11 – NOS ENFANTS ET LEUR VIE DE BAPTISÉS (formation)

Il n’est jamais trop tôt pour que nos enfants vivent en baptisés.
Leur formation à la vie chrétienne consiste d’abord en une pratique quotidienne,
bien avant qu’ils soient en âge de recevoir un enseignement sur le baptême !


Si nos enfants sont encore trop jeunes pour recevoir un enseignement complet sur le baptême, il n’est jamais trop tôt pour les en faire vivre.

Le projet éducatif des parents chrétiens :
former leurs enfants en vue de la vie éternelle

Le but ultime de notre vie (après bien des buts passagers et régulièrement dépassés par d’autres) c’est la vie du Ciel : une vie d’union à Dieu. Nous y sommes tous appelés, invités. Et notre vie sur la terre nous est donnée pour nous y préparer.
Cette vie du Ciel commence dès ici-bas, par cette nouvelle naissance qu’est le baptême, naissance à la vie surnaturelle, qui nous permet de vivre dans un état d’amitié avec Dieu, l’état de grâce, avant d’être élevé plus tard, par la bonté de Dieu, à l’état de gloire, au Ciel.

Comme toute vie, cette vie « surnaturelle », spirituelle, demande, pour se développer et s’épanouir, à être exercée et nourrie. Car la vie chrétienne n’est pas coupée en deux :

– d’un côté la vie religieuse, (assistance à la messe le dimanche et prière quotidienne… dans le meilleur des cas)

– et de l’autre la vie profane, la vie courante, immergée dans un monde redevenu païen dont on partagerait les habitudes et la mentalité.

La vie chrétienne, c’est tout un esprit qui doit imprégner notre vie toute entière pour nous permettre de vivre dans le monde sans être du monde. (Jn 17, 14)
Cela consiste notamment à donner la primauté du spirituel sur le matériel, à attacher plus de valeur à l’Invisible – et à la vie intérieure – qu’au visible, ces choses qui passent et ne restent pas.
C’est vraiment la foi mise en acte …

Donner à nos enfants, dès leur plus jeune âge, des habitudes de vie chrétienne, d’une vie conforme aux exigences du baptême, fait donc partie de notre devoir de parents.

Tant que l’enfant est encore petit, dans toute la pureté de sa grâce baptismale, réceptif au mystère divin, pas encore déformé par le péché et les mauvaises habitudes, c’est le moment d’entretenir et développer en lui cette vie de Dieu qu’il a reçue au baptême.

L’attirance des choses visibles, sensibles, étant plus immédiate et plus forte que « l’invisible », il importe d’autant plus d’ancrer solidement nos petits dans le spirituel : notre rôle consistera surtout à ne pas faire obstacle à l’action divine dans l’âme de ces petits, mais à la favoriser.

Ce qui importe surtout, c’est d’attacher très tôt le cœur de nos petits à Jésus et Le leur faire aimer. Leur montrer comme Il est grand, puissant, et si bon : leur dire tout ce que Jésus a fait pour eux, et combien Jésus désire que nous L’aimions de tout notre cœur. Etre fiers d’êtres les amis de Jésus.

La vie chrétienne, une vie conforme aux exigences du baptême

Le nom de chrétien

Par mon baptême, je suis devenu l’enfant de Dieu, l’ami de Jésus. Je suis de la famille du bon Dieu. C’est un grand honneur et un grand cadeau que Dieu me fait : Il m’a choisi pour être son enfant, pour être son ami.
Lorsqu’on est baptisé, on devient un chrétien : cela veut dire ami de Jésus-Christ.
Nous devons être fiers et heureux de ce nom de « chrétiens » !

C’est très important d’être chrétien pour pouvoir aller au Ciel : car le Bon Dieu ne veut recevoir près de Lui que ceux qui sont ses enfants, et c’est par le baptême qu’on devient son enfant.

Personne, à moins de renaître de l’eau et de l’Esprit-Saint,
ne peut entrer dans le Royaume des Cieux. (Jn 3, 5)

Tous les jours, je veux dire merci à Dieu pour mon baptême.

Pour en marquer l’importance, on pourra fêter le jour anniversaire du baptême de chaque enfant : par exemple en le mentionnant à la prière du soir, dans une prière d’action de grâces.

Par ailleurs, vivant dans un contexte sociologique de plus en plus paganisé (voire hostile aux valeurs chrétiennes auxquelles nous sommes nous-mêmes si attachés), il importe d’autant plus de préparer nos enfants à être capables d’affirmer leur foi et d’en donner les raisons.

C’est d’autant plus important de dire merci pour notre baptême que, malheureusement, il y a des gens qui ne sont pas baptisés : ils ne connaissent pas Dieu, ils ne connaissent pas Jésus.
Il y en a même qui ne veulent pas L’aimer : c’est parce qu’ils ne Le connaissent pas, et ils ne savent pas que Jésus est si bon qu’Il est mort pour nous ouvrir le Ciel.

C’est très triste pour eux. Alors nous allons prier pour eux, pour qu’ils puissent connaître Jésus et L’aimer, et devenir chrétiens, devenir bons et pouvoir aller au Ciel plus tard.

Les engagements du baptême : vivre « pour Dieu »

Celui qui reçoit le baptême promet de croire en Jésus-Christ et de vivre en fils de Dieu.
Pour vivre en fils (fille) de Dieu, Il nous a donné comme un « code de la route », une « règle de vie » qui nous indique clairement tout ce qu’il faut faire ou ne pas faire, c’est ce qu’on appelle ses « commandements ».

– faire tout ce qui est bien,

– ne pas faire ce qui est mal, ne pas écouter le démon.

C’est quelquefois difficile, on n’y arrive pas toujours … Mais Jésus est toujours là pour nous aider si on Lui demande. L’important, c’est de vouloir le faire et rester l’ami de Jésus.

Parce que, si on ne veut pas le faire, on ne peut pas dire qu’on est vraiment son ami.

Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il n’aime pas son frère, c’est un menteur … (1 Jn. 4, 20)

La vie du baptisé

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, et mon Père et moi nous l’aimerons,
et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. (Jn 14, 23)

1 – La prière

Nous ferons en lui notre demeure… (Jn 14, 23)

Par mon baptême, Dieu vient habiter dans mon âme.
Cette Présence de Dieu dans mon âme, c’est très précieux. De temps en temps, il est bon de rester avec Lui, dans le silence, d’être attentif à sa Présence, de L’écouter.
Nous pouvons aussi Lui parler, Lui dire qu’on L’aime, Lui dire tous nos petits secrets…
Tout cela, c’est la prière.

Dieu aime qu’on passe un peu de temps avec Lui, pour Lui tout seul. Et, en échange, Il remplit notre âme de sa Lumière, de ses joies, de ses grâces (ce sont les cadeaux du bon Dieu pour l’âme).

Tous les jours nous disons bonjour ou bonsoir à Papa et Maman : de la même manière, nous commençons et nous finissons notre journée en parlant au Bon Dieu, en faisant notre prière.

La prière fait partie de notre vie de baptisés pour faire vivre notre âme. C’est la prière qui va nourrir notre âme, la rendre belle, à l’image de Dieu, et la rendre forte pour faire le bien.

2 – Les commandements

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole… (Jn 14, 23)

Un vrai chrétien doit toujours rester attentif à bien garder la Parole de Jésus. Cela veut dire : la mettre en pratique dans sa vie. C’est cette Parole qui doit diriger sa vie, et qui va l’aider à vivre en enfant de Dieu : à bien Lui obéir, à toujours faire ce qui Lui plaît.

Quelle est cette Parole ? Que nous dit Jésus dans l’Évangile ?

Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres…
Vous serez mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jn 15, 12-14)

Tout ce que vous aimeriez qu’on vous fasse, faites-le aux autres… (Mt 7,12)

Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre…
Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. (Mt 5, 4-8)

Apprenez de moi que Je suis doux et humble de cœur. (Mt 11, 29)

Soyez parfaits, comme votre Père du Ciel est parfait… (Mt 5, 48)

Avant de commencer ta prière, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite Dieu acceptera ta prière. (Mt 5, 23-34)

Dieu nous dit encore :

Supportez-vous les uns les autres,
et pardonnez-vous si vous avez entre vous quelque sujet de plainte.
comme le Seigneur vous a pardonné, vous aussi, pardonnez. (Col 3, 13)

Ne rendez à personne le mal pour le mal … Ne vous vengez pas vous-mêmes …
Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien. (Rm 12, 17, 21)

Là ou il y a jalousie et dispute, il y a aussi du désordre et toute sorte de mal. (Jc 3, 14)

Tu respecteras ton père et ta mère… Tu ne mentiras pas… Tu ne voleras pas… (Lv 19, 3, 11)

Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses.
Éloigne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la.
Les yeux du Seigneur sont sur le juste et ses oreilles sont attentives à ses prières.
(Ps 33, 13-16)

3 – La vie de la grâce

Nous avons besoin de l’aide de Dieu : de sa grâce
Mais garder la Parole de Dieu et en vivre vraiment, ce n’est pas toujours facile.
Comment pouvons-nous faire ? Voici la réponse de Jésus :

Demeurez en moi, comme moi en vous… Sans moi, vous ne pouvez rien faire. (Jn 15, 4-5)

Jésus, qui est là, dans notre cœur, est là pour nous aider.
C’est bien vrai que sans Lui nous ne pouvons rien faire de bien. Nous avons besoin de Lui.
L’aide et la force que Jésus nous donne, c’est cela qu’on appelle la grâce.

Il y a deux sortes de grâces

1) Il y a d’abord la grâce du baptême, qui me donne la Vie de Dieu : Dieu vient habiter dans mon âme. C’est cette grâce, cette présence de Dieu en moi, qui m’aide à devenir saint, à être « à l’image de Dieu ». (Aux plus grands, à partir de 8 ans, nous pourrons, là, parler de la « grâce sanctifiante »)

Même si je ne Le vois pas, cette présence de Dieu dans mon âme est le plus grand cadeau que je puisse recevoir. Elle s’appelle aussi « L’ÉTAT DE GRACE ».

2) En plus, à chaque action que j’ai à faire, là aussi, j’ai besoin d’une force qui m’aide à faire le bien et à résister aux mauvaises idées que le démon me donne. Cette force, je ne peux pas l’avoir tout seul.

Cette force pour faire le bien, Jésus est toujours prêt à me la donner, si je la Lui demande. Pour cela, il faut avoir la simplicité et l’humilité de reconnaître que je ne peux pas y arriver tout seul.

C’est Jésus qui, dans mon cœur, va me donner la force de faire ce qui est bien, de toujours faire ce qui plaît à Dieu, de faire sa volonté plutôt que la mienne. (Cette grâce s’appelle la « grâce actuelle »)
C’est cela, vivre vraiment en enfant de Dieu.

La grâce est un DON de Dieu

Lui seul peut nous la donner. C’est une Lumière pour mon âme.

Un don, c’est un cadeau. La grâce, ce cadeau de Dieu, il faut :

1 – la désirer ;
2 – la demander ;
3 – bien la recevoir.

(Bien recevoir la grâce : c’est là que prend place l’enseignement sur les sacrements)

Et que fait-on quand on reçoit un très beau cadeau ?

– D’abord, on est content de le recevoir, et on dit merci : pensons à remercier Dieu de nous donner sa grâce.

– Ensuite, on fait bien attention de ne pas l’abîmer, ne pas le perdre.

Est-ce que je reçois toujours bien la grâce de Dieu ?

Quelquefois, j’entends bien, au fonds de mon cœur, une petite voix qui me propose quelque chose de bien à faire …
Mais cela m’ennuie, je n’ai pas envie de l’écouter, et je ne le fais pas, ou je fais le contraire.
Là, je n’ai pas bien reçu la grâce que Dieu voulait me donner…
Dans ce cas, j’ai résisté à la grâce : ce n’est pas bien.

Dieu me laisse toujours libre de choisir entre le bien et le mal.
Mais si je ne reçois pas sa grâce, mon âme perd de sa lumière, elle perd le goût du bien.
Si au contraire, je reçois bien la grâce de Dieu, mon âme aura plus de lumière et d’amour de Dieu.

C’est dangereux de résister à la grâce, parce qu’alors on va s’habituer au péché, à faire le mal, et si on continue de cette façon on risque de perdre le Ciel. (C’est comme si on faisait demi-tour sur la route du Ciel)

Comment pourrait-on perdre la grâce de Dieu dans notre âme ?

En faisant quelque chose de très mal, de très méchant, que le Bon Dieu défend : un péché grave, qu’on appelle aussi un péché mortel, parce qu’il fait mourir l’âme : si elle a perdu la vie de Dieu, elle est « morte ».

Si je perds cette Lumière de Dieu, mon âme sera dans le noir : elle ne saura plus faire le Bien, mais elle aura de plus en plus envie de faire des choses méchantes.

Mériter le Ciel par nos bonnes actions

Nos bonnes actions nous font avancer sur le chemin du ciel, à condition :

1 – d’être en état de grâce,

2 – d’avoir le désir de plaire à Dieu en les faisant.

Par exemple : si j’aide maman pour qu’elle me donne une récompense (par exemple un bonbon), mon intention n’est pas pure, elle n’est pas de plaire à Dieu, mais d’avoir cette récompense.

Mais si j’aide maman, pour lui éviter une fatigue ou lui rendre service, parce que je l’aime, et parce que je sais – dans mon cœur – que c’est cela que le Bon Dieu veut que je fasse, cette action sera bonne et plaira à Dieu : c’est comme cela que je pourrai de mieux en mieux ressembler à Jésus.

On dit alors que nous gagnons des mérites pour le Ciel.
Le Ciel, ce sera notre récompense, une récompense infiniment belle, que le Bon Dieu nous donnera si nous avons été bons, comme Il le veut.

Une récompense, cela se mérite. Pouvons-nous mériter le Ciel ?
Tout seuls, non : nous sommes bien trop petits.
Alors qui a mérité le Ciel pour nous ? C’est Jésus, lorsqu’Il est mort pour nous sur la Croix, pour demander pardon de nos péchés, à notre place.

Maintenant, Dieu accueille au Ciel comme ses enfants, tous ceux qui se sont appliqués à ressembler à son Fils Jésus.

La joie chrétienne, fondée sur l’amour de Dieu.

La joie fait partie intégrante de la vie chrétienne ; elle doit donc imprégner tout notre « projet éducatif ». Concrètement, c’est toute l’éducation de la bonne humeur et du sourire, qui sont les meilleurs antidotes contre la morosité et l’amour-propre. En un mot, ne pas se prendre au sérieux…

Ce que la joie n’est pas…

– Inutile de la chercher dans la possession des choses matérielles.

Ce n’est pas là qu’on la trouve : notre cœur est fait pour l’Infini.
Ce n’est donc pas l’amoncellement de jouets ou des gadgets à la mode qui nous rendront heureux.

Mais apprenons qu’Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir… (Ac 20, 35)

– La joie n’est pas non plus dans l’excitation. La vraie joie est calme, intérieure, douce …

Les joies simples…

Déjà, l’enfant est facilement joyeux par nature. Tout est pour lui sujet d’émerveillement et de joie :

la première tulipe qui sort dans le jardin au printemps, une coccinelle ou une grenouille, le moindre coquillage, une pomme de pin, un joli caillou, un chant d’oiseau…
Un beau coucher de soleil, une lune resplendissante, les étoiles…
toutes ces choses sont là pour nous enchanter et nous donner de la joie.

N’éteignons pas cette merveilleuse faculté, au contraire développons-la et partageons-la avec lui. C’est le meilleur moyen de garder un cœur jeune !

Louange au Créateur

Cette joie s’épanouira plus encore si nous savons la faire remonter jusqu’à Dieu : c’est Lui qui nous donne toutes ces choses faites pour réjouir notre cœur.
Le soir, à la prière, nous ferons le bilan de toutes ces petites joies de la journée, et nous dirons : « Merci, Seigneur, pour la tulipe… ou la coccinelle… ou le beau soleil… »

Joie et sacrifice

Une éducation chrétienne ne saurait pourtant s’arrêter à glaner ces joies simples que Dieu nous offre.

Nos enfants aussi sont invités à vivre comme des ressuscités, c’est-à-dire entrer dans ce double mystère de « Mort et Résurrection » : lutter contre leurs défauts, leur amour-propre, à « se renoncer », les rendra plus libres d’aimer Dieu et de trouver en Lui la joie.

Pour eux comme pour nous, le chemin de la vraie joie passe par ces innombrables petits renoncements qui émaillent notre vie quotidienne !

Plus tôt ils commenceront et moins l’entraînement sera difficile !
A nous de les précéder sur le chemin de cette joie, en leur montrant l’exemple.

A nous de les guider, de les familiariser avec le sacrifice sans lequel il n’y a pas de véritable joie : là,
une petite Anne de Guigné est un modèle tout à fait à leur portée.

Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour …
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. (Jn 15, 11)