22 – L’EXEMPLE D’UN PÈRE QUI PRIE (spiritualité)

On a demandé au général Delaunay de parler de la place qu’a tenu a prière dans sa vie…

« Sur le fond, voici ce que j’ai à dire :

1.  Pour trop de mâles humains, la religion, c’est une affaire de bonnes femmes. Moi, j’ai eu la chance d’avoir un père qui avait mis la foi au centre de sa vie et qui le montrait, tout en étant un excellent professionnel, un bon citoyen et un père admirable.  À le regarder et à l’imiter, j’ai appris que la prière ne remplace pas la compétence mais qu’on est d’autant meilleur qu’on peut s’appuyer sur Dieu, à travers ce face à face qu’on appelle l’oraison (adoration quand on est devant le Saint Sacrement). C’est pourquoi je l’ai mise dans ma vie et je continue à la pratiquer tous les jours.

2.  Devant la déliquescence de la société et la sinistrose ambiante, il ne nous reste que la prière. Et pas seulement celle des vieilles dames … celle des hommes dans la force de l’âge, des responsables : prière collective et prière individuelle. C’est de celle-là que je parlerai surtout.

3.  La pratique de l’oraison quotidienne, c’est surtout une question de volonté. Il m’a fallu des années de combat et de chutes pour réussir à la placer dans ma vie.

4.  Bien que ce soit une affaire d’amour, il y a, si j’ose dire, une technique de l’oraison. Je mets mon réveil sur alerte pour 30 minutes pour n’avoir pas à regarder ma montre. Je fais le calme en moi, je respire, je m’imbibe d’un texte évangélique, je fais mon cinéma dans ma tête avec la scène en question en me mettant dans la peau de Zachée par exemple, puis je décroche mentalement le téléphone divin et j’ose m’adresser à Dieu en lui disant : « Me voilà ! Je t’aime et je veux rester avec toi. Je branche le pilote automatique. Maintenant c’est Toi qui es aux commandes ! »… et je reste là en silence dans l’abandon… jusqu’à ce que le vibreur sonne…

5.  Mes distractions, je ne les écarte pas : je les prie, je les incorpore à mon oraison.

6.  Si je suis sec, je répète une formule, celle toute simple du pèlerin russe  : « Jésus Sauveur, prends pitié de moi, pécheur ! »

7.  Quand c’est fini, je m’abstiens de juger mon oraison mais je remercie mon « pilote » et je lui dis « À demain ! »

8.  Devant le Saint Sacrement, je fais de même mais pendant une heure et, si possible, de nuit. »