22 – PETITE ENFANCE : ÂGE D’OR DE L’ÉVEIL SPIRITUEL (spiritualité)

Une très belle réflexion sur la si grande importance des premières années pour l’éveil à la vie spirituelle…


Le texte qui suit est extrait d’une conférence du bienheureux Marie Eugène de l’Enfant Jésus sur la prière.

Cette affirmation montre bien aux parents et éducateurs à quel point il est important de se pencher très tôt sur la petite enfance, âge d’or de l’éveil de la vie spirituelle où l’enfant est tout prêt à recevoir…

Ce texte nous dit les CAPACITÉS SURNATURELLES reçues par les enfants au BAPTÊME : c’est sur ces vérités divines que les parents peuvent et doivent s’appuyer pour orienter leurs tout-petits vers Dieu.

Et leur donner, en temps voulu, le premier savoir que réclament leur intelligence et leur foi.
Ce premier contact avec Dieu, œ début de prière, permet surtout à l’Esprit Saint d’agir et de commencer en eux l’œuvre de sainteté qu’il désire.


Voici un petit enfant qui est porté à l’église, sur les bras de sa maman. Il est baptisé, il a déjà deux ans, trois ans. Son intelligence est éveillée.
Sa maman lui montrera le tabernacle, Jésus qui est là ; ou elle le conduira devant la crèche…

Ce petit, que fait il ? Il ouvre les yeux : activité sensible.
Activité de l’intelligence : il CROIT ce que lui dit sa maman, il croit que Jésus est là.

Que va t il faire ? Il va y avoir un déclenchement de son activité de foi.
Il va envoyer un baiser au tabernacle, il va sourire à I’Enfant Jésus dans sa crèche.

Pensez vous que c’est une oraison inférieure ?
Il n’en fera peut être pas de meilleure de sa vie. Il a le baptême, il a les vertus théologales.
Plus que cela, il a les dons du Saint Esprit.

L’exercice de ses vertus théologales, des dons du Saint Esprit, n’est pas gêné par toute la couche que viendront apporter, plus tard l’égoïsme, l’égocentrisme et tout le reste, tous les péchés.
Nous pourrions dire qu’il a les vertus théologales et les dons du Saint Esprit à fleur de peau !

Et, dans ce sourire, il peut y avoir un exercice intense des vertus théologales, des dons du Saint Esprit. Et, par conséquent, une COMMUNICATION AVEC DIEU d’autant plus intime, encore une fois, qu’il n’y a pas d’obstacle, qu’il y a la pureté du cœur.

La PURETÉ DU CŒUR n’est pas autre chose qu’une SIMPLICITÉ, que la destruction des obstacles qui pourraient empêcher le libre exercice des vertus théologales.

Et à ce sourire de l’enfant à la crèche ou au tabernacle, répond un débordement de vie divine dans son âme. Ce petit enfant a touché le foyer divin, le buisson ardent, la fontaine d’eau vive, et cette fontaine d’eau vive se déclenche. Pourquoi ? Parce que la foi l’a touchée.

De même que l’hémorroïsse, qui suivait Notre-Seigneur dans les rues de Capharnaüm, trouve une grâce de guérison en touchant simplement la houppe de son vêtement, de même ce petit enfant trouvera lui même la grâce et une augmentation singulière de vie divine, uniquement dans ce contact qui est nettement surnaturel.

Ne disons pas que ce petit fait une oraison inférieure.
Peut être comme activité humaine, car il donne l’activité qu’il peut donner à son âge ; mais l’activité divine, surnaturelle, de son organisme surnaturel, est déjà très élevée et probablement très efficace.

D’où l’importance de profiter de cet âge, de son innocence, de sa pureté de cœur pour créer en lui des réflexes qui, plus tard, le porteront vers Dieu comme naturellement.

D’où l’importance de l’éducation et de la catéchèse données aux tout petits, où nous donnerons la vérité toute simple.

Il ne s’agit pas d’abord d’instruire l’intelligence de ce petit, mais il s’agit surtout de donner un aliment à sa foi. Et sa foi est peut être plus développée que la nôtre.

Cette vérité divine donnée par la catéchèse, donnée par l’Évangile, pourquoi l’envelopper de symboles qui vont la diminuer ? Donnez la à l’enfant comme elle est. (« symbole » étant compris ici comme une comparaison, une analogie, qui risque d’affaiblir la réalité)

Donnez la lui comme elle a jailli, pour ainsi dire, du cœur de Dieu et de la bouche de Notre Seigneur. Elle est destinée directement à la nourriture de sa foi.

Et il faut souhaiter que ce petit, en grandissant, puisse faire toujours cette prière parfaite, prendre ce contact intime qu’il a pris quand il était tout petit.

Voyez L’IMPORTANCE immense de L’ÉDUCATION DES TOUT PETITS, de la catéchèse des tout petits.

Pourquoi ? Encore une fois, pour CRÉER CES RÉFLEXES.

Et aussi parce que, à ce moment là, la vie surnaturelle peut se développer, peut s’épanouir, peut agir en toute liberté ; elle n’est pas gênée par les passions et par la carapace qu’ajoutent sur nos âmes – malheureusement – nos défauts, nos vices, nos péchés et aussi notre égoïsme qui se développe.

L’enfant va grandir…
Ensuite il se nourrira d’imagination, d’images : veillons à ce que ces images mettent en action aussi ses vertus théologales. C’est là le point essentiel.

Plus tard, il va raisonner : il faudra aussi que sa raison, à ce moment là, déclenche la vertu théologale.
Va t il méditer d’une façon ordonnée ? Non, pas nécessairement.

Mais si les « réflexes » sont développés chez lui et ont été harmonisés avec sa vie surnaturelle, il sera déjà une âme d’oraison