Enfant-Jésus que nous contemplons, couché sur la paille, a voulu naître « plus pauvre que les plus pauvres »…
Sommes-nous prêts à L’imiter, comme nous y invite tout l’Évangile ? jusqu’à un tel dénuement ?
Sans aller jusqu’à pareil extrême, n’avons-nous pas, tous, à recevoir, devant la crèche, quelques leçons de simplicité ?

Nous vivons, en effet, dans un monde où les « valeurs » vantées publiquement, officiellement, sont celles de la consommation et du confort… Autrement dit, tout à l’opposé des conseils évangéliques… Réalisons-nous suffisamment le danger d’une telle tendance ? Pour nous-mêmes et plus encore pour nos enfants ?

Devant la crèche, demandons la grâce de garder toute notre liberté vis-à-vis de toutes les choses créées, ce parfait détachement dont la Sainte Famille nous donne l’exemple.
Savoir se contenter de ce que l’on a, sans se plaindre de ce qui nous manque, c’est aussi une grâce qu’il faut demander. La « grâce de Noël », cela peut être aussi d’apprendre à résister à toutes les sollicitations dont nous sommes l’objet dans ce domaine de la consommation.

Bien sûr, il y a une consommation normale, juste, légitime, mais elle a aussi ses limites : à nous de nous fixer ces limites, à nous de ne pas les dépasser. Sachons nous faire sur ces points une « règle de vie »… et nous y tenir. Dans la mesure où nous aurons acquis une bonne maîtrise de nous-mêmes sur ces points, nous pourrons mieux alors les imposer à nos enfants.

Une des grandes leçons de la crèche, c’est donc le détachement. Pour élever nos enfants dans ce contexte étouffant de la société de consommation dans lequel nous baignons, il est indispensable, mais difficile, de leur apprendre à résister à cette fascination et à être « toujours contents« .

Bien qu’affrontés aux difficultés, souvent plus grandes aujourd’hui, de leur tâche d’éducateurs, les parents doivent, avec confiance et courage, former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine.
Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que « l’homme vaut plus par ce qu’il EST que par ce qu’il A« . (Jean-Paul II. Familiaris consortio)

Comment résister à cette « fascination » de la sur-consommation ?

Où est votre trésor, là sera votre cœur… (Lc 12, 34).
Seul un solide ancrage spirituel, une vie de prière régulière, (prière familiale, et pas seulement individuelle) nous permettront d’établir une juste hiérarchie des valeurs, la distinction entre « nécessaire » et « accessoire », de relativiser, de gouverner nos envies… et nous donneront le goût de vivre simplement.

Exemple personnel des parents, et fermeté pour établir les limites raisonnables de la consommation familiale, et les faire respecter (alimentation, vêtements, loisirs, etc.)
S’en tenir à l’essentiel, au juste nécessaire, en fonction des critères « nécessaire » ou « accessoire« .
Fermeté ensuite pour… résister aux réclamations ! Il n’est jamais bon de céder…

Lutter contre le gaspillage :
Finir ce qu’on a dans son assiette, ou le biscuit du goûter dont on ne veut plus… Ne pas jeter, ne pas abîmer les choses (fournitures scolaires !) ; éviter le gâchis d’eau, de papier, ou de toute autre chose, respecter les objets …

Encourager le travail manuel :
outre l’acquisition d’un « savoir-faire », la peine qu’il faut prendre pour réaliser jusqu’au bout l’ouvrage commencé apprend la ténacité, la patience … et donne le sens de la vraie valeur des choses. C’est ainsi qu’on apprend à les respecter.

La patience : savoir attendre, sans avoir tout, et tout de suite : accepter de ne pas tout avoir ; modérer ses désirs, apprendre à se contenter de ce qu’on a… tout en gardant le sourire !

Le signe d’un cœur content est un visage joyeux. (Qo. 13, 25)

Ainsi, une bonne tenue à table, attendre, avant de commencer à manger, que tout le monde soit servi, et que les parents aient eux-mêmes commencé, est non seulement un exercice de patience et de politesse, mais apprend à maîtriser ses instincts : différence entre un enfant et un petit animal …

Renoncer délibérément à certaines facilités.
Le confort s’oppose à l’effort. Mais c’est dans l’effort que l’on se grandit. Lutter contre les solutions de facilité. Exemple : transports à pied ou en vélo plutôt qu’en voiture, pour de petites distances.

Limiter la consommation
Télé ou films sur magnétoscope : établir la « dose » raisonnable une fois pour toutes : on pourra le décider en famille, mais ensuite on ne revient pas dessus. Cela économisera beaucoup de tensions dans la maison… Mais limiter aussi les gadgets, les jouets, les friandises… tout ce qui relève de l’accessoire (pour ne pas dire de l’inutile).
Choisir parmi les jeux ceux qui stimulent l’activité de l’intelligence, un esprit de construction active, tout ce qui favorise le sens de l’effort. Et toujours se méfier de la passivité : « l’oisiveté est mère de tous les vices« .

Une difficulté réelle :

la comparaison que les enfants ne manquent pas de faire avec les autres, en classe ou dans le quartier, ce qui engendre bien vite un esprit de réclamation continuelle. Ils se sentent très vite « lésés » !

Par rapport à ceux qui ont « plus » sur le plan matériel, admettre le constat : oui, c’est évident.
Mais faire réfléchir les enfants sur ce que nous pouvons avoir, nous, « en plus » et qui peut manquer aux autres, d’une valeur infiniment plus profonde : le bonheur d’une famille nombreuse (où, inévitablement, le partage limite la part de chacun !) et unie, ce qui attire tant le pauvre fils unique, comblé des jouets les plus beaux, mais isolé.

Mais surtout apprenons-leur à ne pas faire de comparaison, et à fuir l’esprit de revendication.

Profitons de ce temps de Noël pour actualiser le problème :
« Et l’Enfant Jésus, à la crèche, avait-il tant de choses ? Il n’avait même pas les choses les plus indispensables ! Alors, ne nous plaignons pas. Ne nous plaignons jamais. D’autres sont bien plus malheureux ».

Ouverture du cœur

C’est le meilleur antidote contre l’esprit de possession. Et c’est la solution au problème précédent.
Au lieu de tout ramener à soi, nos enfants ont à apprendre la charité fraternelle : s’ouvrir aux autres « comment leur faire plaisir ? »
Les nôtres n’ont sûrement pas « tout », mais regardons un peu du côté des plus démunis : qu’attendent-ils de nous ?

Tout ce que vous aurez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’aurez fait..
(Mt 25,40)

Prêter ses affaires, laisser aux autres la meilleure place en voiture, ou à table, ou sa chambre à sa grand’mère de passage, jouer à un jeu qu’on n’a pas choisi, ou garder le sourire quand on a perdu à ce jeu (surtout si ce n’est pas le jeu qu’on voulait !) …sont des exercices de détachement souvent difficiles à obtenir.

Une éducation à contre-courant…

C’est bien cela qui nous est demandé. C’est très exigeant : nécessairement, il faut ramer, et même ramer énergiquement, sous peine de dériver…
Un exemple : si, au lieu d’un film à la télé ou au magnétoscope, où les enfants sont passifs, nous proposons un jeu actif, nous serons, nous, beaucoup plus mis à contribution. Mais c’est cela qui permet d’avoir un réel contact avec nos enfants et de mieux les suivre. C’est une œuvre de longue haleine : nous en serons récompensés plus tard.

Dans ce rude combat contre le matérialisme qui guette nos enfants, nous pouvons assurément compter sur le secours de la grâce et de l’Amour Divin, qui nous est assuré aussi longtemps que nous Lui sommes fidèles dans la prière.