11 – GRANDEUR DE LA LITURGIE (formation)

Deux parties dans ce document :
– 1) Qu’est-ce que la liturgie ?
– 2) Les différents actes de la liturgie : la messe – les sacrements – l’office divin.

– 1) Qu’est-ce que la liturgie ?

La liturgie, le chant du ciel…

La liturgie, c’est, d’abord et essentiellement, ce chant d’amour que, de toute éternité, le Fils adresse à son Père de qui il reçoit tout : un chant de perpétuelle action de grâces, le chant mystérieux de la béatitude divine. C’est le chant du ciel.
À ce chant ineffable s’unissent, en une louange ininterrompue, tous les anges et les élus :

« Voici qu’apparut à mes yeux une foule immense… Ils chantaient :
Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen. « 
(Ap 6, 9-12)

Cette fresque grandiose de l’Apocalypse nous laisse entrevoir ce qu’est la liturgie du ciel : une louange incessante, inépuisable, pour proclamer la gloire de Dieu, et qui comble tous les élus d’un bonheur sans fin : la joie du ciel.

Et la liturgie de la terre ?

Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle (…)
(Déclaration conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum Concilium – 1963 – SC 8)

Oui, en s’incarnant, le Fils de Dieu apporte sur la terre ce chant, cette louange que Lui-même rend au Père dans le Ciel. Lorsqu’il retourne vers son Père, à l’Ascension, il confie à son Église, son Corps mystique, cette fonction de chanter sur terre la louange divine.
Ainsi donc, avant de faire monter son chant vers le Ciel, l’Église le reçoit d’En-haut. La liturgie de la terre n’est autre que celle du Ciel, puisque le Corps Mystique unit l’Église de la terre à celle du Ciel.
Cette perspective nous fait d’emblée pressentir la grandeur, l’importance, la beauté de la liturgie. Et toutes les conséquences qui peuvent et doivent en découler pour nous.

Que signifie le mot liturgie ?

Le mot liturgie signifie étymologiquement « œuvre publique », « service de la part /en faveur du peuple ». Dans la tradition chrétienne, il signifie que le peuple de Dieu prend part à l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire l’œuvre de notre salut : l’œuvre de la rédemption des hommes et de la parfaite glorification de Dieu (CEC 1069)….

La liturgie est l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ (SC 7) :

Le Christ, notre Rédempteur et Grand Prêtre, continue dans son Église, avec elle et par elle l’œuvre de notre rédemption, accomplie par le mystère pascal de sa bienheureuse Passion, de sa Résurrection du séjour des morts et de sa glorieuse Ascension… Il s’en suit que toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ Prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence.
Et nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré.

Et nous-mêmes, devenus par notre baptême membres de Jésus-Christ, nous participons à cette prière liturgique, fonction de l’Eglise : nous sommes destinés au culte de Dieu : « Le caractère baptismal, dit St Thomas, est une députation au culte de Dieu. »

Dans l’Église, la liturgie devient la règle de l’hommage public rendu à Dieu par l’ensemble du Corps mystique du Christ. C’est la prière officielle de l’Église

« La liturgie est participation à la prière du Christ adressée au Père dans l’Esprit Saint.
En elle toute prière chrétienne trouve sa source et son terme. » (CEC 1073)

La liturgie a deux rôles essentiels : rendre gloire à Dieu d’abord, mais aussi nourrir la prière des fidèles et leur procurer les grâces dont ils ont besoin.

« La liturgie est le principal instrument de la tradition chrétienne : elle est tout à la fois très agréable à Dieu, très utile à l’Église, très instructive et très consolante pour les fidèles. » (Bossuet)

La liturgie, sommet et source de la vie de l’Église

La liturgie ne remplit pas toute l’activité de l’Église (…), mais elle est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. (…)
C’est de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église.
Mais, pour obtenir cette pleine efficacité, il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d’une âme droite, qu’ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu’ils coopèrent à la grâce d’En-haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain.
C’est pourquoi les pasteurs doivent être attentifs à ce que, dans l’action liturgique, non seulement on observe les lois d’une célébration licite et valide, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active et fructueuse.
(Décl. conciliaire Sacrosanctum Concilium – SC- 1963 – § 9-11)

Une liturgie digne de ce nom demande en effet le respect de tout un cérémonial, un rituel. Pour maintenir la dignité et l’uniformité dans le culte divin, l’Église se réserve le droit exclusif de régler la liturgie : ce ne peut, en aucun cas, être laissé au gré des fantaisies personnelles.

Un univers de signes et de symboles porteurs du sacré

La liturgie est un univers de signes et de symboles porteurs du sacré, c’est-à-dire de ce qui touche à la vie même de Dieu. L’homme ne connaît et n’aime que dans la mesure où il reçoit du sensible les éléments nécessaires à sa vie intérieure, et où il exprime par le sensible cette vie intérieure…Être sensible et communautaire, l’homme a besoin de signes. Dieu lui-même ne peut rencontrer l’homme qu’en se mettant à sa portée et en utilisant son langage…
Parmi les signes, tous n’ont pas la même proximité avec le sacré, mais tous concourent à la pénétration de la vie divine dans le cœur de l’homme : gestes, paroles et objets ou éléments très concrets, tels que l’eau et le vin, le pain, l’huile, l’encens, sans parler des cierges, de l’autel et de l’édifice sacré lui-même. La musique a sa place dans la rencontre avec Dieu, mais aussi les vêtements et les couleurs. (Dom Robert LE GALL La Messe au fil de ses rites. Ed C.L.D. 1992)


– 2) Les différents actes de la liturgie

L’acte principal, le centre de la liturgie, est la Sainte Messe, mais elle n’en est pas l’acte unique.

L’Église fidèle au mandat reçu de son fondateur, continue la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, principalement par la sainte liturgie.
Elle le fait : d’abord à l’autel…(le saint Sacrifice de la Messe) ; ensuite par les sacrements qui sont pour les hommes les moyens spéciaux de participer à la vie surnaturelle ; enfin par le tribut quotidien de louange offert à Dieu, Souverain Bien : c’est l’Office divin.
(Pie XII Mediator Dei – 1947)

La Sainte Messe, ou sacrifice eucharistique

Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la Croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’Il vienne. En outre, c’est ainsi qu’Il a confié à l’Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné. (Décl. Conc. SC § 47)

Les Sacrements

Les sacrements sont l’action de Jésus dans nos âmes : les touchers de Dieu. Ce sont des signes sensibles pour produire ou augmenter la grâce dans nos âmes. Notre Seigneur les a institués pour nous communiquer sa vie et nous en faire vivre : ils font donc partie intégrante de la liturgie.

L’Office divin

ou liturgie des heures (ou bréviaire), consacre à Dieu le déroulement du jour et de la nuit. Prière incessante de l’Église, elle est un prolongement de la célébration eucharistique dans la vie.

Cet admirable cantique de louange, accompli selon la règle de l’Église (…) c’est la prière du Christ que Celui-ci, avec son Corps, présente au Père. (SC 84)
La Liturgie des Heures est destinée à devenir la prière de tout le peuple de Dieu…
Chacun y participe selon sa place propre dans l’Église et les circonstances de sa vie : les prêtres, (…) les religieux, (…) tous les fidèles selon leurs possibilités (…)
On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l’office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu’ils sont réunis entre eux, voire individuellement. (CEC 1175)

Pensons, par exemple, aux Vêpres du dimanche ou, en semaine, aux Complies comme prière du soir.
A maintes reprises, notre Saint-Père Jean-Paul II recommande vivement à tous les fidèles qui le peuvent de se joindre à cette prière de l’Église, pour nourrir leur prière de la sève même de celle de l’Église. Dans sa Lettre apostolique NMI (Au début du nouveau millénaire), en particulier, il insiste sur la valeur de la prière liturgique :

« On se tromperait si l’on pensait que les simples chrétiens peuvent se contenter d’une prière superficielle, qui serait incapable de remplir leur vie. Face, notamment, aux nombreuses épreuves que le monde d’aujourd’hui impose à la foi, ils seraient non seulement des chrétiens médiocres, mais des chrétiens en danger. (…) La récitation des Laudes et des Vêpres est peut-être plus envisageable qu’on ne le croit habituellement. » (NMI § 34)

Enfin, retenons encore que :

La liturgie des heures, qui est comme un prolongement de la célébration eucharistique, n’exclut pas mais appelle de manière complémentaire les diverses dévotions du Peuple de Dieu, particulièrement l’adoration et le culte du Saint Sacrement. (CEC 1178)