12 – LA FAMILLE : POUR DIFFUSER LA VIE (formation)

UN DES DOCUMENTS-CLÉS DU SITE.

Recueil de citations du Magistère de l’Église, destinées à nous conforter dans notre mission de parents.


Ce document est principalement un recueil de textes du Magistère de l’Église : en raison de la mission que Jésus lui a confiée, l’Église a autorité pour nous indiquer les voies sûres, les pièges à éviter.

Approfondir à la lumière des enseignements des Papes les questions de la famille et de l’éducation ne peut que nous être utile, d’autant plus que nous vivons dans une époque où ces grands principes sont en permanence attaqués, battus en brèche.

En résumé :

1 – La famille, cellule de base de la société pour la TRANSMISSION DE LA VIE. (vie naturelle)
2 – La famille, première cellule d’Église pour la TRANSMISSION DE LA FOI. (vie surnaturelle)
3 – Sous la responsabilité et l’autorité des parents.
4 – Le modèle pour nos familles : la Sainte Famille.
5 – Le rayonnement missionnaire de la famille chrétienne.

1 – La famille, cellule de base de la société pour la TRANSMISSION DE LA VIE

La famille

La famille est le milieu naturel propre à la transmission de la vie.

La famille, fondement de la société humaine toute entière et pépinière de la cité, constitue par elle-même et tout naturellement le foyer où la personne humaine grandit et se forme.  (Pie XII 17-01-1946)

Elle est le berceau où tout être humain vient à la vie. C’est précisément dans ce but que le Créateur a prévu la famille, composée par nature d’un père et d’une mère.
Car cette vie toute neuve, fragile et délicate au départ, a besoin, pour se développer, d’être protégée, nourrie, soignée… et éduquée. Il s’ensuit que l’éducation est un droit et un devoir fondamental, donné et imposé immédiatement par Dieu aux parents. (Pie XII)

Les parents, éducateurs parce que parents

En donnant la vie, les parents prennent par à l’œuvre créatrice de Dieu. Par l’éducation, ils prennent part à sa pédagogie à la fois paternelle et maternelle…
Les parents sont les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants et ils ont aussi une compétence fondamentale dans ce domaine : ils sont éducateurs parce que parents…
(Jean-Paul II – Lettre aux familles 1994 – § 16)

But de l’éducation

L’éducation, dans l’ordre naturel, a pour contenu et but le développement de l’enfant pour qu’il devienne un homme complet.
L’éducation chrétienne a pour contenu et but la formation du nouvel être humain régénéré par le baptême, pour en faire un parfait chrétien. (Pie XII 23-03-1952)

Un droit et un devoir essentiels, enracinés dans l’amour des parents

Le devoir d’éducation a ses racines dans la vocation primordiale des époux à participer à l’œuvre créatrice de Dieu…
Le droit et le devoir d’éducation sont pour les parents quelque chose d’essentiel (…), d’original et de primordial (…), d’irremplaçable et d’inaliénable (…).
Outre ces caractéristiques, on ne peut oublier que l’élément le plus radical, de nature à qualifier le devoir des parents, est l’amour paternel et maternel qui trouve dans l’œuvre de l’éducation son accomplissement en complétant et en perfectionnant leur service de la vie…
(Jean-Paul II Familiaris Consortio 1981 – § 36)

La civilisation de l’amour

La civilisation de l’amour est étroitement liée à la famille…La famille est l’expression et la source de cet amour. Par elle, passe la principale ligne de force de la civilisation de l’amour qui trouve en elle ses « fondements sociaux ». (…)
Oui, la civilisation de l’amour est possible, ce n’est pas une utopie.
Mais elle n’est possible que si l’on se tourne constamment avec ardeur vers « Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui provient toute paternité (et maternité) dans le monde » (cf. Ep 3, 14-15), de qui provient toute famille humaine. (Jean-Paul II – Lettre aux familles 1994 – § 15)

Première cellule sociale, la famille est aussi la première cellule d’Église…

2 – La famille chrétienne, première cellule d’Église pour la TRANSMISSION DE LA FOI

L’Église domestique

Dans les tout premiers temps de l’Église, les nouveaux convertis voulaient que toute leur « maison » soit sauvée (Act 16, 31 et 11, 14). La « maison », c’est la famille :

Ces familles devenues croyantes étaient des îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant.
De nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et rayonnante.
Le foyer chrétien est le lieu où les enfants reçoivent la première annonce de la foi. Voilà pourquoi la maison familiale est appelée à bon droit Ecclesia domestica : une église domestique, communauté de grâce et de prière, école des vertus humaines et de la charité chrétienne.
C’est au sein de la famille que les parents sont pour leurs enfants, par la parole et par l’exemple, (…) les premiers hérauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée. (CEC 1655-1656)

Les parents, premiers hérauts de la foi

Le pape Jean-Paul II, ne cessait de le répéter dans ses nombreux écrits sur la famille :

L’un des domaines dans lesquels la famille est irremplaçable est assurément celui de l’éducation religieuse, qui lui permet de se développer comme « Église domestique ».
L’éducation religieuse et la catéchèse des enfants situent la famille dans l’Église comme un véritable sujet actif d’évangélisation et d’apostolat. (Jean-Paul II Lettre aux familles. § 16)

La mission éducative de la famille chrétienne est un vrai ministère grâce auquel l’Évangile est transmis et diffusé, à tel point que la vie familiale dans son ensemble devient chemin de foi et en quelque sorte initiation chrétienne et école de vie à la suite du Christ…
En vertu de ce ministère d’éducation, les parents, à travers le témoignage de leur vie, sont les premiers hérauts de l’Évangile auprès de leurs enfants. (Jean-Paul II Familiaris consortio. § 39)

Une tâche d’Eglise

L’éducation chrétienne ne vise pas seulement à assurer la maturité de la personne humaine, mais principalement à ce que les baptisés, introduits pas à pas dans la connaissance du mystère du salut, deviennent chaque jour plus conscients de ce don de la foi qu’ils ont reçu, qu’ils apprennent à adorer Dieu le Père en esprit et en vérité (Jn 4, 23)… qu’ils soient transformés de façon à mener leur vie personnelle selon l’homme nouveau dans la justice et la sainteté de la vérité (Ep 4, 22-24)
(Décl. Conciliaire Gravissimum educationis, sur l’éducation § 2)

La famille est appelée à remplir sa tâche éducative dans l’Église, prenant ainsi part à la vie et à la mission ecclésiales. L’Église désire éduquer surtout par la famille, habilitée à cela par le sacrement de mariage, avec la « grâce d’état » qui en découle et le charisme spécifique qui est le propre de toute la communauté familiale. (Jean-Paul II Lettre aux familles. § 16)

Soutenus par la grâce d’état et la prière

La dignité et la responsabilité de la famille chrétienne comme Église domestique ne peuvent être vécues qu’avec l’aide continuelle de Dieu, qui lui sera immanquablement accordée si elle est implorée dans la prière avec confiance et humilité.
(Jean-Paul II Familiaris consortio § 59)

Éducateurs de la prière

Sur la base de leur dignité et de leur mission, les parents chrétiens ont le devoir spécifique d’éduquer leurs enfants à la prière, de les introduire à la découverte progressive du mystère de Dieu et à l’entretien personnel avec lui.
C’est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge, les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à L’honorer ainsi qu’à aimer le prochain.
L’exemple concret, autrement dit le témoignage vivant des parents, est un élément fondamental de l’éducation à la prière. C’est seulement en priant avec leurs enfants que le père et la mère pénètrent profondément le cœur de leurs enfants, en y laissant des traces que les événements de la vie ne réussiront pas à effacer. (Jean-Paul II Familiaris consortio. § 60)

La prière en famille

C’est en famille que l’enfant va d’abord apprendre à prier, à vivre de cette vie spirituelle, sous le regard du Dieu invisible.

En priant avec eux, en s’adonnant avec eux à la lecture de la Parole de Dieu et en les faisant pénétrer dans l’intimité du Corps du Christ – eucharistique et ecclésial – par l’initiation chrétienne, les parents deviennent pleinement parents, en ce sens qu’ils engendrent non seulement à la vie selon la chair, mais aussi à celle qui, à travers la renaissance dans l’esprit, jaillit de la Croix et de la Résurrection du Christ. (Jean-Paul II Familiaris consortio. § 39)

La famille est une communauté et, en tant que telle, elle doit rendre un culte à Dieu : la meilleure expression en sera la prière en famille.

Développement dans Conseils pour la prière en famille.

3 – Sous la responsabilité et l’autorité des parents.

La conscience aiguë et vigilante de la mission conférée par le sacrement de mariage aidera les parents chrétiens à se consacrer au service éducatif des enfants avec une grande sérénité et, en même temps, avec le sens de leur responsabilité devant Dieu qui les appelle et leur confie le soin d’édifier l’Église dans leurs enfants. (Jean-Paul II Familiaris Consortio § 38)

La fonction de la famille, c’est de former des adorateurs pour le ciel

Premiers responsables de la vie qu’ils ont transmise, c’est aux parents qu’appartient le droit – un droit fondamental et inaliénable – de diriger l’éducation de leurs enfants comme ils l’entendent… mais sans jamais perdre de vue que la fin dernière de l’éducation, c’est la destinée éternelle de nos enfants : ils sont faits pour Dieu. C’est là notre responsabilité première et fondamentale, et toute notre œuvre éducatrice sera de les guider vers le ciel.

Il s’agit, non seulement de peupler la terre et de former des hommes pour la cité, mais « d’étendre le nombre des adorateurs du vrai Dieu.«  (Pie XI. Casti connubii)

Vous qui engendrez vos enfants pour la patrie terrestre, n’oubliez pas qu’en même temps vous les engendrez pour Dieu. (Jean-Paul II Lettre aux familles. § 22)

Nos enfants ne nous appartiennent pas…

Ces enfants, reçus de la main de Dieu (…), les époux les regarderont comme un talent qui leur a été confié par Dieu, et qui ne doit pas être utilisé dans leur propre intérêt, ni dans l’intérêt terrestre de la société, mais qui devra, au jour du jugement, être restitué à Dieu avec le fruit qu’il aura dû produire. (Pie XI. Casti connubii)

Participants de la paternité divine

Tout ce qu’il y a de bon dans le cœur des parents est œuvre de Dieu, et participation à la paternité de Dieu. A l’inverse de ce que nous sommes parfois tentés de penser, ce n’est donc pas Dieu qui est père comme l’homme est père, mais c’est l’homme qui est père à l’image de Dieu ».
(Jeanne-Marie DINGEON. Père et mère à l’image de Dieu)

Dépositaires de l’autorité divine

L’autorité des parents n’est qu’un écoulement de l’autorité du Père céleste « de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom ». (Ep 3.15)
Ainsi, non seulement elle tire de celle-ci son origine et sa force, mais elle lui emprunte nécessairement aussi sa nature et son caractère. C’est pourquoi l’apôtre exhorte les enfants à obéir en Dieu à leurs parents, et à honorer leur père et leur mère…
Et aux parents il dit :« Et vous, parents, n’exaspérez pas vos enfants ; élevez-les au contraire en les corrigeant et les reprenant selon l’esprit du Seigneur » (Ep 6.14)
Que les parents réfléchissent donc que s’ils ont le grave devoir d’assurer l’entretien de leurs enfants, ils ont celui, beaucoup plus grave encore, de les élever pour une vie meilleure et plus importante : celle de l’âme. (Léon XIII)

La vie éternelle, telle est la perspective qu’il nous faut toujours garder soigneusement présente à l’esprit : elle orientera et guidera notre conception générale de la vie, elle nous indiquera la juste manière de conduire notre vie personnelle et familiale, en conformité avec les exigences qui en découlent : « passer à travers les biens temporels sans perdre les biens éternels… »
C’est cette perspective qui nous aidera à faire les choix qui s’imposent dans la vie pratique pour rester cohérents avec le but poursuivi. C’est elle aussi qui nous encouragera à résister fermement aux attaques nombreuses qui sévissent contre la famille.

Au cœur de la famille chrétienne : le Christ

Jésus-Christ règne dans la famille lorsque, ayant à sa base le sacrement du mariage chrétien, elle conserve inviolablement son caractère d’institution sacrée, – où l’autorité paternelle reflète la paternité divine qui en est la source et lui donne son nom, – où les enfants imitent l’obéissance de Jésus adolescent, – et dont toute la vie respire la sainteté de la Famille de Nazareth. (Pie XI)

La Famille de Nazareth, la Sainte Famille, voilà le modèle qui nous est proposé.

4 – Le modèle pour nos familles : la Sainte Famille

Marie et Joseph sont les premiers modèles de ce Bel Amour dont l’Église ne cesse de demander la grâce pour la jeunesse, pour les époux et pour les familles. Que les jeunes, les époux, les familles ne se lassent pas, eux non plus, de prier à cette intention (la restauration, par l’amour, d’une vision chrétienne, c’est-à-dire entière, de l’homme). (…)
Le Bel Amour s’apprend surtout en priant. La prière, en effet, comprend toujours une sorte d’enfouissement intérieur avec le Christ en Dieu (Col. 3, 3). C’est seulement dans un tel enfouissement qu’œuvre l’Esprit-Saint, source du Bel Amour.
Il répand cet amour, non seulement dans le cœur de Marie et de Joseph, mais aussi dans celui des époux disposés à écouter la Parole de Dieu et à la garder. (Luc 8, 15)
L’avenir de tout noyau familial dépend de ce Bel Amour : amour mutuel des époux, des parents et des enfants, amour de toutes les générations. L’amour est la véritable source de l’unité et de la force de la famille. (Jean-Paul II. Lettre aux Familles § 20)

5 – Le rayonnement missionnaire de la famille chrétienne

De nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et rayonnante. (CEC 1656)
L’expérience montre l’importance du rôle d’une famille vivant selon les normes morales, pour que l’homme qui naît en elle et qui s’y forme prenne sans hésitation la route du bien, qui est d’ailleurs toujours inscrite dans son cœur.
Face à tant d’organisations soutenues par des moyens très puissants dont le but semble bien être la désagrégation des familles … on voit combien est indispensable le témoignage de toutes les familles qui vivent chaque jour de leur vocation ; combien est urgente une grande prière des familles, qui s’intensifie et s’étende au monde entier.(Jean-Paul II. Lettre aux familles)
La participation effective à la vie et à la mission de l’Église dans le monde est proportionnelle à la fidélité et à l’intensité de la prière par laquelle la famille chrétienne s’unit à la Vigne féconde qu’est le Christ Seigneur ».(Jean-Paul II. Familiaris consortio § 62)

Deux exemples

Nous pouvons tous constater, là où nous nous trouvons placés, et sans aller bien loin, combien le simple témoignage de notre vie familiale, sans ostentation, peut surprendre un voisinage indifférent.

En voici deux exemples.

1) Des parents, solides chrétiens et soucieux de former chrétiennement leurs enfants, s’absentent le temps d’un week-end, en confiant leurs deux plus jeunes enfants – 5 et 2 ans – à des amis tout à fait étrangers à la dimension religieuse.
Cette petite fille de 5 ans, respirant tout naturellement la foi chrétienne dans tous ses éléments, et ne se doutant pas qu’il puisse en être autrement dans d’autres familles, avait spontanément demandé la prière du soir, le bénédicité …
Et par quantité d’autres réflexions tout au long de ces journées, elle leur avait fait, sans le savoir, un « catéchisme vivant » qui les avait « percutés » au plus haut point. A leur retour, reprenant leurs enfants, les parents ont eu à répondre à de nombreuses interrogations de la part de leurs amis. « Comment faites-vous ?… »
Ce que de longues discussions entre adultes (d’ordre purement intellectuel, et où se mêle trop souvent notre amour-propre) n’auraient jamais obtenu, un simple exemple de vie exprimé candidement par une toute petite fille l’a réalisé, créant une brèche dans le mur de leur indifférence, et ouvrant leur intelligence à la réalité religieuse …

2) Une classe de C.P. dans une petite école de village.
L’aînée d’une famille de 4 enfants (une famille où les enfants reçoivent une vraie éducation chrétienne) subit de continuelles brimades de la part de son voisin de classe : entre autres, il lui chipe tous les jours son crayon, ou lui casse, ou lui cache… Tous les matins il faut trouver un autre crayon …
Cette petite fille se prépare à sa première communion et supporte tout cela avec patience. Un jour, pourtant elle fait à son voisin cette réflexion : « Tu crois que ça fait plaisir à Jésus, ce que tu fais ? »
« Jésus ? C’est qui ? Je connais pas » – « Mais si, voyons, c’est le Fils de la Sainte Vierge. Et c’est le Fils de Dieu. » – « Qu’est-ce que tu racontes ? j’y comprends rien … » – « Chut tais-toi, et écoute la maîtresse ; je t’expliquerai à la récréation… » Et cette enfant de 6 ans 1/2 se fait alors catéchiste pendant les récréations, pour donner les premiers rudiments de la religion à celui « qui ne connaît pas Jésus ».

Ceci n’est pas un cas isolé. Ce genre d’histoire est même fréquent.

Chers parents, n’hésitez pas à former vos petits dès le berceau. C’est en buvant la foi avec le lait de leur maman que cette vie surnaturelle leur deviendra toute… naturelle.
S’ils en sont nourris dès le plus jeune âge, ils en vivront vraiment, cette vie de foi sera en eux, non pas « plaquée », et donc fragile, mais intégrée au plus profond d’eux-mêmes pour la vie entière.