15 – TRANSMETTRE LA FOI EN FAMILLE (formation)

La Vème rencontre mondiale des familles (à Valence, en Espagne –  juillet 2006)
a été l’occasion pour Benoît XVI de confirmer et de continuer
l’enseignement constant de ses prédécesseurs sur le thème de la famille.


Ces journées de rencontre mondiale des familles ont été pour Benoît XVI l’occasion de confirmer et de continuer l’enseignement constant de ses prédécesseurs sur le thème de la famille.
(Cet enseignement conforte aussi et confirme la vocation de notre site « prierenfamille.com« ).

Ces textes sont essentiellement des documents d’étude de fond, auxquels vous pouvez vous référer en cas de besoin sur un problème précis.

Ce document prolonge et complète le document de base de ce sitela famille pour diffuser la vie, où les parents seront confortés dans leur responsabilité de premiers éducateurs de la foi.

Deux grandes interventions :

1 – Rencontre de prière, le samedi soir 8 juillet :

La famille, milieu essentiel pour la personne humaine

Discours surtout axé sur l’aspect humain de la famille

Benoît XVI réaffirme l’importance fondamentale de la famille fondée sur le mariage, et la nécessité de la protéger par des lois justes.

2 – Homélie du dimanche 9 juillet

Importance de la famille dans la transmission de la foi

Enseignement plus axé sur l’aspect spirituel de la vie de la famille.

1 – La famille, milieu essentiel pour la personne humaine

Discours de Benoît XVI au cours de la rencontre de prière – samedi soir 8 juillet.
(Intertitres de notre rédaction)

La famille est le lieu privilégié où toute personne apprend à donner et à recevoir de l’amour.
C’est pourquoi l’Église manifeste constamment sa sollicitude pastorale envers ce milieu essentiel pour la personne humaine. Elle l’enseigne ainsi dans son Magistère :

« Dieu, qui est amour et qui a créé l’homme par amour, l’a appelé à aimer. En créant l’homme et la femme, il les a appelés, dans le Mariage, à une intime communion de vie et d’amour entre eux, « à cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul » (Mt 19, 6). » 
(Catéchisme de l’Église catholique. Compendium, n. 337).

Telle est la vérité que l’Église proclame inlassablement au monde :

« l’homme est devenu « image et ressemblance » de Dieu non seulement à travers sa propre humanité, mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme constituent dès le début. L’homme devient image de Dieu au moment de la communion plus qu’au moment de la solitude. »
(Jean-Paul II Audience générale du 14 novembre 1979)

(…)

Rien ne peut remplacer la famille

La famille est une institution intermédiaire entre l’individu et la société, et rien ne peut la remplacer totalement. Elle s’appuie elle-même par-dessus tout sur une relation interpersonnelle profonde entre l’époux et l’épouse, soutenue par l’affection et la compréhension mutuelles.
Pour y parvenir, elle reçoit l’aide abondante de Dieu dans le sacrement du mariage, qui comporte une vocation véritable à la sainteté.
Puissent leurs enfants contempler davantage les moments d’harmonie et d’affection de leurs parents, plutôt que les moments de discorde ou d’éloignement, puisque l’amour entre le père et la mère offre aux enfants une grande sécurité et leur enseigne la beauté de l’amour fidèle et durable.

Il faut proclamer la vérité intégrale de la famille, fondée sur le mariage…

La famille est un bien nécessaire pour les peuples, un fondement indispensable pour la société et un grand trésor pour les époux durant toute leur vie. C’est un bien irremplaçable pour les enfants, qui doivent être le fruit de l’amour, du don total et généreux de leurs parents.

Proclamer la vérité intégrale de la famille, fondée sur le mariage comme Église domestique et sanctuaire de la vie, est une grande responsabilité pour tous.

Le père et la mère se sont dit un « oui » total devant Dieu, un « oui » qui constitue la base du sacrement qui les unit ; de même, pour que la relation au sein de la famille soit totale, il est nécessaire qu’ils disent aussi un «oui» d’acceptation à leurs enfants, à ceux qu’ils ont engendrés ou à ceux qu’ils ont adoptés, qui possèdent leur propre personnalité et leur propre caractère.
Ainsi, les enfants grandiront dans un climat d’acceptation et d’amour, et il est à souhaiter que, lorsqu’ils parviendront à une maturité suffisante, ils pourront donner à leur tour un «oui» à ceux qui leur ont donné la vie.

La famille a besoin d’être soutenue par la communauté ecclésiale

Les défis de la société actuelle, marquée par la dispersion que l’on observe particulièrement dans le milieu urbain, rendent nécessaire de garantir que les familles ne demeurent pas isolées. Un petit noyau familial peut rencontrer des obstacles difficiles à dépasser s’il est isolé du reste de sa parenté et de ses amis.
C’est pourquoi la communauté ecclésiale a la responsabilité d’offrir un accompagnement, des encouragements et une nourriture spirituelle qui fortifient la cohésion familiale, surtout dans les épreuves ou dans les moments critiques.
Dans cet esprit, le travail des paroisses, comme celui des divers mouvements ecclésiaux, est très important, eux qui sont appelés à collaborer comme des réseaux de soutien et comme la main tendue de l’Église pour la croissance de la famille dans la foi.

Le Christ a révélé ce qui est toujours la source suprême de la vie pour tous et donc aussi pour la famille :

« Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 12-13).

L’amour de Dieu lui-même a été répandu sur nous par le Baptême. À partir de là, les familles sont appelées à vivre une qualité d’amour, puisque que le Seigneur est celui qui se porte garant que cela est possible pour nous à travers l’amour humain, sensible, affectueux et miséricordieux comme l’amour du Christ.

Une tâche importante de la famille : l’éducation de la liberté

Outre la transmission de la foi et de l’amour du Seigneur, une des tâches les plus importantes de la famille consiste à former des personnes libres et responsables.
C’est pourquoi les parents doivent faire accéder leurs enfants à la liberté, dont ils sont, durant quelque temps, les tuteurs. Si les enfants voient que leurs parents – et en général les adultes qui les entourent – vivent avec joie et enthousiasme, même dans les difficultés, grandira plus facilement en eux la joie profonde de vivre qui les aidera à dépasser avec succès les obstacles possibles et les difficultés que comporte la vie humaine.
De plus, quand la famille ne se renferme pas sur elle-même, les enfants apprennent que chaque personne est digne d’être aimée, et qu’il existe une fraternité fondamentale universelle entre tous les êtres humains.

La transmission de la foi dans la famille

Cette cinquième « Rencontre mondiale » nous invite à réfléchir sur un thème qui revêt une particulière importance et qui comporte une grande responsabilité pour nous : « La transmission de la foi dans la famille« . Le Catéchisme de l’Église catholique l’exprime très bien :

« Comme une mère apprend à ses enfants à parler, et par-là même à comprendre et à communiquer, l’Église, notre Mère, nous apprend le langage de la foi pour nous introduire dans l’intelligence et la vie de la foi » (CEC 171).

Comme cela est manifesté symboliquement dans la liturgie du Baptême par la remise du cierge allumé, les parents sont associés au mystère de la vie nouvelle comme fils de Dieu, vie qui se reçoit par l’eau baptismale.

Transmettre la foi à ses enfants, avec l’aide d’autres personnes et d’autres institutions comme la paroisse, l’école ou les mouvements catholiques, est une responsabilité que les parents ne peuvent oublier, négliger ou déléguer totalement.

« La famille chrétienne est appelée Église domestique parce qu’elle manifeste et révèle la nature de l’Église comme famille de Dieu, qui est d’être communion et famille. Chacun de ses membres, selon son rôle propre, exerce le sacerdoce baptismal, contribuant à faire de la famille une communauté de grâce et de prière, une école de vertus humaines et chrétiennes, le lieu de la première annonce de la foi aux enfants » (CEC, Compendium, 350).

De plus,

« les parents, participants de la paternité divine, sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants et les premiers à leur annoncer la foi. Ils ont le devoir d’aimer et de respecter leurs enfants comme personnes et comme fils de Dieu… En particulier, ils ont pour mission de les éduquer à la foi chrétienne » (ibid., § 460).

La foi grandit et se fortifie à travers la prière et la pratique chrétiennes

Le langage de la foi s’apprend dans les foyers où cette foi grandit et se fortifie à travers la prière et la pratique chrétiennes. Dans la lecture du Deutéronome, nous avons écouté la prière répétée constamment par le peuple élu, le Shema Israel, que Jésus écoutait et répétait dans son foyer de Nazareth. Lui-même rappellera cette prière durant sa vie publique, comme nous l’indique l’Évangile de Marc (12, 29).
Telle est la foi de l’Église qui provient de l’amour de Dieu, par l’intermédiaire de vos familles.
Vivre l’intégralité de cette foi, dans sa merveilleuse nouveauté, est un grand don. Mais, lorsque, à certains moments, le visage de Dieu semble se cacher, croire est difficile et coûte un grand effort.

Continuer d’annoncer l’Évangile de la famille, réaffirmer sa vigueur et son identité fondée sur le mariage

Notre rencontre donne un nouveau souffle pour continuer d’annoncer l’Évangile de la famille, réaffirmer sa vigueur et son identité fondée sur le mariage ouvert au don généreux de la vie, et où l’on accompagne les enfants dans leur croissance physique et spirituelle.
Ainsi, on s’oppose à un hédonisme très répandu, qui banalise les relations humaines et qui les vide de leur valeur et de leur beauté authentiques.
Promouvoir les valeurs du mariage n’empêche pas de goûter pleinement le bonheur que l’homme et la femme rencontrent dans leur amour mutuel.
La foi et l’éthique chrétiennes, par conséquent, ne prétendent pas étouffer l’amour, mais le rendre plus sain, plus fort et réellement plus libre. C’est pourquoi l’amour humain a besoin d’être purifié et de mûrir pour être pleinement humain et pour être le principe d’un bonheur vrai et durable.

Nécessité des lois en faveur de la famille

J’invite donc les gouvernants et les législateurs à réfléchir sur le bien évident que les foyers en paix et en harmonie assurent à l’homme, à la famille, centre névralgique de la société, comme le rappelle le Saint-Siège dans la Charte des droits de la famille.
L’objet des lois est le bien intégral de l’homme, la réponse à ses besoins et à ses aspirations.
C’est une aide notable à la société, dont on ne peut se passer, et cela demeure pour les peuples une sauvegarde et une purification. De plus, la famille est une école d’humanisation de l’homme, pour qu’il grandisse jusqu’à devenir pleinement homme. Dans cette perspective, l’expérience d’être aimés par leurs parents conduit les enfants à avoir conscience de leur dignité de fils.

La créature conçue devra être éduquée dans la foi, aimée et protégée. Les enfants, avec le droit fondamental à naître et à être éduqués dans la foi, ont droit à un foyer qui ait pour modèle celui de Nazareth et à être préservés de toute embûche et de toute menace.

Un appel aux grands-parents

Je souhaite m’adresser maintenant aux grands-parents, si importants dans les familles.
Ils peuvent être – et souvent ils sont – les garants de l’affection et de la tendresse que tout être humain a besoin de donner et de recevoir.
Ils donnent aux plus jeunes le sens du temps, ils sont la mémoire et la richesse des familles.
Qu’ils ne soient, sous aucun prétexte, exclus du cercle familial ! Ils sont un trésor que nous ne pouvons pas soustraire aux nouvelles générations, surtout quand ils donnent un témoignage de foi à l’approche de la mort.

2 – Importance de la famille dans la transmission de la foi

Les témoignages d’Esther et de Paul, que nous avons écoutés dans les lectures, nous montrent que la famille est appelée à apporter sa contribution à la transmission de la foi.

Esther confesse :

« J’ai entendu répéter, dans la tribu de mes pères, que tu as choisi Israël de préférence à toutes les nations » (14, 5).

Paul suit la tradition des ses ancêtres juifs, rendant un culte à Dieu avec une conscience pure. Il loue la foi sincère de Timothée et lui rappelle cette foi :

« C’était celle de Loïs, ta grand-mère, et d’Eunikè, ta mère, et je suis convaincu que c’est la même foi qui t’anime aussi » (2 Tm 1, 5).

Dans ces témoignages bibliques, la famille ne comprend pas seulement les parents et leurs enfants, mais aussi les grands-parents et les ancêtres. La famille nous est ainsi présentée comme une communauté de générations et comme la garante d’un patrimoine de traditions.

Aucun homme ne s’est donné à lui-même son existence, ni n’a acquis par lui-même les connaissances élémentaires de la vie. Nous avons tous reçu des autres la vie, et par-là même les vérités fondamentales. Et nous sommes appelés à atteindre la perfection dans la relation et la communion amoureuse avec autrui.

La famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, exprime cette dimension relationnelle, filiale et communautaire, et elle constitue le milieu dans lequel l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

Un droit et un devoir inaliénables pour les parents

Lorsqu’un enfant naît, à travers la relation avec ses parents, il commence à faire partie d’une tradition familiale, dont les racines sont encore plus anciennes. Avec le don de la vie, il reçoit tout un patrimoine d’expériences.

À cet égard, les parents ont le droit et le devoir inaliénables de le transmettre à leurs enfants : les éduquer dans la découverte de leur identité, les initier à la vie sociale, à l’exercice responsable de leur liberté morale et de leur capacité d’aimer à travers l’expérience d’être aimés, et, par-dessus tout, à la rencontre avec Dieu.

Les enfants grandissent et mûrissent humainement dans la mesure où ils accueillent avec confiance ce patrimoine et l’éducation qu’ils doivent assumer progressivement.
De cette manière, ils sont capables d’élaborer une synthèse personnelle entre ce qu’ils ont reçu et la nouveauté, et ce que chacun personnellement et ce que chaque génération sont appelés à réaliser.

Dieu présent dans l’histoire de tout homme

À l’origine de tout homme et, en même temps, de toute paternité et de toute maternité humaines, Dieu créateur est présent. C’est pourquoi les époux doivent accueillir l’enfant qui naît d’eux comme un fils non seulement d’eux, mais aussi de Dieu, qui l’aime pour lui-même et qui l’appelle à la filiation divine.

Plus encore, toutes les générations, toute paternité et toute maternité, toute famille, trouvent leur origine en Dieu, qui est Père, Fils et Esprit Saint.

En plus de la mémoire de ses ancêtres et de son peuple, son père avait transmis à Esther la mémoire d’un Dieu de qui tous procèdent et à qui tous sont appelés à répondre : la mémoire de Dieu Père, qui a choisi son peuple et qui agit dans l’histoire pour notre salut.
La mémoire de ce Père éclaire l’identité la plus profonde des hommes : d’où nous venons, qui nous sommes et quelle est la grandeur de notre dignité.

Nous venons certainement de nos parents et nous sommes leurs enfants, mais nous venons aussi de Dieu, qui nous a créés à son image et qui nous a appelés à être ses fils.

C’est pourquoi, à l’origine de tout être humain, il n’existe pas d’aléa ni de hasard, mais un projet de l’amour de Dieu. C’est ce que nous a révélé Jésus Christ, vrai Fils de Dieu et homme parfait. Il connaît de qui Il vient et de qui nous venons tous : de l’amour de son Père et de notre Père.

La foi, une action continue entre la grâce de Dieu et la liberté de l’homme

La foi n’est donc pas un simple héritage culturel, mais une action continue de la grâce de Dieu qui appelle et de la liberté humaine qui peut adhérer ou ne pas adhérer à cet appel.

Bien que personne ne puisse répondre pour quelqu’un d’autre, les parents chrétiens sont cependant appelés à donner un témoignage crédible de leur foi et de leur espérance chrétiennes. Ils doivent faire en sorte que l’appel de Dieu et la Bonne Nouvelle du Christ parviennent à leurs enfants avec la plus grande clarté et la plus grande authenticité.

Favoriser le don de la foi même chez les tout-petits

Au cours des années, ce don de Dieu que les parents ont contribué à placer devant les yeux de leurs tout-petits nécessitera aussi d’être éduqué avec sagesse et douceur, faisant grandir en eux la capacité de discernement.
Ainsi, grâce au témoignage constant de l’amour conjugal de leurs parents, vécu et imprégné de foi, et grâce à un accompagnement véritable de la communauté chrétienne, on favorisera le don de la foi chez les enfants eux-mêmes, qui découvriront avec elle le sens profond de leur existence et qui se sentiront joyeux et reconnaissants pour ce don.

La famille chrétienne transmet la foi lorsque les parents enseignent à leurs enfants à prier et qu’ils prient avec eux (cf. Jean-Paul II, Familiaris Consortio § 60), lorsqu’ils les font s’approcher des sacrements et qu’ils les introduisent dans la vie de l’Église, lorsqu’ils se réunissent tous pour lire la Bible, plaçant la vie familiale à la lumière de la foi et louant Dieu comme un Père.

La véritable liberté de l’être humain vient d’avoir été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu

Dans la culture actuelle, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme sujet autonome, comme s’il se faisait lui-même et qu’il se suffisait à lui-même, en marge de ses relations avec les autres et étranger à ses responsabilités envers autrui.
On entend organiser la vie sociale seulement à partir de désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité objective préalable, tels que la dignité de tout être humain, ses droits et ses devoirs inaliénables, au service desquels doit se mettre tout groupe social.

L’Église ne cesse de rappeler que la véritable liberté de l’être humain vient du fait d’avoir été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est pourquoi l’éducation chrétienne est une éducation de la liberté et pour la liberté.

« Nous faisons le bien non comme des esclaves, qui ne sont pas libres de faire autrement, mais nous le faisons parce que nous portons personnellement la responsabilité pour le monde ; parce que nous aimons la vérité et le bien ; parce que nous aimons Dieu lui-même et donc ses créatures également. Telle est la liberté véritable, à laquelle l’Esprit Saint veut nous conduire. » (Benoît XVI. Homélie, 3 juin 2006)

Jésus Christ, exemple de la parfaite liberté filiale

Jésus Christ est l’homme parfait, l’exemple de la liberté filiale, qui nous enseigne à communiquer aux autres son propre amour :

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi, je vous ai aimés; demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).

À cet égard, le Concile Vatican II enseigne que,

« en suivant la route qui leur est propre, les époux et les parents chrétiens, pour leur part, doivent se soutenir mutuellement dans la grâce, tout au long de leur vie, par un amour fidèle, et imprégner du sens des vérités chrétiennes et des vertus de l’Évangile les enfants qu’ils ont reçus de Dieu, avec amour. Ainsi, ils donnent à tous l’exemple d’un amour inlassable et généreux, ils construisent une fraternité de charité, ils sont les témoins et les coopérateurs de la fécondité de la Mère Église, en signe et en participation de l’amour dont le Christ a aimé son Épouse et s’est livré pour elle. » (Lumen gentium § 41).

La joie amoureuse avec laquelle nos parents nous accueillirent et nous ont accompagnés dans nos premiers pas dans le monde est comme un signe et le prolongement sacramentel de l’amour bienveillant de Dieu d’où nous venons.
L’expérience d’avoir été accueillis et aimés par Dieu et par nos parents est le fondement sûr qui favorise toujours la croissance et le développement authentique de l’homme, qui nous aide grandement à mûrir sur notre chemin vers la vérité et l’amour, et à sortir de nous-mêmes pour entrer en communion avec les autres et avec Dieu.

La merveilleuse réalité du mariage indissoluble, à l’origine de la famille

Pour avancer sur ce chemin de maturation humaine, l’Église nous enseigne à respecter et à promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble entre un homme et une femme, qui est aussi l’origine de la famille. C’est pourquoi, reconnaître et soutenir cette institution est un des services les plus importants que l’on puisse apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

Rôle des associations familiales ecclésiales

Dans ce sens, je veux rappeler l’importance et la valeur positive de ce que réalisent pour le mariage et la famille les associations familiales ecclésiales. C’est pourquoi, « je désire enfin inviter tous les chrétiens à collaborer, avec cordialité et courage, avec tous les hommes de bonne volonté qui exercent leurs responsabilités au service de la famille » (Jean-Paul II Familiaris consortio. § 86), pour que, unissant leurs forces et dans le pluralisme légitime des initiatives, elles contribuent à la promotion du véritable bien de la famille dans la société actuelle.

Marie, image exemplaire de toutes les mères

Revenons quelques instants à la première lecture de la Messe, tirée du livre d’Esther.
L’Eglise en prière a vu en cette humble reine, qui intercède avec tout son être pour son peuple qui souffre, une préfiguration de Marie, que son Fils nous a donné à tous comme Mère ; une préfiguration de la Mère qui, par son amour, protège la famille de Dieu qui chemine en ce monde.

Marie est l’image exemplaire de toutes les mères, de leur grande mission d’être les gardiennes de la vie, de leur mission d’enseigner l’art de la vie, l’art d’aimer.

S’appuyer sur la grâce du sacrement de mariage

La famille chrétienne – père, mère, enfants – est appelée aussi à accomplir les objectifs considérés non pas comme imposés de l’extérieur, mais comme un don de la grâce du sacrement de mariage fait aux époux.
S’ils demeurent ouverts en permanence à l’Esprit et qu’ils demandent son aide, l’Esprit ne manquera pas de leur communiquer l’amour de Dieu Père, manifesté et incarné dans le Christ.
La présence de l’Esprit aidera les époux à ne pas perdre de vue la source et la mesure de leur amour et de leur don mutuel, à collaborer avec l’Esprit pour le rendre présent et l’incarner dans toutes les dimensions de leur existence.
L’Esprit suscitera alors en eux le désir de la rencontre définitive avec le Christ dans la maison de son Père et notre Père.

Tel est le message d’espérance que, de Valence, je veux lancer à toutes les familles du monde. Amen.

Prière finale

Benoît XVI a conclu la rencontre du samedi soir par une belle et brève prière des parents,
qu’ils pourront dire en toutes circonstances, et particulièrement dans les moments difficiles
d’abord pour leur propre famille, mais aussi à l’intention de toutes les familles.