11 – ÉLEVER NOS ENFANTS EN VUE DU CIEL (formation)

Nous sommes créés par Dieu et pour Dieu,
pour vivre une vie éternelle de contemplation et de bonheur en Lui et avec Lui.
Telle la vraie perspective dans laquelle nous avons à élever nos enfants.


Quel but se proposer dans l’éducation de nos enfants ?

De tout notre cœur, parce que nous les aimons, nous souhaitons pour eux une vie “réussie”. Mais qu’est-ce que “réussir sa vie” ?

Est-ce d’avoir une bonne santé ? D’arriver à une bonne situation ?
Certes, ce sont là des buts excellents, légitimes… Mais ce ne sont que des buts partiels, limités, et ils ne se réalisent pas toujours… Toute notre existence est ainsi jalonnée d’objectifs successifs (vie scolaire, examens, situation…), objectifs qui un jour seront dépassés par d’autres, qui le seront aussi à leur tour…

Et après ?
Au-delà de ces buts temporaires, il y a pour tout homme UN but, un seul, une destinée finale… la seule qu’il importe de ne pas manquer : LA VIE ÉTERNELLE auprès de Dieu qui nous invite à partager sa béatitude.
C’est le seul vrai bonheur, celui pour lequel nous sommes faits. Un bonheur sans fin, inaltérable…

Si tel est le but de toute vie humaine, là aussi se trouve le vrai et seul but de l’éducation, qui englobe tous les autres.
Élever nos enfants pour le Ciel : c’est toute l’éducation que nous leur donnons qui doit être imprégnée de cette perspective.

Élever nos enfants en vue du Ciel

Nous sommes faits pour le Ciel

Les plus petits le comprennent déjà d’instinct… Encore faut-il leur en parler !

C’est à nous d’ouvrir devant eux cette perspective d’éternité. C’est cela qu’ils attendent de nous.
Cela seul peut répondre à ce profond désir d’un bonheur inaltérable que nous avons tous au plus profond de notre cœur. C’est à nous de faire naître en eux ce désir du Ciel.

Les enfants doivent donc savoir que nous ne sommes sur cette terre que “de passage”… Nous n’y sommes pas pour y rester.
Le savoir et en vivre : apprendre à ne pas nous attacher aux choses qui passent…

N’ayez de goût que pour les choses du Ciel, pas pour celles de la terre… (Col 3, 2)

Mais il ne suffit pas de parler du Ciel à nos enfants et de leur en donner le désir (c’est une « condition nécessaire, mais pas suffisante »).
Il faut aussi leur apprendre comment on y arrive et leur en donner les moyens. Ils doivent aussi savoir que cette entrée au Ciel n’est pas “automatique”, elle se mérite… et elle ne nous est pas “due”.
Elle peut aussi, hélas, se manquer…

Seul le péché peut nous séparer de Dieu

La connaissance de notre destinée éternelle ne serait pas juste, ni complète, sans parler du péché : c’est la seule chose, si nous y consentons, qui peut nous séparer de Dieu.

Si petits qu’ils soient, les enfants en font vite dans leur vie la triste expérience du mal et du péché. Très tôt, ils sont confrontés à cette pénible réalité : désobéissance, gourmandise, mensonge, colère, esprit de domination, etc.
Ils en ont donc une connaissance “pratique”… et cela bien avant l’âge du catéchisme, où l’enseignement qu’ils recevront sur les commandements sera plus “théorique”… mais tout aussi indispensable !

Une formation morale

Élever nos enfants pour le Ciel, c’est donc aussi assurer cette formation morale : les reprendre lorsque c’est nécessaire pour “corriger”, “redresser” (au sens noble du mot : remettre droit) ce qui a besoin de l’être.
Et il ne s’agit pas d’attendre pour cela l’éveil du sens moral, à un âge assez variable suivant les enfants, qui peut commencer au plus tôt vers 3 ans 1/2, plus couramment vers 5 ans.
A nous d’y être attentifs pour bien guider l’enfant.

La formation morale de ces toutes premières années doit être entreprise bien avant cet éveil du sens moral. Elle ne se fera pas sans certaines contraintes indispensables. Faute de quoi, les mauvaises habitudes occuperont vite le terrain… et pour longtemps.
C’est comme en jardinage : les toutes petites mauvaises herbes s’arrachent bien plus facilement que les grandes, quand leurs racines sont profondément ancrées en terre…

Que faut-il leur dire ?

1 – Nous sommes faits pour le Ciel : Dieu, notre Père, nous y attend, Jésus nous y a préparé une place.

2 – Pour aller au Ciel, il faudra d’abord mourir. Dieu nous y appellera quand Il voudra, on ne sait pas quand. C’est pour cela qu’il faut toujours être prêt à répondre : “Me voici, Seigneur”. (1 S 3, 4)

Ce point suppose que nous ayons nous-mêmes une vision chrétienne de la mort, comprise non pas comme une “fin” ou une “catastrophe”, mais comme “l’entrée dans la Vie” : c’est ainsi que la voient les Saints. C’est ce que l’Eglise appelle “dies natalis “, le jour de notre naissance au Ciel.

Seule cette approche nous donnera la sérénité nécessaire, d’abord pour nous-mêmes, mais aussi pour en parler à nos enfants, et pouvoir les entourer sur ce point en cas d’épreuve.

3 – On ne peut entrer au Ciel qu’avec une âme parfaitement pure : Dieu ne veut près de Lui que ceux qui se sont appliqués à ressembler de leur mieux et de tout leur cœur à son Fils Jésus.
Les autres, Il n’en voudra pas…parce que eux-mêmes L’auront refusé.

– Si nous avons fait le bien, nous irons avec Lui au Ciel.

– Si nous avons aimé Jésus juste un peu, sans beaucoup lutter contre nos défauts, nous irons d’abord au Purgatoire, où notre âme devra se purifier avant d’entrer au Ciel.

– Mais si nous avons refusé d’écouter Jésus, nous ne sommes pas de ses amis : Il nous rejettera dehors.

Pour leur expliquer toutes ces choses, partons de l’enseignement de Jésus Lui-même :

Venez, les bénis de mon Père… Retirez-vous de moi, maudits… (Mt 25, 31-46)

Les âmes qui ont eu le malheur de dire non à Dieu n’iront pas au Ciel, elles iront en enfer où elles seront malheureuses pour toujours.
Nous n’avons pas besoin de nous attarder longtemps sur des descriptions excessives de cet état de souffrance. Il suffit que nos petits sachent que l’enfer existe pour ceux qui refusent d’être les amis de Jésus.

Les enfants ont un sens aigu de la justice. Que les bons soient récompensés, les méchants punis, pour eux c’est une évidence, c’est normal. Ils le savent bien par expérience personnelle.
Il n’y a donc aucune difficulté pour leur parler

– du Ciel réservé aux “bons”,

– de la punition de l’enfer pour les “méchants”

Il ne sera pas inutile de préciser – il faudra même le répéter souvent ! – que ce n’est pas à nous de juger des “bons“ et des “méchants”… Dieu se réserve ce jugement, et Jésus Lui-même nous a dit :

“Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés…” (Lc 6, 37)

4 – Enfin, dernier point de cet enseignement, la question : “qu’allons-nous choisir ?

Bien sûr, nous avons tous envie d’aller au Ciel. Mais pour cela, il faut prendre les bons moyens.
Il faut nous y préparer, il faut le mériter : faire tout ce qui est bien, et lutter contre nos défauts.

C’est cela que Jésus demande. Mais cela ne va pas se faire tout seul…
Faire le bien (obéir, dire la vérité, être gentil avec les autres…), ce n’est pas toujours facile.
Et ce n’est pas facile non plus de lutter contre nos défauts. Tout seuls, nous n’y arrivons pas.
Mais Jésus est là, et Il veut bien nous aider… si nous Lui demandons.

5 – Faire le bien… avec l’aide de Jésus : sa grâce.

Jésus sait bien que nous ne pouvons pas y arriver tout seuls : c’est pour cela qu’Il est venu sur la terre. Il est mort sur la Croix pour nous “délivrer du Mal” : pour nous sauver et nous ouvrir le Ciel. Si maintenant, nous pouvons aller au Ciel, c’est grâce à Jésus, à son grand sacrifice, à sa Mort sur la Croix.

Et maintenant, pour “mériter” d’aller au Ciel, tout ce que nous faisons de bien, il faut le faire avec Jésus, par amour pour Lui. Il faut lui donner toutes nos bonnes actions, lui offrir nos sacrifices…
Tout ce qui est difficile, Jésus nous demande de l’accepter pour Lui, avec une grande patience, comme Il nous en a donné l’exemple.
Ce qui nous fera “mériter” le Ciel, c’est de tout faire par amour pour Jésus, en “union” avec Lui.

Mais quand, à quel âge, leur parler de ces choses ?

Le plus tôt possible. Disons que l’on peut commencer, environ, à partir de 4 ans. Si tôt ? – Oui.
Pour deux principales raisons :

1 – Bien avant “l’âge de raison”, les petits ont une profonde intuition des réalités surnaturelles, une facilité étonnante à “capter” les mystères divins. Ces toutes premières années sont donc privilégiées pour leur donner l’essentiel des grandes vérités de la foi, fondements de la vie spirituelle.

A 4 ans, nous ne leur ferons pas de longs discours compliqués ! Nous leur donnerons seulement quelques idées très simples : le “NOYAU” de la foi.
Ce qui est indiqué à la page précédente constitue le “canevas” sur lequel vous adapterez votre leçon en fonction de votre auditoire particulier.

Est-il nécessaire de préciser que cet enseignement – très dense – ne doit pas être donné en une seule fois, mais “étalé” sur plusieurs leçons, voire sur plusieurs années ?

L’attention du tout jeune enfant étant de courte durée, il est toujours plus profitable de fractionner l’enseignement, de le donner par « petites doses ». Et en allant toujours du connu à l’inconnu :
faire d’abord rappeler par l’enfant ce qui a été dit à la leçon précédente.

Dans le cas d’une formation familiale, l’idéal est d’en faire un peu chaque jour, quelques minutes, comme un goutte-à-goutte. Profitons des occasions qui se présentent, des rencontres, des visites, de la prière du soir, ou encore au moment d’aller dormir.
D’année en année, ensuite, on développera cet enseignement, au fur et à mesure de la croissance de l’enfant.

2« Nul ne sait ni le jour ni l’heure… » (Mt 25, 13) : lequel d’entre nous peut-il se croire à l’abri d’une mort imprévue ou prématurée ? C’est à tout âge que nous pouvons être appelés devant Dieu.

En conclusion…
Même à de jeunes enfants, la connaissance des fins dernières est tout à fait indispensable :

– qu’ils sachent qu’ils sont faits pour le Ciel, que Dieu les y attend,

– qu’ils sachent aussi comment s’y préparer…

Catéchèse sur les fins dernières : rappel de ce qu’il faut savoir

La catéchèse qui traite des fins dernières doit être donnée

d’une part sous le signe de la consolation, de l’espérance et de la crainte salutaire (1 Th 4, 18), dont nos contemporains ont tant besoin ;
– mais d’autre part, elle doit être faite de façon pleinement conforme à la vérité.
Il n’est pas permis, en effet, de minimiser la grave responsabilité qui revient à chacun en ce qui concerne sa destinée future.

La catéchèse ne peut passer sous silence

– ni le jugement de chaque homme après la mort
– ni les peines expiatoires du Purgatoire,
– ni la triste et douloureuse réalité de la mort éternelle,
– ni le jugement final.

En ce jour-là, tout homme atteindra pleinement sa propre destinée, puisque tous nous serons manifestés devant le tribunal du Christ, pour que chacun retrouve ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal (2 Cor 5, 10), et ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation. (Jn 5, 29)
(Directoire Général de Catéchèse 1971 § 69)