31 – LES ENFANTS ET LE SENS DU SACRIFICE (conseils pratiques)

Si l’on admet que le « sacrifice » fait partie intégrante de la vie chrétienne, d’où vient alors que l’on ait trop souvent tendance à occulter auprès des enfants le simple mot et surtout la pratique du sacrifice ? Il n’y a – à cela – aucune raison valable… Nous touchons là à un point essentiel : il n’y a pas de vraie formation chrétienne sans une éducation au sacrifice, intelligente et positive.


Est-ce nécessaire de former les enfants au sens du sacrifice ?

Si l’on admet que le « sacrifice » fait partie intégrante de la vie chrétienne, d’où vient alors que l’on ait trop souvent tendance à occulter auprès des enfants le simple mot et surtout la pratique du sacrifice ?

Il n’y a à cela aucune raison valable : l’itinéraire de la vie chrétienne est le même pour les enfants que pour nous : étant baptisés, rachetés par la mort et le sang de Notre Seigneur, ils ont, tout autant que nous, à “se configurer au Christ”.
Et cette imitation de Jésus passe, pour eux comme pour nous, par la croix et par le sens du sacrifice.

“Seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation…
Il n’est pas possible de supprimer le sacrifice dans la vie de la famille… mais il faut au contraire l’accepter de bon coeur…”
(Jean-Paul II Les tâches de la famille chrétienne, Familiaris Consortio § 21 et 34)

Nous touchons là à un point essentiel : il n’y a pas de vraie formation chrétienne sans une éducation au sacrifice.

Mais est-ce encore possible ?

Peut-on encore, au XXIème siècle, parler aux enfants de « sacrifice » ?

Et pourquoi pas ? Le fonds de la nature humaine aurait-il changé ?
Ce qui change, suivant les époques, ce sont les conditions extérieures, un certain mode de vie, qui se révélera plus ou moins favorable à la pratique de la vie chrétienne.
Mais la nature humaine ne change pas.

Il dépend de nous de faire dans notre vie familiale les choix nécessaires pour que notre mode de vie soit en accord avec la foi et la charité chrétiennes.

“L’amour des parents devient l’âme et la norme qui inspirent et guident toute l’action éducative concrète, en l’enrichissant des valeurs de douceur, de constance, de bonté, de service, de désintéressement, d’esprit de sacrifice, qui sont les fruits les plus précieux de l’amour. »
(Jean-Paul II Familiaris Consortio § 36)

Les difficultés rencontrées

Il faut bien reconnaître que les circonstances extérieures ne nous facilitent pas le travail :

Bien qu’affrontés aux difficultés, souvent plus grandes aujourd’hui, de leur tâche d’éducateurs, les parents doivent, avec confiance et courage ; former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine.
Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que l’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a.
(Jean-Paul II Familiaris Consortio § 37)

Notre vie chrétienne est à ce prix.

Cependant, gardons confiance : le Seigneur ne nous envoie jamais des difficultés plus grandes que ce que nous pouvons supporter. Et pour ce qui nous semble au-dessus de nos forces, appuyons-nous sur sa grâce. Si nous Lui restons fidèles, Il nous fera trouver les solutions.

Les « atouts » dont nous disposons

Une générosité naturelle des petits…

Il faut savoir qu’il existe, chez l’enfant, de 3 ans 1/2 à 5 ans 1/2, comme une disposition naturelle à faire plaisir aux autres : cela va faciliter cette formation de nos enfants au sacrifice.
Les enfants sont par nature généreux, capables de sacrifice, et même très tôt (3 ou 4 ans).
Et donc, plus tôt on les y formera, moins cela leur sera difficile !

Précisons bien : ce ne sont pas des stoïciens que nous cherchons à former, mais d’authentiques chrétiens, à l’image et la ressemblance du Christ.

Cette formation au sacrifice, accompli par amour, débouche sur la joie, une joie surnaturelle qui nous est donnée par Dieu.

Nous allons donc pouvoir tirer parti de cette disposition naturelle pour l’éducation de la générosité et du sacrifice.
Toutefois, comme toute disposition naturelle, cette générosité ne se développera et ne s’épanouira que si elle est soutenue, fortifiée, canalisée … et « surnaturalisée » par l’éducation.

… qu’il faut « surnaturaliser »

Aimer, c’est faire plaisir à Dieu, faire plaisir aux autres : cette éducation de la charité demande de savoir se gêner pour eux. Renoncer généreusement à sa petite volonté, c’est le début de l’apprentissage du sacrifice, sans lequel il ne peut y avoir de véritable charité.

L’éducation du sacrifice, c’est-à-dire renoncer à sa volonté propre, c’est donc bien à cet âge qu’il faudra la commencer.

Ces renoncements ne seront rien s’ils ne sont pas reliés à l’amour de Jésus : c’est par amour pour Lui qu’on le fait, pour Lui faire plaisir, pour Lui ressembler, et c’est Lui qui nous donne la force de faire ces sacrifices :

« Sans Moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5)

Les conseils de Mgr. Chevrot nous tracent la voie d’une éducation « positive ».

Les « petits sacrifices » : qui donc a inventé cette expression pleurnicharde ? D’abord, rien n’est petit au service de Dieu. Et puis, il n’y a qu’UN sacrifice qui compte : le sacrifice parfait de Jésus-Christ.

Mais si, pour s’unir à l’unique sacrifice de Jésus, votre enfant sait renoncer à un vilain acte d’égoïsme, alors, grâce à Jésus et pour Lui, il remporte une « grande victoire » dont il sera tout joyeux.
On me dira : « En fin de compte, c’est la même chose : dans les deux cas, vous demandez à l’enfant une privation. » – Essayez seulement et vous verrez que la « victoire » le séduira beaucoup plus que le « sacrifice« . Le climat n’est pas le même : c’est un climat de joie.
(Mgr. Chevrot. La foi de l’enfant et sa formation eucharistique. TEQUI 1950)

Le Père Thévenin lui fait écho : chacun de ces petits renoncements quotidiens s’inscrit normalement dans « l’esprit de sacrifice » :

Entendons-nous bien : pas de « petits sacrifices », comme on le disait autrefois.
Non, le sacrifice, au singulier ! Apprenons-nous à nos enfants que notre vie est offerte à Dieu et que l’Amour est l’union dans la ressemblance ?

Nous devons leur dire : « Jésus est mort pour toi, à toi d’offrir tes peines, tes souffrances, ta maladie qui te maintient au lit pour quelques jours, pour Lui.
Un jour, tu mourras, toi aussi, Dieu seul sait quand. Alors à ton tour, tu Lui donneras avec un grand amour ta vie comme Il a donné la sienne à son Père pour toi« .

Voilà ce qu’il faut dire à l’enfant : ce qui le place très haut dans le mystère pascal, tel que saint Paul nous le livre

Il faut donner à l’enfant la révélation de TOUT le mystère chrétien, en le mettant à sa portée, avec un vocabulaire qui soit le sien ou qui lui soit abordable.
Il faut lui montrer l’amour qui animait les grands saints qui voulaient en tout imiter le Christ, et qui, par grâce, lui offrirent leur vie, afin de rendre amour pour amour.
(Père Thévenin. Revue « Communio », mars-avril 1985)

Même écho encore chez Madame Damez :

Il est important de donner aux tout-petits le sens complet du sacrifice, de ne pas en diminuer la doctrine. Ne dites pas : « ils sont trop petits pour comprendre ».
Les âmes pures ont une ouverture splendide, c’est près d’elles que l’on se rend compte de la richesse de l’organisme surnaturel mis en elles par le baptême, organisme qui leur permet d’accéder aux plus hautes vérités. Et pourtant, à nos regards humains, ces petits paraissent parfois bien peu doués intellectuellement (…)
(Mme DAMEZ. Comment faire jaillir la vie. Ed. TEQUI 1943)

Importance de l’exemple

Le premier élément de toute éducation, le meilleur enseignement, en tous les domaines, des petites choses aux plus grandes, c’est toujours l’exemple.

Cela vaut pour la politesse, les bonnes manières, mille détails de la vie quotidienne.
Cela vaut pour la vie de prière

A plus forte raison pour la formation au sacrifice, de cette offrande totale de soi-même à Dieu pour faire sa volonté et Lui être agréable.

“N’oublions pas, parents chrétiens, que l’exemple est primordial en éducation et que c’est notre exemple qui portera le plus sûrement nos enfants vers Dieu.

C’est chez le tout-petit que les habitudes se prennent… Vers nos petits qui nous imitent, qui suivent notre exemple, penchons-nous pour exprimer notre âme, la raison de nos gestes, de nos attitudes…

Une âme en contact avec Dieu rayonne inévitablement.
Croyons-le, n’oublions pas cette force que nous possédons : vivons notre foi !”
(Mme DAMEZ Comment faire jaillir la vie)

Apprendre à se renoncer : nos enfants en auront besoin toute leur vie. Il n’y a aucune raison d’attendre, nous devons au contraire les y entraîner dès la petite enfance.

Ne cédons pas à l’idéologie rousseauiste dans laquelle notre monde est immergé : nos petits trésors, eux aussi, sont marqués par le péché originel, et ce que nous devons leur dire de la Croix dans la vie du chrétien s’adresse à eux aussi.

Pour pouvoir exiger de nos enfants des efforts, donnons l’exemple. Ne cherchons pas à leur demander les sacrifices auxquels nous nous dérobons nous-mêmes : cela ne « prendrait » pas !

Cette formation dépend donc beaucoup de notre propre attitude vis-à-vis des biens matériels
Notre exemple est d’autant plus nécessaire que ces renoncements nous demandent d’aller à contre-courant du monde moderne : ce n’est pas facile !

Comment un enfant y parviendra-t-il s’il n’en a devant lui aucun exemple ? …S’il est élevé dans le culte de la facilité, du bien-être matériel, la recherche du plaisir ?
…S’il n’a jamais appris à faire plaisir aux autres, quitte à se priver un peu ?

Comment, dans ce cas-là, demander aux enfants de tout faire pour l’amour de Dieu, pour Lui rendre gloire, pour faire sa volonté ? Ce qui freine trop souvent la générosité des enfants, ce sont nos égoïsmes d’adultes.

Il s’agit moins, de notre part, de manifestations extérieures que d’une manière d’être intérieure :
l’enfant sentira l’esprit de sacrifice chez l’adulte, ce sera « l’esprit de la maison« , il s’en imprégnera comme par osmose, par rayonnement, comme pour la prière.
La pratique du renoncement s’acquiert beaucoup plus aisément dans un tel contexte.

Cela ne dispensera pas la maman de veiller à demander, ou rappeler – doucement ou plus énergiquement suivant les cas – les efforts à faire aux moments opportuns.

A quel âge commencer cette éducation au sacrifice ?

A tous points de vue, les premières années de l’enfance sont précieuses : ne les laissons pas passer sans développer au mieux ce formidable potentiel déposé en eux par le Créateur.
C’est maintenant que s’établissent les « fondations » de l’homme ou de la femme de demain.

Plus tard… ce sera trop tard. Nous n’avons pas à hésiter : apprenons à nos petits, dès leurs premières années, à vivre, non pas pour eux-mêmes et leur petit plaisir, mais pour Dieu qui leur a tout donné.

Plus tôt nous commencerons cette éducation du sacrifice, et mieux ce sera… pour eux et pour nous.
Nous en recueillerons les fruits à l’adolescence.

Les étapes

– La toute première étape, c’est de leur apprendre à vivre sous le regard de Dieu : ce qui peut commencer même avant 2 ans.

– Puis, au réveil, nous leur apprendrons à offrir au Seigneur leur cœur et toute leur journée.

– Simultanément, en leur apprenant à faire le signe de Croix (dès 15 mois), nous mettons dans leur cœur comme une pierre d’attente pour plus tard.

– Ayons foi dans la puissance de leur baptême et de la vertu de foi déposée dans leur âme : c’est cette force surnaturelle qui agira dans l’âme de l’enfant pour lui donner le sens de la Croix et du sacrifice, et le désir de tout bien faire « pour Jésus ».

– Viendra ensuite l’acceptation des choses qui coûtent davantage :

– d’abord, résister à leurs caprices,
– puis l’indispensable apprentissage de l’obéissance,
– dire la vérité en toutes circonstances : ce sera toujours plus facile à obtenir d’un enfant déjà habitué à vivre sous le regard de Dieu.

– Nous avons vu que l’enfant de 4 ans est naturellement généreux, porté à « faire plaisir aux autres : à nous de tirer parti de cette disposition naturelle pour encourager l’enfant à cet « apprentissage » du sacrifice.

Cette générosité enfantine n’est pas le fait que de quelques rares enfants privilégiés.
Leur exemple montre que c’est une chose possible : c’est aussi la voie à suivre pour nos propres enfants. Le facteur éducation tient un rôle essentiel.

Tablons sur cette idée-force en éducation :

pour grandir, il faut se dépasser, et c’est l’effort qui nous grandit.

Des exemples pris dans la vie des saints

Les enfants sont de grands imitateurs : tout dépend donc des modèles que nous leur proposerons. N’hésitez pas à mettre “la barre très haut” : vous serez étonnés du résultat.

Les exemples des saints sont là pour nous en convaincre. Mais si nos enfants n’en entendent jamais parler, comment pourront-ils seulement penser que cela soit possible…?

On en trouve, en particulier, de nombreux exemples dans les vies d’enfants morts jeunes, très avancés en sainteté : Anne de Guigné, les enfants de Fatima… et bien d’autres…
Ces enfants ont eu parfois à accepter de grandes souffrances : cela ne leur a été possible que parce qu’ils avaient déjà l’habitude de vivre en faisant tout par amour pour Dieu : en esprit de sacrifice.

Et ces histoires intéressent beaucoup les petits… et même les adolescents.

Formation pratique des enfants au sacrifice dans la vie quotidienne…

La formation des enfants au sacrifice comporte deux volets complémentaires :

– une éducation, d’abord, qui commence très tôt : c’est ce que nous envisageons ici.

– un enseignement sur le sacrifice, que l’on peut commencer à partir de 4 ou 5 ans (proportionné à l’âge, bien sûr).

Concrètement, quelques idées pratiques ?

– Quitter son jeu ou sa lecture pour rendre un service,
– faire (ou manger…) ce qu’on n’aime pas
– ne pas manger entre les repas…
prêter ses affaires, donner ce qu’on a de meilleur, ou ce à quoi on est le plus attaché
– laisser un autre parler à sa place, ou lui laisser la meilleure place
– rester et s’appliquer à son travail, alors qu’on a si envie d’aller jouer dehors
se priver d’une friandise, ou manger de ce qu’on n’aime pas
– jouer avec un malade au lieu d’aller courir dehors
– faire sa prière même si on n’en a pas envie (c’est donner de son temps à Jésus, lui tenir compagnie un instant)
– se retenir de dire une méchanceté à son frère, ou de lui envoyer un coup de pied
pardonner : ne pas chercher à se venger, ni dire du mal des autres, ni rapporter, mais toujours chercher la paix, comme Jésus, même si on doit être accusé injustement… (çà, c’est héroïque ! ) – ne pas se moquer des autres… Etc.

En particulier, à ce sujet,

ne jamais tolérer une moquerie vis-à-vis d’un handicapé, mais leur apprendre à voir en lui un membre souffrant de Jésus-Christ : avoir à son égard une attitude de respect, de compassion, de charité qui peut être un réel renoncement à soi-même, un vrai sacrifice : surmonter un dégoût, jouer avec lui, au besoin le défendre contre les moqueries des autres…

L’obéissance

Parmi tous ces renoncements, l’obéissance, sacrifice de la volonté personnelle, de l’amour-propre, tient la toute première place…
Elle n’est pas facultative ! Elle découle directement de la fonction naturelle d’autorité que détiennent les parents auprès de leurs enfants, de la part même de Dieu. (4ème commandement).

Si cette éducation de l’obéissance n’a pas été faite en son temps, c’est-à-dire dès les toutes premières années, il y a fort à parier qu’ils ne sauront jamais vraiment obéir !

Rien n’est plus insupportable qu’un enfant qui se fait répéter cinq ou six fois le même ordre avant d’aller l’exécuter en traînant les pieds, en protestant, n’en faisant que la moitié, pour bien signifier qu’il n’est pas d’accord.

Ce n’est pas cette « obéissance »-là qui plaît à Jésus : l’obéissance doit être prompte, joyeuse, entière.

Mais c’est à nous d’habituer nos petits à obéir « tout de suite« , « avec le sourire« , et « jusqu’au bout » : l’obéissance est la meilleure manière de ressembler à Jésus.

La patience

Savoir attendre, ne pas avoir tout, tout de suite.
Supporter ce qui nous ennuie, l’agacement du voisin, les frictions de caractère, etc.
Supporter sans se plaindre un bobo, un petit malheur, ou un mot désagréable de la part du voisin.
Ne se plaindre… ni du chaud, ni du froid, ni d’une contrariété imprévue…

Créer de bonnes habitudes

Le moyen le plus sûr est de commencer avec l’aîné, et tout-petit : créer de bonnes habitudes dès le départ, les suivants marcheront plus facilement dans le sillage tracé.
Si les bonnes habitudes sont prises en temps voulu, elles sont prises pour toute la vie. Mais si le « pli » n’est pas pris tout-petit, comment, devenu plus grand, l’enfant parviendra-t-il à renoncer à sa volonté propre ?
Au tout début, cela tient du « dressage », c’est vrai, mais l’important à cet âge est bien de donner des habitudes, c’est-à-dire des acquisitions qui rendent facile et naturel ce qui auparavant demandait un effort.
Nous ne parviendrons pas à ce résultat du premier coup : c’est même souvent un travail de longue haleine, de grande patience, mais indispensable.

Cela demande de notre part une grande fermeté (toujours garder son calme) : nous la puiserons dans notre « grâce d’état » de parents. C’est pour nous un devoir.

Notons enfin que nous obtiendrons d’autant plus facilement l’obéissance de nos enfants que nous donnerons nous-mêmes l’exemple de la fidélité à nos devoirs d’état.

Ne pas céder aux caprices

Ce point est également d’une importance capitale.
Et cela peut et doit commencer dès la plus petite enfance. Plus tard… trop tard !

Bien souvent, les enfants nous ont « à l’usure« . Ils savent bien qu’en insistant, ils finiront par obtenir ce dont ils ont envie : le petit pain au chocolat ou une friandise en passant devant la boulangerie, une petite voiture au supermarché, prendre à n’importe quelle heure une glace dans le congélateur, ou, à l’inverse,

– refuser ce qui est dans leur assiette aux repas
– allumer la télévision en rentrant de l’école au lieu de faire son travail de classe,
– etc.

Il est vrai que le fait de vivre, comme nous le sommes, immergés dans notre société de consommation ne nous facilite pas la tâche, et que cela multiplie à plaisir les « tentations ». Mais il est absolument indispensable d’apprendre à y résister sous peine d’en devenir esclaves, nous et nos enfants.

Établir des règles, et les faire respecter

C’est à long terme le meilleur moyen de rendre nos enfants vraiment heureux, parce que nous en ferons ainsi des hommes libres, capables de résister aux tentations.
Et les dérogations, en de rares occasions privilégiées, n’en seront que plus appréciées, et garderont toute leur saveur, car ils ne seront pas blasés.

Relier ces renoncements à Jésus

A partir de 3 ans 1/2 – 4 ans, nous pouvons tirer parti de la générosité naturelle à cet âge pour orienter l’enfant vers le don de soi : que ses petits renoncements soient consentis par amour pour Jésus et pour les autres.

En toutes ces circonstances, l’habituer à relier ces renoncements à Jésus : c’est pour Lui qu’on le fait, pour Lui faire plaisir, pour Lui ressembler, et c’est Lui qui nous donne la force de faire ces sacrifices.

Notre rôle est cependant délicat en cette matière : il ne s’agir pas d’en faire un chantage ! Moins encore, d’en dégoûter les enfants. Il y a donc un juste milieu à tenir, une discrétion nécessaire.

Et l’on ne pourra pas demander la même chose à l’un ou à l’autre enfant, cela variera suivant les caractères, les générosités.

De même, il faut faire la distinction entre l’obligatoire et le facultatif :

– il y a des choses qui ne se discutent pas,
– d’autres qui peuvent être laissées à la libre initiative de l’enfant.

– Apprenons-leur aussi que “Sans Jésus, ils ne pourront rien faire” (Jn 15, 5) : ils auront toujours besoin de s’appuyer sur l’aide de la prière et de la grâce de Jésus.

Le sens du sacrifice, pour les enfants du XXIème siècle ?

Ne croyez-vous pas que c’est cela dont le monde a besoin, un besoin urgent ?

C’est cela, ce n’est que cela qui, uni à la Croix de Jésus, sauvera le monde.