12 – LA NOTION DE SACRIFICE (formation)

Le sacrifice agréable à Dieu

Le simple mot de « sacrifice » fait horreur à notre société contemporaine, toute axée sur la recherche du bien-être, du confort, du plaisir. Inévitablement on l’associe à l’idée de privation, ce que l’homme moderne ne peut supporter !
C’est là un sens très réducteur de la notion de sacrifice. À ne le considérer que de cette façon, on en déforme complètement la signification profonde, et on en supprime tout ce qui en fait la grandeur.
C’est pourquoi un examen plus approfondi de cette question nous permettra d’en comprendre toute la beauté et d’intégrer dans notre vie une juste notion du sacrifice.

Dès le tout début de l’humanité, on trouve dans l’histoire des hommes la pratique des sacrifices. 
D’où vient cette idée de sacrifice, et comment l’expliquer ?
« sacrifice » vient du latin : sacrum facere = faire, accomplir une chose sacrée.

L’action sacrée par excellence consiste en une offrande à Dieu

La pratique du sacrifice remonte au tout premier âge de l’humanité

– Le tout premier sacrifice connu dans l’histoire est celui d’Abel :

Il arriva que Caïn présenta des produits du sol en offrande au Seigneur,

et qu’Abel de son côté offrit des premiers-nés de son troupeau, et ce qu’il avait de plus gras.

Or, le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande,

et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu. (Gn 4, 3-5)

– Autres exemples : Noé : Gn 8, 20Abraham : Gn 22,13Melchisédech : Gn 14, 18

– A l’origine, le mot « sacrifice » désigne l’offrande d’une chose inanimée que l’on détruit (sacrifices non sanglants : farine, encens, sel), ou d’un être animé que l’on immole (sacrifices sanglants : c’est la « victime« , ou « hostie« ).

Le besoin de reconnaître le souverain domaine de Dieu et d’apaiser sa Justice irritée par le péché est si naturel au cœur de l’homme que toutes les religions ont leurs sacrifices.

Un sacrifice est donc un acte que l’homme accomplit pour s’approcher de Dieu :

– il Lui offre quelque chose de ce qui lui appartient, (donc il s’en prive, il s’en détache),
– afin d’exprimer sa dépendance et montrer sa soumission à son Créateur, 
- et le désir qu’il a d’avoir sa faveur, d’être en son amitié.

Il s’ensuit, presque comme une évidence, qu’il convient toujours d’offrir à Dieu ce qu’on a de meilleur.

Les sacrifices sous la loi mosaïque

La Loi de Moïse ordonnait aux Israélites d’offrir à Dieu des animaux immolés en son honneur.
Les rites, signes d’un sacrifice spirituel, ont pour but de rendre visibles des sentiments intérieurs.
Cette offrande est faite :

par le prêtre, au nom de la société,
à Dieu et à Lui seul, pour reconnaître son souverain domaine (adoration, sacrifice de louange) et, dans le cas du péché, pour apaiser sa justice (expiation),
sur un autel, spécialement consacré à cet usage.

On distinguait 3 sortes de sacrifice :

L’holocauste exprime l’adoration, la louange :

la victime était tout entière consumée par le feu.

Les sacrifices expiatoires traduisent l’aveu du péché et le désir du pardon :

on consumait par le feu une partie de la victime, le reste était mangé par le prêtre qui l’avait immolée.
Le sacrifice d’expiation, ou sacrifice pour le péché, avait pour but d’effacer le péché, en tant qu’il est une souillure détruisant le caractère de sainteté essentiel à tout Israélite. (Lv 4, 3)

Les sacrifices pacifiques, dits encore « eucharistiques« , disent la reconnaissance, l’action de grâces, le souci d’intimité avec Dieu.

On n’en brûlait qu’une très faible partie, 
tout le reste était mangé par le sacrificateur et par ceux qui avaient offert la victime.

C’était un repas sacré où le fidèle « mange et boit devant Yahweh ». (Lv 3, 1.17)
L’Alliance du Sinaï est scellée par un tel sacrifice.

Des figures à la réalité…

Tous ces rites de la Loi Mosaïque sont des figures très précises de Notre Seigneur. Chacun de ces sacrifices de l’Ancienne Alliance va trouver son accomplissement définitif dans le Sacrifice du Christ.
Même les animaux qui servaient de victimes, bœufs, agneaux, boucs, étaient des symboles :

– le bœuf désignait ses travaux pour le salut du monde, et le labeur de sa passion ;
– l’agneau représentait la douceur et la pureté de notre Victime ;
– le bouc exprimait cette même Victime comme chargée de nos péchés, et portant sur elle, pour l’expier, la puanteur de tous les crimes du monde.

L’Agneau de Dieu :

Il y avait au Temple de Jérusalem un sacrifice quotidien le matin, et un autre le soir.
Les sacrifices consistaient en un agneau que l’on offrait sur l’autel des holocaustes, et que l’on brûlait à petit feu : on voulait non seulement que le sacrifice fût offert, mais qu’il durât longtemps. On aurait souhaité qu’il durât toujours : il fallait que l’œil de Dieu eût toujours une victime sur laquelle il pût se reposer, contemplant en elle l’image de notre grande et unique Victime qui est Jésus-Christ.
Dieu avait prescrit à Moïse que cette victime serait un agneau : image d’innocence, de pureté, de douceur qui annonce l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. (Jn 1, 29)
Le sang des agneaux ne coule plus à Jérusalem ; mais d’une extrémité du monde à l’autre, le sang de Jésus-Christ est répandu sur les autels, et le Saint Sacrifice ne cesse jamais sur la terre.
(P. Emmanuel. Méditations pour tous les jours de l’année liturgique. rééd. Dismas1987)

Ces sacrifices avaient une signification symbolique

En tant que cérémonies purement extérieures, ces sacrifices n’avaient aucune valeur : Dieu n’a pas besoin de la chair ou du sang des animaux. 
Mais ils étaient le signe de l’adoration, de la reconnaissance ou du repentir de ceux qui les offraient, et ce sont ces sentiments de l’âme qui les rendaient agréables à Dieu.

Est-ce que je mange la chair des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ?

L’homme qui offre en sacrifice la louange d’un cœur reconnaissant, 
voilà celui qui m’honore, il marche dans la voie où je lui ferai voir le salut de Dieu.
 (Ps 49, 13. 23)

Ce que Dieu veut, ce qui Lui plaît, c’est l’hommage des cœurs, la foi et l’amour de ses fidèles. Il n’agrée ces dons, ne les accepte, que si l’homme les offre avec un cœur pur, capable de sacrifier dans la foi – à l’exemple du Patriarche Abraham – ce qu’il a de plus cher. Sinon, Il les refuse.
Notre vie doit être en accord avec le sacrifice offert.

Si Tu désirais des sacrifices, je T’en offrirais. Mais Tu ne prends point plaisir aux holocaustes.
Le sacrifice agréable à Dieu, c’est un esprit brisé par le repentir.
Ô Dieu, Tu ne dédaignes pas un cœur contrit et humilié. (Ps 50, 18)

Progressivement, tout au long de l’histoire de l’Ancien Testament, la notion de sacrifice va se centrer autour de l’idée d’expiation et suppose des sentiments de pénitence, invitant les fidèles à la purification du cœur.

Jésus reprendra cette même idée de la primauté de l’âme sur le rite

Il félicite le scribe qui l’a formulé ainsi :

Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
cela vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. (Mc 12, 33)

Par ce rappel, Jésus prépare les esprits à comprendre le sens de son propre sacrifice.

Le Sacrifice du Christ

Il y a donc, dans la notion de sacrifice, deux idées principales :

– honorer Dieu, Lui rendre gloire

– et regagner sa faveur si on l’a perdue en commettant le mal. (idée de réparation)

Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, vient sur la terre afin d’accomplir pour les hommes – à leur place et en leur faveur – cette double mission.

Seul, Jésus, le Fils unique de Dieu, peut rendre à Dieu un hommage parfait.
Seul, Il peut offrir à Dieu, à notre place, le sacrifice parfait et agréable à Dieu qui pourra réparer l’offense faite à Dieu par le péché des hommes.
Et ce sacrifice, ce Saint Sacrifice, est le seul que Dieu accepte pour effacer nos péchés.

Et c’est en cela que Notre Seigneur Jésus-Christ est l’Unique Sauveur de tous les hommes.

Le Sacrifice de la Croix

Le Christ dans sa Passion a accompli toutes les figures de l’Ancienne Alliance : Il a pris sur lui tous nos péchés, Il en a porté devant Dieu la confusion et la honte.

Le Serviteur souffrant

Pour annoncer sa Passion, Jésus utilise mot pour mot les termes mêmes qui caractérisaient le sacrifice expiatoire du Serviteur souffrant :

Il vient pour « servir« , il « donne sa vie » en « rançon » au profit de la « multitude« . (Mc 10, 45)

Il faut que s’accomplisse en moi cette parole de l’Écriture : « Il a été mis au rang des scélérats »
(Lc 22, 37 – citant Is 53, 12)

L’Agneau pascal

Le cadre pascal du repas d’adieu établit une relation intentionnelle, précise, entre la mort du Christ et le sacrifice de l’Agneau Pascal :

Pâque, vous le savez, arrive dans deux jours, 
et le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié (Mt 26, 2)

Avant la fête de Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui 
de passer de ce monde au Père (Jn 13, 1)

Le sang de l’Alliance

Jésus s’approprie la formule de Moïse : « le sang de l’Alliance » (Ex 24 8)

Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé en faveur d’une multitude. (Mc 14, 24 )

Le sang de Jésus est le sang de l’Alliance vraie et définitive, dont la première n’était que la figure. Cette triple référence :

– à l’agneau dont le sang délivre le peuple juif de la servitude d’Égypte (Ex 12, 1-15),
– aux victimes du Sinaï qui scellent l’Alliance ancienne (Ex ch 29),
– à la mort expiatrice du Serviteur (Is 53 8-11),

démontre clairement que la mort du Christ notre Sauveur est LE sacrifice qui nous réconcilie avec Dieu.

Ce sacrifice rend caduque tous les autres sacrifices de l’Ancien Testament

Dieu n’accepte plus, désormais, qu’un seul et unique sacrifice, celui de son Fils sur la Croix, qui consacre l’Alliance définitive et assure la Rédemption de tout le genre humain.

La mort de Jésus :

– procure aux foules le pardon des péchés,
– consacre l’Alliance Nouvelle et définitive ainsi que la naissance d’un peuple nouveau,
– assure la Rédemption du genre humain.

C’est l’aspect fécond de l’immolation du Calvaire : la mort, source de Vie.

« Sur la croix, Jésus remplace l’holocauste ; car il est tout entier sacrifié, brûlé par le feu de son immense amour ; sa vie devient un hommage à la majesté de Dieu. Et, en mourant pour nous, il nous délivre de la mort. Du même coup, il abolit les sacrifices sanglants.
A l’autel, Jésus accomplit la signification des sacrifices pour le péché, et des sacrifices eucharistiques.
Il est vraiment sacrifié, quoique sans mourir réellement, et il est vraiment mangé par le prêtre et les fidèles, sans que sa chair soit anéantie : elle est mangée, elle demeure vivante et elle demeure pour la nourriture de tous ceux qui viendront après nous. 

Il est l’unique victime, l’unique sacrifice, l’unique nourriture des âmes ; 
à lui seul, il adore Dieu, il efface les péchés, il verse ses grâces, il nous mène à Dieu« .
(P. Emmanuel. Méditations pour tous les jours de l’année liturgique. rééd.Dismas1987)

Le Sacrifice de la Messe

Jésus s’est immolé une fois pour toutes sur le Calvaire ; mais Il a voulu perpétuer son sacrifice et le rendre actuel et présent pour toutes les générations à venir :

La nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus prit du pain, 
et après avoir rendu grâces, le rompit et dit : 
 »Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites ceci en mémoire de moi ».

De même, après le repas, il prit la coupe, en disant : 
 »Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; 
toutes les fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. »

Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, 
vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. (1 Co 11, 23- 27)

(autres citations : Mt 26 26-29. – Mc 14, 22-25. – Lc 22, 17-21)

Jésus est présent dans l’Eucharistie sous les espèces du pain et du vin

« Il va sans dire qu’il importe au plus haut point de garder toute leur force aux paroles du Seigneur, comme la tradition unanime de l’Église, les Pères, les conciles, le magistère et le sens commun des fidèles les ont toujours reçues et comprises, à savoir que le Seigneur crucifié et ressuscité est vraiment, réellement et substantiellement présent dans l’Eucharistie et le demeure tant que subsistent les espèces du pain et du vin ; on lui doit non seulement le plus grand respect, mais notre culte et notre adoration. 
C’est là le cœur de l’Église, le secret de sa vigueur ; elle doit veiller avec un soin jaloux sur ce mystère et l’affirmer dans son intégralité ».

(Jean-Paul II. Message au congrès eucharistique de Lourdes. 02.07.1983)

La messe est un sacrifice réel, actuel, le renouvellement sacramentel du sacrifice du Calvaire…

« Ainsi, dans la consécration du pain et du vin, le sacrifice rédempteur est rendu présent. 
Par la médiation du prêtre, le Christ s’offre d’une manière mystérieuse, en présentant au Père le don de sa propre vie, don fait en son temps sur la croix. 

Dans l’Eucharistie, il n’y a pas seulement un souvenir du sacrifice offert une fois pour toutes sur le Calvaire. 
Ce sacrifice redevient actuel en se renouvelant sacramentellement dans chaque communauté qui l’offre par la main du ministre consacré ». (Jean-Paul II – 01.06.1983)

On doit donc en conclure que le sacrifice de la Messe est le même que le sacrifice de la Croix.

Sur l’autel comme sur la Croix, c’est toujours le même prêtre et la même victime :
Jésus-Christ réellement présent, s’offrant en expiation de nos péchés.

… « et non pas une simple évocation, un souvenir…

« …ou le rite commémoratif d’un sacrifice passé. » (Directoire général de catéchèse. 1971- § 58)

Jésus a dit à ses Apôtres « Faites ceci en mémoire de moi« , et non pas « faites mémoire de ceci ».
En leur donnant l’ordre de faire le même acte que Lui, Il leur donnait le pouvoir de le faire.

« Le point culminant et comme le centre de la religion chrétienne est le mystère de la très sainte Eucharistie que le Christ, Souverain Prêtre, a instituée et qu’Il veut voir perpétuellement renouveler dans l’Eglise par ses ministres….
Le Saint Sacrifice de l’autel n’est pas une pure et simple commémoration des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, mais un vrai sacrifice, au sens propre, dans lequel, par une immolation non sanglante, le Souverain Prêtre fait ce qu’Il a fait sur la Croix, en s’offrant Lui-même au Père Eternel comme une hostie très agréable. » (Pie XII – Mediator Dei. 1947)

Notre participation personnelle au Sacrifice du Christ

Si nous sommes sauvés par le Sacrifice du Christ, que nous reste-t-il à faire ?

« Dieu, qui nous a créés sans nous, n’a pas voulu nous sauver sans nous ». (Saint Augustin)

Dieu veut notre participation à cette œuvre de salut. Le sacrifice de Jésus nous a délivrés du mal : encore faut-il que nous acceptions, maintenant, de lutter pour ne pas y retomber !

Le véritable sacrifice du chrétien, c’est de s’unir au Sacrifice du Christ :

– D’abord en participant au Saint Sacrifice de la messe qui renouvelle chaque fois, de manière non sanglante, le Sacrifice du Christ.

– Ensuite, en nous efforçant de nous identifier à Jésus dans tout notre comportement. Ce qui passe nécessairement par la réforme de nos défauts : le dépouillement du « vieil homme« .

Le véritable sacrifice du Christ, c’est de s’offrir soi-même, tout entier (corps et âme).

C’est toute notre vie qui doit être offerte à Dieu

Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, 
à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : 
c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. (Rm 12, 1) (Bible de Jérusalem)

Une traduction plus récente, un peu différente, est intéressante :

Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, 
à Lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : 
c’est là pour vous l’adoration véritable. (Rm 12, 1) (Liturgie des Heures)

Nous en tirerons la leçon suivante : c’est notre vie tout entière qui doit être offerte à Dieu, vécue sous son regard, en sacrifice de louange, d’action de grâces, de réparation, d’intercession.

« De tout vous pouvez faire un sacrifice »…

Que vous mangiez, que vous buviez, et quoi que vous fassiez, 
faites tout pour la gloire de Dieu.
(1 Co 10, 31)

Les enfants de Fatima, invités par l’Ange à « faire des sacrifices pour les pécheurs », lui demandaient « Comment faire des sacrifices ? » Il leur a répondu :

« De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés
par lesquels Il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…)
Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

La voie est simple et bien tracée : joies ou peines, soucis, épreuves, fatigues ou repos, travaux ingrats ou enthousiasmants, routine ou imprévus, offrons tout au Seigneur, car tout nous vient de Lui : voyons-y le signe de sa volonté.
Mais offrons-le toujours en le faisant passer par Jésus.

Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus,

rendant par Lui grâces au Dieu Père. (Col 3, 17)

Par Jésus, avec Lui et en Lui…

Jésus est notre Médiateur auprès du Père. C’est par Lui que passent toutes les grâces divines. 
C’est par Lui que nous devons présenter au Père notre offrande, unie à son propre Sacrifice, le seul et unique qui soit désormais agréé par Dieu.

Cette conception du « sacrifice » prend alors toute son ampleur : c’est bien notre vie entière qui doit être vécue en « esprit de sacrifice ». C’est le chemin de l’union à Dieu, par la soumission à sa volonté, et nous y trouverons une grande paix en toutes circonstances. 
Ce qui nous était pénible le sera moins, car Jésus Lui-même nous portera, comme Il nous l’a promis :

Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai. (Mt 11, 28)

C’est vrai que parfois, le fardeau nous semble lourd… Alors, regardons le crucifix et méditons la Croix…

Quand on ne peut plus porter sa croix avec courage, eh bien ! Il faut la porter sans courage !
(Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face)

Enfin, n’oublions jamais que nous avons dans l’Eucharistie, unis à Jésus dans le Saint Sacrifice de la Messe, un trésor de grâces innombrables où puiser abondamment.

Sans Moi, vous ne pouvez rien faire. (Jn 15, 5)