31.2 – LES ENNEMIS DU SILENCE… ET DE LA PRIÈRE (conseils pratiques)

Les « virus » qui attaquent notre silence :
le bavardage – l’agitation – le désordre – la curiosité – les bruits et les images – l’excitation.


Ce document est la deuxième partie d’une étude générale sur l’importance du silence

Connaître son ennemi est nécessaire pour pouvoir lui résister, le combattre efficacement et remporter la victoire.
Il sera bien difficile d’avoir une « âme silencieuse » si l’on ne connaît pas les pièges habituels qui peuvent nous en détourner.

Le bavardage

Ce qui rompt le silence et la paix de l’âme, ce sont moins les bruits du dehors que la disposition intérieure de notre âme : une agitation du cœur qui se traduit à l’extérieur par « les péchés de la langue ». (Jc 3, 2-12)
Si nous attachons du prix à ce silence intérieur qui préserve dans notre âme la Présence de Dieu, il faut nous astreindre à une surveillance sévère de nos paroles.

Cela va des bavardages, toutes ces « paroles inutiles » dont il nous sera demandé compte (Mt 12, 36) et des murmures (toujours se plaindre...), jusqu’aux médisances et calomnies

« C’est par l’abus de la parole que le péché est entré dans le monde, c’est par l’abus de la parole qu’il s’est propagé, et c’est à l’occasion de la parole que le démon nous fait subir bien des défaites.
Nous avons donc besoin de nous examiner en ce qui concerne l’usage et l’abus de la parole. Rien n’est facile comme de commettre des fautes dans l’usage de la parole. »
(Dom Romain BANQUET. Entretiens sur la vie intérieure)

Le bavard est comme une « ville ouverte qui n’a plus de murailles pour le protéger. » (Pr 25, 28)

Remède :
– le contrôle et la modération dans nos paroles.

Je garderai mes voies pour ne pas pécher par ma langue… (Ps 38, 2)

– une écoute attentive de l’autre.

L’agitation, la bousculade, l’urgence

Manque d’organisation… Vouloir faire trop de choses en trop peu de temps…Temps perdu… Tout cela nuit beaucoup à la qualité du silence extérieur et, surtout, du silence intérieur.
C’est toute la question de la gestion de son temps.

Remède : l’essentiel est d’avoir réfléchi à ce qui est prioritaire pour soi, au plan spirituel comme à celui de nos devoirs d’état. Puis, de s’y référer et de s’y tenir, aussi bien dans la préparation de notre emploi du temps que dans les imprévus.

Deux outils indispensables : plan de semaine et plan de journée !

Au plan spirituel, sur le long terme, retraite pour décider de ses priorités.
Et, dans les moments difficiles, petits temps de silence pour prendre du recul et invoquer le Ciel.

Le désordre

Il engendre l’énervement et la panique de dernière heure (…où est ma deuxième chaussette ???) Dispersion des sens et de l’esprit.

Remède : la discipline appropriée. Exemples :

– pour les enfants, ranger ses jouets et ses affaires le soir avant de se coucher ;
– pour nous : le classement des papiers, le rangement du linge, etc.

La curiosité

La curiosité consiste à chercher à savoir ce qui ne nous concerne pas.
Prétention à tout savoir, avoir tout lu, tout vu : encombrement et agitation de l’esprit. C’est une sorte d’avidité mentale, comme une soif de possession sur les autres.

La curiosité porte vite au « cancanage », à la médisance, ou pire.

Remède : la discrétion ! Respect du « secret » des autres.

Bruits et images inutiles ou… nocifs

TV, cassettes, walkman, internet…ou encore (surtout pour nos jeunes) l’excès de ces innombrables jeux électroniques, source de tension d’autant plus que le jeu passionne…

Posons-nous la question :

Tout cela aide-t-il à être meilleur ? plus calme ? plus équilibré ?
Est-ce que notre temps de prière passe avant ?
ou, pour les écoliers, le temps du travail scolaire (devoirs, leçons) ?

Remède : Limiter le temps passé devant une console ou une télé.

– Pour nous-mêmes, d’abord : c’est à tous les âges qu’on a besoin de silence…

– Plus encore pour nos enfants :

– choisir soigneusement les chants que nous leur donnons à écouter, les images à visionner.

– enfin, alterner avec des temps de silence d’autant plus longs que l’enfant est plus petit, car il fonctionne sur un rythme sensiblement plus lent que le nôtre.

Combien de « nounous » occupent des petits dont elles ont la garde en les mettant devant la télévision des heures entières, même à 18 mois ? C’est à nous de veiller et contrôler…

L’excitation

La gaieté est bonne, l’excitation jamais.

La gaieté produit une certaine animation, certes, mais n’exclut pas le calme que l’on peut retrouver facilement. Ce qui n’est pas le cas avec l’excitation.

Remède : contrôler ou limiter les sources d’excitation.
Pour les adultes : alcools, certaines réunions, avec musiques et lumières volontairement excitantes…
Pour les enfants, ne pas les laisser s’exciter, mais les aider à rester eux aussi dans le calme : cela seul permet de rester attentifs à Jésus.

« Le silence intérieur est le lieu de rencontre de l’âme avec Dieu.
Aussi longtemps que l’homme est dispersé, qu’il éparpille son moi dans le bruit, dans la vitesse et dans la vanité, il ne peut pas rencontrer Dieu. Il faut qu’il se rassemble, se ramasse, se recueille, afin d’attendre dans le silence le Salut de Dieu ( Lm 3, 26).« 
(Hélène LUBIENSKA de LENVAL. Le silence à l’ombre de la Parole)


Autres éléments de notre étude sur le silence :

Introduction
1 – La pratique du silence
3 – Le silence, condition de la prière
4 – Comment former nos enfants au silence ?
Marie, Mère du silence